Olafur Eliasson à Versailles

Versailles accueille des artistes depuis 2008. Cette année, c’est  Olafur Eliasson d’origine danoise qui investi le domaine. Ses installations troublent subtilement la vision du spectateur grâce à des jeux d’eau, de miroirs et de lumière. Les jardins et l’architecture sont ici repensés pour que les visiteurs soient immergés dans le chateau sans outrances.

Connu pour ses installations spectaculaires, Olafur Eliasson s’était fait remarqué dès 2003 en recréant un coucher de soleil: The weather project à la Tate Modern. Depuis, arc en ciel, étoile, soleil et horizon occupent son oeuvre dans une démarche résolument poétique. Inutile de préciser son intérêt pour l’espace qu’il exerça entre 2009 et 2014 à l’Institut für Baumexperimente. La perception est aussi au centre de ses recherches plastiques: il recréé des environnements spatiaux dans lesquels le visiteur évolue.

Trois structures se répondent dans les jardins. Ceux sont des jeux d’eau disposés de façon symétrique. Au centre sur le grand canal, une cascade artificielle a été conçue pour être alignée avec le soleil couchant du solstice d’été. Sa dimension reste secrète mais n’en demeure pas moins impressionnante. Rêvée par le paysagiste du domaine André le Nôtre, cette installation fait écho au XVII ème siècle. Le bosquet de l’Etoile a été investi par une structure diffusant de la brume. Le bosquet Colonnade, lui, a été recouvert de moraines, amas rocheux transportés par les glaciers du Groenland.

L'installation "Waterfall" de l'artiste Olafur Eliasson dans les jardins de Versailles, le 8 juin 2016

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Bosquet de la Colonnade : « Glacial Rock Flour Garden », 2016 – moraines

Olafur Eliasson dénonce de façon récurrente le réchauffement climatique dans ses oeuvres. Par exemple, il créé Little Sun en 2012 avec l’ingénieur Frederik Ottesen. Fonctionnant grâce à l’énergie solaire, cette lampe bon marché a ainsi servi à travers le monde aux populations en difficulté. Appelé à Paris pour la COP21, il avait présenté 12 glaciers groenlandais se consumant sur la place du Panthéon. Ice Watch reproduisait la fonte des glaces en France

L’intérieur du château a été transformé par l’imagination céleste de l’artiste. Des miroirs qui se répondent ou qui déforment cohabitent subtilement avec des effets de lumière. L’architecture révèle ainsi tous ses mystères. Les salles ont abandonné leurs premiers aspects et révèlent leurs nouveaux artifices. Le baroque est ici mis en valeur par l’art contemporain. Étrange ambiance où passé et présent se côtoient dans un calme absolu. Le présent est ici littéralement le reflet du passé auquel chaque visiteur apportera sa propre vision, voire sa déformation.  Ayez confiance, venez vous perdre dans la galerie des glaces…

Olafur Eliasson Versailles

Salon de l’Œil-de-Bœuf : « Deep Mirror (Yellow) », 2016 – miroir, aluminium lampe monochromatique, acier, peinture (noire et blanche)

Galerie des glaces : « Your Sens of Unity », 2016

Galerie des glaces : « Your Sens of Unity », 2016

Le spectacle qu’offre la nature a un peu moins de secrets pour Olafur Eliasson. Ses paysages pittoresques semblent trahir sa curiosité pour l’environnement et tout ce qui en découle. La poésie de sa création réside peut être dans la matière, celle qui dénonce sans un mot…


Olafur Eliasson : l’homme des lumières par telerama

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug

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