Rosalía – El Mal Querer

Révélation majeure de l’année 2018, elle a propulsé une nouvelle version de la musique flamenco au top des charts en un claquement de doigts. Vous l’aurez deviné, il s’agit de Rosalía, enfant prodige qui avait d’ores et déjà occupé les charts des pays hispaniques avec son premier album, Los Ángeles. Alors, lorsqu’elle sort son titre phare Malamente puis son second album El Mal Querer, sa place sur la scène musicale mondiale est assurée. Retour sur un album qui a marqué l’année précédente et sur une artiste que nous nous devons de suivre dans le futur.

Si la jeune artiste aux multiples facettes avait fait ses débuts en sortant son album Los Ángeles, c’est avec le seul titre Malamente que sa popularité explose. La chanson aux deux Latin Grammy Awards, remportés en l’espace de quelques mois seulement, la place naturellement sur le devant d’une scène dont elle a balayé les codes. Fusionnant de la plus belle des manières l’art traditionnel du flamenco espagnol et la pop urbaine de nos jours, l’identité de Rosalía est affirmée en l’espace de seulement… deux minutes trente.

Et elle décline cette fusion de mille manières au cours des onze titres qui composent cet album. Car si dans Malemente elle ne s’emparait pas forcément des techniques de chant caractéristiques du flamenco – comme elle avait pu le faire sur son premier album acoustique Los Ángeles, elle le fait avec brio sur Que No Salga La Luna, ou de manière plus expérimentale sur De Aquí No Sales. Sur ce dernier titre, Rosalía se joue des codes de nombres styles musicaux, emmenant toutes les dix secondes son auditeur sur un territoire différent, et ce sans jamais le perdre. Travail sur la voix, usage artistique de l’autotune sur les choeurs, moto qui pétarade et dérape en guise d’instrumental… un exercice de style remarquable dont peu d’artiste sont capables.

Plus loin dans l’album, c’est après un interlude à la guitare et à un titre très émotionnel – Bagdad que l’on a affaire à une chanson un peu plus légère dans son atmosphère : Di Mi Nombre. Plus pop que les autres titres de l’album, il offre une occasion à l’auditeur d’en découvrir plus encore sur le riche univers de l’artiste.

“A ningún hombre consiento
Que dicte mi sentencia”

Et jusqu’au bout, l’album El Mal Querer est une réussite. Sur le titre A Ningún Hombre, c’est a capella que l’on découvre toute la puissance de la voix (et de la voix seule) de Rosalía. On regrette même que ce titre ne dure qu’une minute trente tant sa puissance nous transperce ! Dédoublée, modifiée, et pourtant toujours authentique, les émotions sont transmises à l’état pur dans ce dernier titre.

Et si vous vous demandez quelle présence l’artiste peut avoir en live, on vous laisse apprécier cette session impromptue donnée pour Nowness, dans laquelle elle reprend l’un de ses anciens titres, Aunque Es De Noche. Hypnotique.

Baignée dans le flamenco depuis son adolescence, la barcelonaise Rosalía, aujourd’hui âgée de 25 ans, se plaît à reprendre ses codes pour les déconstruire. Dès son premier album, dont l’esprit est par ailleurs radicalement différent d’El Mal Querer, elle acquiert un succès certain, succès lui valant d’être sacrée Meilleure nouvelle artiste aux Latin Grammy Awards. Rien de bien étonnant donc à voir qu’elle a été récompensée à de multiples reprises, aussi bien par les cérémonies que par les médias, pour son dernier album. Artiste à suivre !

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug. 

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