Rote : le super-groupe de Volte-Face & Daniel Avery

Le producteur et DJ anglais Volte-Face signe en cette fin d’année, une collaboration inspirée avec son compatriote Daniel Avery. Une alliance surprenante et inattendue qui délivre un peu d’originalité dans le monde de la techno. 

Un super-groupe électro

Intitulé Rote, ce nouveau projet dévoile EP1, deux plages sonores traversées par une techno extatique, à la fois métallique et moderniste, ainsi que deux remixes par DJ Nobu et Svreca. Paru sur Bleed Music (http://www.bleed-music.co.uk/), le tout jeune label de Volte-Face, cet avant-goût technoïde dégaine des tracks martiales saupoudrés d’effets aériens empruntés à l’ambient-music. On entre dans l’EP avec ROTE 1, une boucle sonore de 8 minutes au rythme inflexible, sur laquelle vient se greffer plusieurs micro-mélodies. Les minutes s’effilochent au sein de cette violente spirale, qui semblent tirer son essence des sonorités de l’école allemande, minimaliste et rêche à souhait, rappelant les productions de Rødhåd ou Recondite.

ROTE 2 reproduit l’idée d’une boucle, décorée par des beats métronomiques et un drone qui se mue au fil du la mélodie, en quelque chose d’à la fois céleste et fantomatique, sans corps mais pas sans âme. On ressent davantage l’influence de Daniel Avery sur ce morceau. En effet, il se dessine à l’écoute de ces paysages enivrants, une véritable possibilité de penser un bruit en termes de texture et de matérialité. Pendant 9 minutes, le titre immerge dans un espace progressif, qui délaisse l’ambiance industrielle du premier morceau pour transporter l’auditeur hors de sa réalité. Les rythmiques tapageuses de l’œuvre propulsent en apesanteur, dans un dancefloor futuriste habité par le champ des machines.

Une vision du futur

Le remix de ROTE 1, réalisé par DJ Nobu prend une tonalité maladive avec ces beats aigus qui rappellent les bruits d’une salle opératoire en hôpital. Il nous enferme dans une boucle anxiogène de presque 7 minutes, qui laisse un goût de déjà-vu. Le remix de ROTE 2 par Svreca exploite également cette atmosphère étouffante, délaissant les sonorités cristallines apporter au projet ROTE par Avery. La rigidité du morceau est palpable. Il nous matraque les oreilles avec une techno sévère et métallique.

Au final, le projet fonctionne grâce à son association de styles différents, pour une techno qui n’en est que plus moderne et séduisante. Cependant, les remix n’offrent aucune valeur ajoutée à ce premier opus, pour une collaboration à laquelle on souhaite un avenir, avec d’autres EPs et pourquoi pas un album.

Tendrement, Le Beau Bug.