The Sugar Man

Born in the troubled city, in Rock and Roll, USA…

The Sugar Man, c’est l’incroyable histoire du musicien Sixto Díaz Rodríguez, mort puis ressuscité. D’une courte carrière américaine dans les 70’s, ponctuée par la sortie de deux albums passés totalement inaperçus, il retourne très vite à l’anonymat. Néanmoins, et à son insu, sa poésie trouve son public de l’autre côté de l’Atlantique, notamment en Afrique du Sud. Passé de l’ombre à la lumière tardivement, Le Beau Bug vous en parle.

Sixto Rodríguez naît le 10 juillet 1942 à Détroit. Issu d’une famille modeste d’origine mexicaine, il grandit dans une ville dure. Très tôt il s’intéresse à la musique et observe les problèmes sociaux environnant. Ses textes décriront de façon très réaliste le quotidien de son quartier et de sa ville gangrénée par la corruption. Son style Rock Folk; tantôt proche de celui de Bob Dylan (dont la voix nasillarde se rapproche également), tantôt proche de Lou Reed; sera vite remarqué par deux influents producteurs de l’époque, Dennis Coffey & Mike Theodore. Il signe alors chez Sussex Record qui produira ses deux seuls albums Cold Fact (1970) & Coming from Reality (1971). Mais malgré les moyens mis en œuvre et les bonnes critiques, le succès n’est pas au rendez-vous et il sera remercié peu de temps avant noël.

Comme une prémonition les paroles de Cause,dernière chanson jamais enregistrée, commence par :

“Cause I lost my job two weeks before Christmas”

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À l’époque il se produit de dos et dans un coin de la scène; de cette façon peut-être obligeait-t-il le public à se focaliser sur ses paroles…

On ne sait pas vraiment comment sa musique s’est retrouvée en Afrique du Sud, néanmoins là-bas ses albums cartonnent. A l’instar de Abbey Road des Beatles ou de Bridge Over Troubled Water de Simon and Garfunkel, Cold Fact se retrouve chez la plupart des foyers possédant une platine. Les paroles de Suger Man (Jumpers, coke, sweet Mary Jane) ou de I Wonder (I wonder how many times you had sex) font échos dans un pays très conservateur. Très vite rayées des vinyles, la censure de ces deux chansons contribuera encore davantage au succès de l’album devenant même disque de platine.

Toute révolution a besoin d’un hymne et Cold Fact fut ce qui permit à la classe moyenne blanche sud-africaine de se libérer l’esprit et de commencer à réfléchir autrement. En 1970 en pleine répression, Rodríguez devient l’icône de la “protest song” et The Establishment Blues, devient alors un hymne pour l’opposition interne à l’apartheid. De ce succès il n’en saura rien avant des années…

“This system’s gonna fall soon, to an angry young tune, and that’s a concrete cold fact”

N’ayant pas eu écho de ce succès, Sixto Rodríguez retourne à une vie loin de la musique. Pensant qu’il s’était immolé par le feu sur scène, ce n’est qu’à la fin des années 90 que deux fans originaires du Cap se mettront à sa quête. En août 97 sa fille découvre un site web où figure un avis de recherche de son père imprimé sur une brique de lait. Elle parviendra à les mettre en contact. Découvrant soudainement sa notoriété sud-africaine il effectuera plusieurs tournées là-bas. Cette partie de sa vie fait l’objet d’un film Searching for Sugar Man, récoltant au passage l’Oscar du meilleur film documentaire en 2013 .

Le Claque Son de Sixto Rodríguez :
01. Sugar Man
02. I Think of You
03. I Wonder
04. Street Boy
05. Inner City Blues

En bonus:
# Can’t Get Away (P.E.O Bootleg Remix)

Au travers de ses deux disques Sixto Rodríguez parvient à nous toucher et à nous faire voyager dans un beau rêve à la fois doux et mélancolique. L’histoire du Sugar Man nous rappelle à l’adage, nul n’est prophète en son pays…

 

 

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