Noga Erez – Off The Radar

Nous sommes tombés amoureux d’elle dès son premier titre. Sa voix singulière, sa musique torturée, ses textes revendicateurs, et toute la passion qu’elle injecte dans ce qu’elle produit nous ont hypnotisés sans concession. Si vous aussi vous avez été plus que séduits par la pop dark aux beats cinglants de Noga Erez avec Dance While You Shoot, Pity, ou encore Toy, laissez-vous embarquer sans résistance dans l’entièreté de l’oeuvre puissante qu’est Off The Radar, sorti ce 2 juin sur le label berlinois City Slang.

Le titre de son album en dit long. Off The Radar, c’est la manière anglaise de dire que quelque chose “ne rentre pas dans les cases”. Et cela correspond en tous points au(x) message(s) qu’elle veut transmettre au travers de sa musique : avant-gardiste, elle casse les codes de tout ce que l’on a pu entendre jusque là. Pour le meilleur.

Off The Radar commence avec le titre Balkada. Le rythme et la mélodie sont tordus et complexes du début jusqu’à la fin, constitués de beats qui résonnent et de bruits métalliques épars, portant à merveille la voix puissante sans pour autant être agressive de la chanteuse-rappeuse. S’ensuit le revendicateur Dance While You Shoot, qui au travers de paroles déclamées sans filtre, d’un rap tranchant et de beats hallucinés, complexes et multiples comme l’est la population israélite, dénonce en nous embarquant dans sa transe les frasques du gouvernement : le peuple se bat au nom d’une cause que le gouvernement bafoue dans leur dos.

“You steal and you know how to hide it so damn fucking good
You cheat and you know how to justify it so damn fucking good”

Plus loin, on se laisse surprendre par le rythme aux connotations militaires de Pity. Cette fois, Noga Erez s’attaque à un autre sujet, toujours aussi sensible que les précédents mais plus intime : une agression sexuelle. Et le clip exploite un caractère voyeuriste qui sied parfaitement à la chanson.

Et les titres s’enchaînent : on écoute avec attention le caractère presque tribal du trop court Quiet One, avant de changer de rythme sur Worth None et plus encore sur Global Fear. Les deux titres, étrangement calmes, opèrent une sorte de transition dans l’album.

“There’s no coming out of this
No good coming out of this”

Vers la fin de l’album, on retrouve les esprits travaillés au début de celui-ci. Muezzin est peut être le titre le plus intense de l’album. L’instrumental est si dense que l’on a l’impression d’entendre à la fois tambours militaires et chaînes attachées aux pieds de prisonniers. Sa voix se dédouble, se fait tantôt proche tantôt lointaine, robotique, presque inhumaine. Lorsque la transition se fait sur le titre Noizy, son caractère plus joyeux surprend presque ! On vous laisse le découvrir par vous même, et apprécier Junior, conclusion parfaite d’un album puissant, qui emplit nos oreilles de sons et de questions nouvelles.

Si nous vous avons montré les clips de Dance While You Shoot et de Pity, sachez qu’Off The Radar et Toy ont aussi eu droit à leur illustration, toujours aussi soignées et d’un esthétisme sans pareille.

Noga Erez est une jeune auteure-compositrice de 26 ans, à la fois chanteuse et rappeuse, originaire de Tel Aviv, en Israël. S’il lui a fallu près de trois ans pour construire cet album, elle a commencé la musique bien plus tôt, apprenant à jouer de cinq instruments étant jeune. C’est vers 18 ans qu’elle a voulu faire de sa passion pour la musique son avenir. Et apprendre à composer sur ordinateur a changé sa façon de construire ses musiques, et lui a permis de découvrir l’électronique.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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