The Revenant d’Alejandro Gonzalez Inarritu

The Revenant est un film qu’on pourrait qualifier de Graal cinématographique (et on exagère à peine !). D’abord parce que c’est le film qui a ENFIN sacré Léonardo DiCaprio d’un Oscars tant attendu. Mais aussi parce que son réalisateur, Alejandro Gonzalez Inarritu, a réussi la prouesse d’être seulement le troisième de l’histoire de la cérémonie à être oscarisé meilleur réalisateur pour la seconde fois d’affilée, après son très réussi Birdman l’année dernière. Et comme l’adage le dit si bien, il fallait un troisième Oscars à ce très beau film. Celui-ci revient à Emmanuel Lubezki pour la meilleure photographie. Un joli palmarès de prix pour un long métrage qui le mérite bien.

Synopsis : Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

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The Revenant est un film qui fait clairement froid dans le dos. Entre la neige à foison et les scènes d’une extrême violence, autant vous dire que vous serez bien content d’être calé dans votre fauteuil plutôt qu’avec Léo. Hugh Glass, le personnage qu’il incarne, va endurer de nombreuses épreuves. Entre blessures physiques, lutte contre le froid, fuite des indiens et instinct de survie, DiCaprio fait ressortir son côté bestial et abandonne toute fioriture. Le réalisateur nous offre de nombreux plans serrés sur le visage de l’acteur, qui nous fait parvenir une douleur, de tant physique que psychologique, a la limite de l’insupportable.

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Dans ce film, Di Caprio est bien loin de l’image lisse et des longs discours auxquels il nous avait habitué dans ces précédentes interprétations. L’acteur démontre qu’il n’a plus rien à prouver et incarne ici un homme assoiffé de sang et de vengeance qui n’a plus rien à perdre. Doublement endeuillé et laissé pour mort, la vengeance est la seule chose qui parvient encore à l’animer. Malgré une forte présence, il sait laisser une place aux personnages secondaires, notamment à Tom Hardy, le trappeur bourru à fort caractère. La seule chose à déplorer est le schéma assez (trop ?) simple des personnalités. On retrouve en effet le jeune naïf, le bourru qu’on apprécie peu, et le chef paternaliste. En bref, le schéma est un peu facile mais fonctionne bien.

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The Revenant est un film très éprouvant. Le scénario nous tient véritablement en haleine durant les 2h30 du film, chose plutôt rare dans un long métrage de cette durée où la tension tend parfois à s’essouffler. Celle-ci est présente tout au long du film, on se prend totalement dans l’histoire et la douleur du personnage. Les seules bouffées d’air sont données par les magnifiques plans larges de paysages enneigés et calme de prime abord, ce qui crée un paradoxe intéressant et apaisant avec la violence des autres scènes.

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The Revenant est donc un très bon film d’aventure qui revisite les instincts primaires de la nature humaine, alimentés par la vengeance sur un fond d’amour perdu. Le film mérite amplement son succès et ses prix.

Tendrement.

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