sarasara – Orgone

Après un premier album, une version a capella de ce dernier et deux longues années d’attente, la prêtresse d’une électro pop sombre surplombées de phrases susurrées à l’oreille de son auditeur, sarasara, est de retour. Si la petite protégée de Björk se faisait timide et mystérieuse sur Amor Fati, aujourd’hui, sur Orgone, elle s’ouvre, laissant entendre sa voix, la faisant devenir un élément central, omniprésent dans chacune de ses compositions. Un album venant complémenter à merveille le premier, et nous offrant cette fois plus d’une pépite en langue française !

Pour ceux qui s’en souviennent, sarasara nous avait fait part de ses doutes quant au fait de chanter en français. La surprise était donc au rendez-vous dans cet album, car le moins que l’on puisse dire, c’est que sarasara a passé un cap, en s’offrant la possibilité de s’exprimer sur bien plus d’un titre, sans gêne, dans sa langue natale.

“Je me suis rendue compte que c’est très difficile d’écrire dans sa langue maternelle, c’est comme si ça te touchait de plus près encore, comme si tu devais te livrer encore un peu plus. Je l’ai mis en pause pour l’instant parce que je ne suis pas prête, mais le jour viendra bientôt où je vais devoir m’y plonger. C’est effrayant et excitant en même temps.”
sarasara

Cette avancée majeure pour l’artiste se ressent et s’entend dès le premier titre, Flatline. Empli d’une énergie à la fois fragile et assumée ; sarasara arrive à traiter d’un sujet particulièrement sombre et intime, exercice ô combien difficile et pourtant achevé avec brio. L’énergie partagée dans Flatline s’amplifie ensuite dans Moon Rock, et atteint son apogée sur le titre Ego Trip, titre portant parfaitement bien son nom tout en étant porteur d’une certaine sensibilité, intrinsèque à l’artiste.

“It’s you and me against the world”

Si juste après Ego Trip on retrouve le deuxième single de l’album, le cotonneux Into Me See, c’est sur Tinkertoy que l’on s’attarde tout particulièrement. En featuring avec Peter Doherty, Tinkertoy est sans contestation possible l’un des plus grands temps forts d’Orgone, tant la mélodie, aux tonalités monotones et au rythme syncopé, contraste en soutenant à merveille les vocalises et arabesques vocales décrites par les deux interprètes.

Enfin, et ensuite on vous laisse découvrir l’album par vous-même, on termine sur Safe Word, le titre le plus éloigné des premières compositions musicales de sarasara. Sa voix, douce mais affirmée, alterne entre le français et l’anglais tout au long de la chanson, tandis que la mélodie, d’une obscurité quasi opaque, est le résultat de l’agencement de notes aux influences underground, très techno et EBM.

En somme, Orgone est d’une diversité folle; d’un titre à l’autre, on passe d’un sentiment de vulnérabilité à un sentiment de grandeur, de mots susurrés à l’oreille de l’auditeur à des déclamations affirmées, en anglais comme en français.

Et on vous laisse sur l’illustration visuelle du vif imaginaire de sarasara avec le clip de Blood Brothers, premier titre à avoir annoncé la sortie de cet album. Colorés, hallucinés, presque torturés, ses clips se qualifient aisément d’expériences sensorielles !

Qui plus est, nous avions eu la chance d’interviewer sarasara il y a plus d’un an à l’occasion de la sortie de son album Amor Fati The Acapella Album. Pour la retrouver et ainsi en savoir plus sur ses ambitions artistiques, l’interview est à retrouver juste ici.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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