Harry Potter

A l’origine, l’article de ce dimanche 30 avril 2017 devait être consacré à un classique du grand écran sorti en 2001. De très bons films sont sortis cette année-là mais deux d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention : Harry Potter à l’école des sorciers et Le seigneur des anneaux : la Communauté de l’anneau. Comment parler de ces deux monstres du cinéma hollywoodien sans parler de leur univers dans sa globalité ? La solution la plus convenable était à l’évidence de développer une nouvelle catégorie dédiée aux sagas dans notre belle rubrique « Calle Ciné ». Voilà chose faite. Il a ensuite fallu décider laquelle des deux sagas allait être mise en avant en premier. S’il s’agit d’un choix cornélien pour certains, ce n’a pas été notre cas. Pourquoi ? Parce que l’auteur de cet article, oui je parle de moi, est un fan inconditionnel de l’univers du sorcier à lunette et connait beaucoup moins la Terre du Milieu. La saga du Seigneur des anneaux sera donc traitée avec respect et un article sera rédigé ultérieurement par un maître en la matière.

Revenons-en maintenant à la saga Harry Potter.

Cette saga, longue de 8 films pour 7 romans et étendue sur 11 années de torture à attendre avec impatience la sortie d’un nouvel opus est sans aucun doute basée sur la meilleure saga littéraire de l’histoire. Si a posteriori, réaliser un film Harry Potter peut paraitre simple, il n’en était rien en 2000 et il faut imaginer le poids qui pouvait peser sur le réalisateur devant retranscrire en image l’univers incroyable créé par J.K. Rowling.

 

Le premier à s’y coller fut Chris Colombus avec Harry Potter à l’école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher’s Stone en anglais). Déjà doué dans l’univers du film pour enfant (Maman j’ai raté l’avion, Mrs Doubtfire), le choix de ce réalisateur était très intelligent pour démarrer la saga. En effet, les deux premiers opus de la saga sont encore très enfantins et n’ont pas la noirceur des derniers films ce qui a permis à Chris Colombus de plus facilement mettre en place le décor qui servirait au reste de la saga. Il s’agit selon moi d’un énorme succès car les images de ce monde magique correspondent parfaitement à ce que j’avais pu imaginer plus jeune en lisant le premier livre. Les costumes, la maquette du château, les pièces du château et les images de synthèse ont été choisis avec soin et cela se ressent tout au long du film, en particulier lorsque Harry, assis dans sa barque, découvre l’immensité de Poudlard lui faisant face. Attardons nous maintenant sur le casting qui, selon moi, n’a pas dû être une mince affaire. D’une part, J.K. Rowling souhaitait un casting 100% britannique ce qui a par exemple  conduit à l’éviction de Robin Williams qui, à l’époque, souhaitait jouer le rôle d’Hagrid. D’autre part, il a fallu jongler entre acteurs confirmés pour les rôles d’adultes et acteurs en devenir pour les rôles d’enfants. Seize ans après personne n’a rien à redire sur le casting effectué à l’époque mais les choix furent compliqués, car même chez les jeunes acteurs les places valent chères et le piston est de rigueur, n’est-ce pas Monsieur Radcliffe ? Que manque-t-il ensuite pour que de beaux décors et de bons acteurs permettent d’obtenir un monde magique à quelques mètres de nous ? Réponse : De la musique. Le choix ne s’est pas porté sur un illustre inconnu puisque c’est John Williams qui a été mis aux commandes. Comme pour chacun de ses films le travail réalisé est remarquable et personne ne me contredira si je dis que son thème principal est aujourd’hui ce qui symbolise le mieux cette saga. Tout comme Chris Colombus au niveau visuel, John Williams a posé les bases musicales de la saga et s’il s’est arrêté après le troisième film, les compositeurs suivants peuvent le remercier du travail effectué. Je ne pense pas qu’il soit bien utile de parler du scénario puisque celui-ci reprend avec exactitude le bouquin, sur ordre de Madame Rowling surveillant le tout, et s’il fallait tout de même faire un reproche nous dirons qu’un rajout de 2 à 3 heures auraient permis d’en profiter « un peu plus » et le pauvre Peeves n’aurait pas disparu des écrans.

Les résultats visuels et financiers furent une telle réussite à l’échelle internationale que Chris Colombus fut reconduit pour un second opus : Harry Potter et la chambre des secrets. Proche du premier film puisqu’aucun nouvel élément ne fut ajouté, le film se démarque tout de même par la qualité des effets spéciaux en fin de film et par un attachement fidèle au bouquin qui ne subira que très peu de coupures. Petit à petit la saga se met en place et les éléments utiles à l’intrigue finale apparaissent à l’écran tout en gardant pour le moment le contexte d’un film pour enfant.

Ce sentiment sera renforcé par le film suivant, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, unique livre et film où la menace pesant sur Harry n’est pas symbolisée par Celui dont on ne doit pas prononcer le nom. La tension qui était montée d’un cran à la fin du second film redescend quelques peu et le film permet de mettre en avant de nouveaux éléments tels que : la prison d’Azkaban, les détraqueurs, Sirius Black et surtout la carte du maraudeur et le village de Pré au Lard. Le film est également marqué par deux changements majeurs : Alfonso Cuaron prend la place de Chris Columbus à la réalisation et Michael Gambon remplace Richard Harris, décédé avant le début du tournage. Si le film m’a personnellement plu, il a fait l’objet de nombreuses critiques et Alfonso Cuaron laissera sa place à Mike Newell pour la suite : Harry Potter et la Coupe de feu.

