Sur le thème des grandes découvertes – Salut c’est cool

Il est difficile de passer à côté du raz-de-marée qu’est devenu Salut c’est cool au fil du temps, grâce à plus d’une centaine de lives accumulée depuis 2010. Composé de quatre étudiants en art, James Darle (ancien membre du collectif humoristique 10 Minutes à perdre), Vadim, Louis et Martin, le groupe est originaire de Paris. On qualifie souvent leur musique d’électro-punk, de par cette attitude bordélique qui imprègne les compositions et l’imagerie. Au-delà de ces quelques détails, il est difficile d’aborder ce disque de par la singularité du groupe. On se balade dans un monde déroutant où s’entremêlent bizarreries vintage et sonorités kitsch, sous couvert d’un humour omniprésent. Laissant les gens en transe après leur passage sur scène, Salut c’est cool est un assemblage de tout ce qui n’est pas hype ; les chaussettes dans les sandales, la coupe mulet, les lunettes 80’s, sans oublier cette techno triviale où s’enchevêtrent des paroles rappelant la poésie Dada. Bref, un sacré mélange d’à peu près tout ce qu’on associe au mauvais goût.

Habitué à distribuer leurs albums gratuitement, via un petit jeu sur leur site web, le groupe qui a désormais signé chez Barclay (http://www.universalmusic.fr/), dévoilait un premier Ep sobrement intitulé Mon premier ep, en avril dernier. Cette semaine, c’est leur premier album physique, baptisé Sur le thème des grandes découvertes, qui paraît dans les bacs. Avec ces 14 titres, le groupe nous propose un voyage technoïde à travers leur imaginaire vintage, où s’entremêlent sonorités kitsch et des textes surréalistes, pour un joyeux défouloir qui ne revendique que l’envie de s’amuser.

On se laisse porter par les douces balades électro que sont Relaxou ou Globules, avant de se déchaîner sur les vibrations techno-kitsch de titres comme Silence, Bibliothèque ou Techno toujours pareil. Le groupe s’amuse, dans cette veine eurodance, à balancer des beats rétro-futuristes percutants, pour entraîner le public dans son exutoire sonore. Ils se plaisent même à inventer des personnages comme Crocosmaute, un titre aux ritournelles pop mainstream eighties qui nous invite à découvrir son métier, ramassant satellites et autres matériaux polluants à travers l’espace. Il est difficile de définir concrètement ce qu’est le groupe Salut c’est cool, ainsi que sa musique, ou même son univers tant il est inhabituel et en constante autodérision.

Ils inventent une musique à partir de ce qui était populaire auparavant, une nouvelle œuvre cumulant ce que l’on considère désormais comme kitsch, afin d’en proposer une négation, une création iconoclaste se refusant de ressembler à quoique ce soit, en cherchant d’abord à rassembler à ce qui est passé de mode. C’est peut-être là que réside inconsciemment le succès du groupe. Il ne reste qu’à lustrer l’ensemble avec de la techno et du second degré, pour un résultat détonant. L’esthétique du n’importe quoi plait car elle ne revendique rien, de même elle transgresse car elle ne cherche que son propre plaisir. Écouter Salut c’est cool est un acte hédoniste. C’est l’histoire du cheap qui devient fun.

Pari réussi en tout cas pour cet album, évitant lourdeur et répétition grâce à un mélange électro-punk qui ne prétend rien, sauf l’amusement. Mascarade musicale ? Peut-être pas justement. Conscient ou non de ce qu’ils font, c’est une bonne dose de cool et de bonne humeur qu’on se prend dans les oreilles avec Sur le thème des grandes découvertes.

Tendrement, Le Beau Bug.