Zero Theorem de Terry Gilliam

Comme chaque mercredi, le Calle Ciné vous propose sa séance de la semaine. Cette semaine il s’agit d’un enthousiasmant capharnaüm: Zero Theorem. Un nouveau délire signé Terry Gilliam dans lequel le cinéaste de l’Armée des 12 singes, de Las Vegas Parano, de Brazil et de l’Imaginarium du Docteur Parnassus retrouve un terrain de jeu en forme de bric à brac, avec société totalitaire, hommes opprimés et amour absolu.

Le pitch: Dans une société futuriste où tout est contrôlé par une autorité de surveillance, Qohen Leth ( Christoph Waltz ) enchaîne les calculs pour résoudre le Théorème Zéro, en attendant un hypothétique coup de fil censé lui expliquer le sens de la vie.

L’éternel Monty Python et réalisateur qu’on ne présente plus, Terry Gilliam, poursuit son exploration du sens de la vie et de l’aliénation de l’individu par la société dans Zero Theorem. Cette fable futuriste dans la lignée de Brazil que nous donne l’iconoclaste cinéaste.

Le casting est quant à lui très intéressant. Christoph Waltz est magnifique dans le rôle principal, la belle Melanie Thierry s’intègre parfaitement dans la sensibilité décalée du film et les apparitions récurrentes de David Thewlis, Tilda Swinton et Matt Damon donne du rythme au film. Matt Damon en particulier apparaît brièvement mais est très drôle en patron simplement connu sous le nom de Management, et sa costumière mérite une certaine reconnaissance. L’apparence de Lucas Hedges aussi dans le rôle de Bob, le fils du patron, se distingue comme un rôle un peu excentrique et charismatique.

Comme un retour aux sources, le film fut tourné non pas en caméra numérique mais en argentique, afin de rendre au mieux sans retouche les couleurs et les lumières travaillées par l’équipe du film. La qualité d’image joue un rôle essentiel dans le film, l’histoire et le néon à rythme rapide se combinent parfaitement pour créer un sentiment de malheur imminent sur le protagoniste. De même avec les looks rétro-futuristes.

Le compositeur George Fenton chercha à écrire une musique qui touche à la vision que le réalisateur avait du scénario. Visuellement, le film est un mélange extraordinaire de gothique, de high-tech, de steampunk et de style années 80, tout en portant la marque inimitable de Terry Gilliam. C’est pourquoi le compositeur opta pour une bande originale majoritairement composée de rythmes électro.

Le Calle Ciné vous plonge dans ce film Beau Bug intelligent, immersif et très agréable visuellement, digne du catalogue de l’œuvre de son directeur. Une chose est sure: Zero Theorem est un pur Terry Gilliam.

Ainsi, 30 ans après l’extraordinaire Brazil, qui dépeignait génialement une société totalitaire et absurde, tournant en boucle, Terry Gilliam livre la critique violente, sombre, angoissante, déjantée et stylisée d’un monde ultra-connecté soumis à ses nouveaux maîtres, et ce, pour notre plus grand plaisir.


Tendrement,

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