Philadelphia de Jonathan Demme

La liste des classiques et des chefs d’oeuvre sortis en 1994 est telle qu’il n’a pas été simple de choisir le premier film que nous allions vous présenter pour cette année.

C’est toutefois avec le coeur que nous nous sommes arrêtés sur Philadelphia de Jonathan Demme.

Philadelphia retrace l’ascension puis la chute d’Andrew Beckett, brillant avocat interprété par Tom Hanks, au sein d’un cabinet d’affaires de Philadelphie. 

Cette chute résulte pour les uns d’une faute professionnelle et pour l’autre d’une « faute » personnelle , celle d’être homosexuel et atteint du SIDA qui plus est. La vérité éclatera au coeur d’un procès émouvant, voire déchirant, ou la vie d’un homme sera mise à nue pour que justice puisse être rendue. Ce procès, centre de l’intrigue du film, permettra également à un second acteur de renom, Denzel Washington, de montrer l’étendu de son talent en jouant un avocat de quartier décidé à profiter de la publicité de l’affaire.

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Si l’histoire semble emprunte de clichés propres à un film caricatural et moralisateur, il n’en est rien, et ce pour de multiples raisons.

Tout d’abord, en 1993, année de production du film, le SIDA est au centre du débat politique aux Etats Unis, on recense plus de 40000 morts sur le territoire américain cette année là, et il s’agit du premier film issu d’Hollywood qui traite le sujet malgré la présence de la maladie sur ce sol depuis une dizaine d’années.

Ensuite, cinquante-trois figurants ainsi que l’un des principaux acteurs étaient atteints, lors du tournage, de la maladie du SIDA et ces derniers sont morts quelques années après rendant ainsi le sujet traité plus réaliste à une époque ou la méfiance était de rigueur vis à vis du virus.

Enfin, l’histoire est basée non pas sur une histoire vraie mais sur plusieurs cas réels de licenciement pour homosexualité et contamination par le virus du SIDA.

A côté de ces éléments s’ajoutent un scénario et une réalisation subtile qui ont permis de transformer un scénario principalement procédurale en bataille juridique et politique ponctuée de scènes de vie sublimes et profondément attachantes.

L’émotion dégagée est grandement aidée par le choix des musiques, avec en point d’orgue, l’opéra « La Mamma morta » ainsi que la chanson « Streets of Philadephia » spécialement écrite par Bruce Springsteen pour l’occasion.

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En dernier lieu, il est primordial de parler de la performance de Tom Hanks dans ce rôle de sidaïque. D’une part parce qu’il est le premier à tenir un rôle de cette composition dans l’histoire du cinéma et d’autre part car il a transformé son physique pour mieux coller au personnage en perdant 11 kilos ce qui peut paraitre banal aujourd’hui (Coucou Matthew McConaughey) mais qui ne l’était pas hier. 

C’est ce rôle qui lui a permis d’obtenir sa première petite statuette, mais peut être également celle de l’année suivante ainsi que celles qui ont suivi.

Il s’agit d’un classique, vous ne l’avez pas vu ? Il est temps.

Bande Annonce :

Tendrement,
Baptiste Leroy
Le Beau Bug

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