La saison des femmes de Leena Yadav

La saison des femmes est le troisième film de Leena Yadav, qui signe ici une œuvre résolument féministe. Réalisatrice indienne, elle se détache cette fois-ci du cinéma Bollywoodien, et met en avant la condition des femmes de son pays. Mais ne vous attendez ni à un documentaire, ni à un tire-larme ; c’est dans la lignée du très remarqué Mustang qu’on classe ce film. Allez hop, on court tous au ciné maintenant !

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Synopsis : Inde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s’opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d’amour et d’ailleurs.

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Le décor est donc planté, bienvenue dans l’Etat du Gujarat, où on retrouve quatre femmes, que l’on va découvrir sous un angle inédit.  D’abord, il y a Lajjo, battue par son mari qui l’accuse d’être stérile, Bijli, danseuse qui se retrouve prostituée par son patron, Janaki, si jeune et mariée de force à Gulab, l’horrible fil de Rani, veuve, et qui vient compléter ce tableau. Ce sont ces femmes, si différentes et si proches, sur lesquelles se pose la caméra de Leena Yadav, afin de dénoncer la société plus que patriarcale en Inde. Et quand bien même on pourrait trouver facile de mettre en scène des clichés féminins (la veuve ou la prostituée par exemple), voilà un excellent procédé pour exprimer la violence dont les femmes sont victimes en Indes.

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On aura donc compris, La saison des femmes, ou Parched de son titre original, est résolument féministe. Mais là où il nous a particulièrement plu, c’est que jamais Leena Yadav ne tombe dans le mélodrame, au contraire, il y a une réelle influence du cinéma bollywoodien, vif et coloré, qui vous emporte à peine la bande-annonce vue. A contrario, on n’est pas non plus face à une farce, où tout ne serait que joie et bonheur, et c’est ce qu’on apprécie dans un film qui traite d’un sujet si sérieux. Sujet qui a d’ailleurs du peine à voir le jour sur les écrans indiens, tant et si bien, que Parched passe en jugement afin de décider si oui ou non il pourra passer en salles dans son pays de production.

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La force de La saison des femmes, c’est de ne rien montrer de la violence. A l’écran, aucun coup, mais des mots, des sons, et d’autres images qui en disent bien plus. C’est aussi à travers le corps de ces femmes que l’histoire nous est comptée. Un corps auquel on redonne sa féminité, corps forts et assoiffés de vie que ceux de ces femmes, qui fuient leur destin, même juste pour un moment.

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En bref, un film qui porte ses couilles, avec les excellents Tannishtha Chatterjee (Rani), Radhika Apte (Lajjo), Surveen Chawla (Bijli), Adil Hussain, Lehar Khan (Janaki), Riddhi Sen (Gulab), à voir à tout prix !

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