St-Germain dévoile son nouvel album !

Porté disparu depuis plus de dix ans, Ludovic Navarre a.k.a St-Germain annonçait pour Octobre un nouvel album, fortement inspiré par les musiques africaines. Voilà que nous pouvons enfin poser nos oreilles dessus.

Un peu d’histoire :

Une des plus grosses sensations de la French Touch débuta par quelques Eps au début des années 90, avant de former le groupe Choice, avec Laurent Garnier et Shazz, qui composera le célèbre hymne rave “Acid Eiffel“. L’identité St-Germain, initiée à partir de 1993, le fait connaître avec le titre Alabama Blues, du maxi Motherland EP et trouve son point d’orgue avec l’album qui suit ; Boulevard (The Complete Series), paru sur F Communications (http://www.fcom.fr/). Il y exposera toute sa science de la house, ou plutôt de la “deep house music”, auquel il rend hommage dans le titre What’s new, cette musique pour l’âme (“music for the soul“) qui le fait vibrer. Sortie en 1995, l’album dépasse les 100.000 exemplaires vendus en à peine 9 mois. En 2000, St-Germain signe Tourist chez le célèbre label de jazz Blue Note (http://www.bluenote.com/). C’est un succès mondial avec à peu près 4 millions d’exemplaires écoulées. C’est alors qu’après la tournée, le musicien disparaissait de la circulation. Plus aucune nouvelle d’un des plus célèbres ambassadeurs de la French Touch.

Le Retour tant attendu :

Il y a quelques mois, l’artiste sortait un teaser de son prochain disque, sobrement intitulé “St-Germain“. Un retour inattendu pour ce précurseur de l’incursion jazz en terres électroniques. A la première écoute, des chants et sonorités africaines parsèment les plages sonores de cet album. Durant ces années de silence, l’artiste chemine à travers les sonorités africaines, inspiré par la deep-house de l’Afrique du Sud, la Highlife music du Niger, la soul-funk du Ghana, la musique des Touaregs, il se tourne finalement vers la musique malienne pour construire ce nouveau projet. Nous avions découvert un premier extrait il y a peu, intitulé Real Blues, dans lequel s’entrelacent rythmiques africaines et sonorités blues avec la voix du bluesman texan Lightnin’ Hopkins :

En collaboration avec des musiciens africains, St-Germain intègre de nombreux instruments maliens comme la kora, le balafon et le n’goni sur ces morceaux. Ils se conjuguent avec des guitares électriques, du piano, du saxophone et des nappes électroniques pour un voyage sophistiqué et dépaysant. Les sonorités traditionnelles de titres comme Sittin’Here s’allient à la perfection avec la musique électronique. De longues traversées jazzy comme Hanky-Panky ou Family Tree, survolé par les chants mystiques du répertoire malien, construisent une œuvre envoûtante de par sa légèreté, ses influences singulières et arrangements minutieux. Les beats métronomiques de Mary.L, imprégnés par quelques instruments africains produisent une alchimie à la fois moite et charnelle, un voyage à l’essence même du groove. Il ne faudrait pas oublier How Dare You, fusion entre world music et deep-house qui incarne avec brio cette transition entre le passé de l’artiste et son avenir, résolument tourné vers l’Afrique.

Un réveil aux couleurs exotiques :

La composition de cet album fut difficile. Le musicien cherchait à réinventer sa musique. “Les rythmes sont un peu particuliers (dans la musique malienne), les mélanger avec notre musique électronique sans que ça se résume à quelque chose de vulgaire, ce n’était pas évident. Il a fallu en écouter, en écouter encore, pour y arriver”, se remémore Ludovic Navarre. Le “déclic” arriva lorsqu’il trouva vidéo dénichée sur internet du musicien malien Vieux-Kanté, surnommé le Jimi Hendrix du n’goni, jouant sur un kamélé n’goni, sorte de harpe africaine, lors d’un mariage. Dès lors, l’artiste imprégna comme il sait si bien le faire l’univers électro-jazz qui l’habite avec les sonorités mystérieuses de l’Afrique, encore trop méconnu dans la sphère musicale. En résumé, St-Germain est un album plein de vie, capable de transporter vers d’autres paysages sonores, de s’égarer et de s’affirmer dans une électro à la personnelle et universelle. En bref, une œuvre intemporelle.

Il défendra sa nouvelle création à travers une dizaine de dates en Europe dont deux en France ; le 12 novembre à Paris (Bataclan) et le 18 novembre à Lyon (Transbordeur).

Tendrement, Le Beau Bug.