Ce 4e volet, en passant mon préféré, marque le passage de la saga dans « le côté obscure de la force ». Bien que l’intrigue ne laisse rien transparaitre, la fin du film nous prévient : des heures sombres et difficiles s’annoncent et un Voldemort de nouveau en chair et en os compte bien jouer les protagonistes des 4 volets suivants. A partir de cet opus, le public est prévenu, la franchise ne sera plus dédiée aux enfants et s’engagera dans une véritable phase de combat entre le bien et le mal. Harry Potter et la coupe de feu constitue donc une transition dans la saga et si l’on observe la saga de manière globale à la fin des 8 films on remarque en effet que l’ambiance des 4 premiers films est bien différente de celle, pesante, des 4 derniers. Il est d’ailleurs intéressant de constater que l’introduction de chacun des films, avec l’arrivée dans le ciel du symbole de la Warner, s’obscurcit au fil de la saga pour montrer son évolution vers la noirceur proposée par le plus grand mage noir qu’ait connu le monde des sorciers.

A partir du cinquième film, Harry Potter et l’Ordre du phénix, la franchise ne sera plus dirigée que par un seul homme : David Yates, en charge de réaliser les quatre derniers opus, formant un même ensemble. Il s’agit d’une sage décision de la part de la Warner afin qu’une même et unique ambiance soit installée par le réalisateur et qu’il existe une continuité et une cohérence dans la réalisation de ces films. A compter de ce film il a également fallu élargir le casting car Voldemort ne combat pas seul, celui-ci est accompagné de nombreux mangemorts, jusqu’à présent absents de la franchise. Parmi ces rôles on retiendra surtout la prestation époustouflante de Madame Helena Bonham Carter en tant que Bellatrix Lestrange, fidèle de Voldemort et folle alliée. Ce cinquième opus n’est pas l’un des meilleurs mais il était important de poser les bases de la seconde partie de la franchise et le film aura au moins le mérite de le faire correctement, permettant ainsi aux trois films restants de se concentrer sur l’intrigue finale.

Le sixième film, Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, constitue la dernière bouffée d’air frais avant le combat final mais surtout la dernière fois qu’Harry foulera le sol de Poudlard en tant qu’élève de cette école. Cette sixième année sera cruciale pour notre héros qui, en apprenant à regarder dans le passé, découvrira la seule faiblesse de Lord Voldemort.  La force du réalisateur dans ce volet est d’avoir su mêler l’amour et la haine avec brio en jouant dangereusement avec le cœur du spectateur.

Comme vous pouvez le constater sur cette photo, certaines scènes peuvent choquer les âmes…

La saga se termine sur un 7e et 8e volet basés sur le même livre, Harry Potter et les reliques de la mort, et dont l’action constitue une sorte de road movie au cœur d’un monde des sorciers submergé par la peur et décimé par la mort. Inutile de parler du dénouement final, nous vous laissons savourer ce moment après onze longues années d’attente.

L’ensemble du travail réalisé sur cette saga est tout simplement démentiel et la réussite qu’elle a connue est en partie due à la présence de J.K. Rowling aux côtés de l’équipe du film. On peut par exemple préciser que l’auteur a confié, dès le deuxième film, la vraie nature du personnage de Severus Rogue à Alan Rickman afin que celui-ci transforme son jeu d’acteur en conséquence. Cette saga a grandi en même temps que tous les enfants nés entre 1985 et 1995 et c’est ce qui lui a donné un charme supplémentaire. Il faut reconnaitre que la qualité des films n’est pas comparable à la qualité des livres mais ce qui est certain c’est que s’il fallait recommencer aujourd’hui personne ne pourrait faire mieux que ce qui a été proposé.

Après 8 films et  6.37 milliards de dollars engrangés dans les salles de cinéma du monde entier, pas de quoi renflouer notre dette mais quand même, Warner Bros a décidé de ne pas laisser partir la poule aux œufs d’or et a donc enchainé avec une nouvelle saga baptisée « Les Animaux Fantastiques ». Le premier volet de cette nouvelle saga est de très bon calibre, a permis à l’univers Harry Potter de décrocher son premier Oscar et nous nous réjouissons d’ores et déjà de découvrir la suite.

Harry Potter est une saga classique. Vous ne l’avez pas vu ? AVADA KEDAVRA

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Titre de la saga : Harry Potter
Réalisateurs : Chris Columbus, Alfonso Cuarón, Mike Newell, David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Tom Felton, Bonnie Wright, James et Oliver Phelps, Gary Oldman, Timothy Spall, David Thewlis, Emma Thompson, Alan Rickman, Maggie Smith, Richard Harris, Michael Gambon, Bill Nighy, Helena Bonham Carter, Ralph Fiennes
Musique : John Williams, Patrick Doyle, Nicholas Hooper, Alexandre Desplat
Dates :  2001 à 2011
Genre : Fantastique
Nationalité : Américano-britannique
Inspiration : Saga littéraire “Harry Potter” écrite par J.K. Rowling
Société de production : Warner Bros

Tendrement,
Baptiste Leroy
Le Beau Bug

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