POMME – QUARANTINE PHONE SESSIONS

Crédits Photo : Charlotte Abramow

L’anxiété de performance aura eu raison de Pomme.

EP éphémère et cathartique, la poésie et l’étrange mouvement du temps de ces jours enterrés résonnent aux accords de guitare.

Disparus quand nos vies seront de nouveau déployées, les 5 morceaux de quarantine phone sessions ne se feront plus entendre. Seulement, ni la Terre, ni nos empreintes, ne savent quand ils s’effaceront.

 

« Quand le confinement a commencé, une vague de lives et de propositions créatives a déferlé sur les réseaux sociaux et je me suis sentie un peu pressurisée. Comme si cette quarantaine était forcément une période créative, pour les artistes et la culture. Moi, je n’arrivais pas du tout à créer, alors j’ai essayé d’écrire en anglais, pour changer, sur des thèmes simples: mon chien, la situation, des choses très directes, sans chercher la poésie, sans chercher le concept. Et puis au fil des jours, j’avais 5 chansons. les voici donc”, confie-t-elle.

L’artiste révélée par les Victoires de la Musique avec son album les failles, revient avec quarantine phone sessions, un EP qui regroupe des mini chansons, guitare-voix et emo en anglais. On y appréhende la simplicité de sons enregistrés à l’Iphone et l’émotion des mots dénudés.

« Where is home if we’re in this together »

Comme une soie tranquillisante, that’s ok se dépose sur les coeurs isolés et les esprits qui saignent de ne plus se pouvoir se rencontrer.

Touchante, presque vacillante, elle évoque la très étrange sensation d’être seuls, tous ensemble. De la façon dont nous n’avons plus aucune idée de ce qu’implique de « se sentir chez soi », alors que nous le considérons chaque jour.

Avec sa grâce unique, Pomme chante dans dangerous, cette envie d’imploser mais de ne pouvoir crier qu’entre les murs, comme weird, qui fait parler l’inconfortable engourdissement que ressentent nos corps.

« I don’t want them to live in this crazy world »

Dans no kids, Pomme parle de sa peur d’avoir des enfants, de les élever dans ce monde où les âmes se croisent mais jamais ne se rencontrent, et de les faire traverser ces effrayantes époques que nous éprouvons avec difficulté.

Écrivant sur les choses qui l’entourent, l’artiste dédie une chanson à son chien et à sa peur de le perdre avec puppy. « Quand les choses changent, ça me fait toujours pleurer. »

« Things when they change, always make me cry »

On ose à y croire, à se sentir faible et malheureux peut-être, à avoir du mal à se confronter à soi si soudainement. On ose surtout à se laisser aller, et à écouter ce qu’on s’avoue, comme à écouter ce que les autres nous confient.

Alors jetons-nous sur cet EP « contextuel » et « les choses iront mieux. »

« À la fin du confinement, elles disparaîtront pour laisser place à la suite: des jours plus doux. »

Tout ce que l’on espère, c’est que ces morceaux resteront sur Terre, mais qu’enfin, les cours d’eau se seront dissipés.

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Tendrement,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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