Nuages carrés par Vanessa Dakinsky

Vous avez raté l’exposition de Vanessa Dakinsky à la médiathèque de Toulouse ? Le Beau Bug vous donne l’occasion de la visiter confortablement installés au fond de votre canapé, sur votre chaise de bureau, dans votre lit douillet…

Photos ? Peintures ? Photos transformées en peintures ? Les pistes sont floutées… Il s’agit pourtant bien ici de peintures réalisées à l’huile. Deux des paramètres les plus flagrants dans ses tableaux restent la précision de son tracé et le jeu de lumière. Caractéristiques indéniables au rendu si réaliste ! L’artiste précise également que « la lumière de la ville est très vivante, c’est quelque chose qui me parle beaucoup ». Remarque qui nous mène à parler du courant dans lequel la jeune femme s’inscrit, entre le « low bro » et la peinture classique . Un mélange de peinture graphique, de street-art et de tatouage. Un Beau Bug qui nous offre à voir une sorte d’univers fantastique réalisé à la perfection. Traitant pourtant de sujets bien réalistes l’artiste apporte une touche de décalage : des cheveux bleus, un loup en fond, un visage décuplé…

LOOPS

LOOPS

L’exposition comportait essentiellement des travaux réalisés avec deux techniques distinctes : huile sur toile et le crayon de papier. Des procédés qui correspondent tout particulièrement à l’art urbain ! Les œuvres exposées ont alors affiché un rendu authentique, brut, « vrai »… Tout comme sa façon de faire, Vanessa Dakinsky arrive à nous transmettre une certaine sensibilité. Il est d’ailleurs souvent difficile de comprendre le sens de ses titres, proches du surréalisme. S’agit-il ici d’une émotion ? D’un événement marquant de sa journée ? D’un engagement politique ? Dur d’y répondre… Le spectateur sera néanmoins et à coup sûr, touché. Prit d’une émotion aussi dure à décrire, l’artiste parvient à faire passer des choses fortes à travers un tableau presque humoristique, teinté de second degré.

Autre point à soulever : Vanessa Dakinsky mélange les genres. Du portrait au paysage, de la calligraphie à la peinture, ses œuvres renferment un mélange d’inspirations. C’est donc avec un savoir- faire de maître que l’artiste nous offre un puis de richesses. Il nous ait présenté en cela des œuvres « complètes », où aucun détails ne manquent, le « juste parfait » de la composition rajoutant au caractère unique des tableaux !

 

Follow me

Follow me

1545057_695281937216208_2615426917255619660_n

Smoke

Smoke

Âmes sensibles s’abstenir ! L’artiste déclarant son goût pour le milieu urbain, explique que le monde festif et nocturne l’inspire beaucoup. Dévoilant en cela un monde « trash » où l’alcool, l’hystérie, la sexualité et la nudité sont maîtres. Ces sujets traités avec toujours beaucoup de maîtrises dévoilent alors une violence magnifiée. Poussant la débauche des jeunes au solipsisme, elle arrive à rendre cette dernière agréable au regard. Vanessa Dakinsky fait donc véhiculer un sujet qui dérange avec une grande maîtrise. Nous transmet-elle la beauté souffreteuse de la jeunesse ? Celle qui n’a peur de rien ? Celle qui se livre corps et âme à la nuit ? Ou cherche-t-elle encore à la dénoncer ?

1517544_602825259795210_866454034_n

Enfin, il parait évident de soulever un petit côté enfantin caché derrière des sujets si sérieux. Non pas que l’enfance n’est pas sérieuse mais plus qu’il est facile de décrypter une certaine innocence. Tout d’abord dans ses titres à rallonge mais aussi dans les sujets. Tous relativement mornes ils affichent néanmoins des couleurs ou des formes fantaisies, des traits adoucis, des yeux tendres, une pose douce qui ont tendance à attendrir nos cœurs. L’artiste révèle-t-elle alors un trait de caractère? Un regard prévenu et alerte protégeant une personnalité douce et enfantine. Personnalité réalisant des œuvres aussi choquantes qu’attendrissantes, en bref une création touchante…

Le Beau Bug vous invite donc à la suivre sur son tumblr

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug