Neon Indian – VEGA INTL. Night School

La rencontre de la mélodie et du bruit, de l’harmonie noyée sous un maelström d’objets sonores décalés, telle est la signature de Neon Indian qui fait cohabiter un sein d’un même écosystème sonore, des éléments en apparence hétérogènes, pour une flambée synthpop au sommet de son art !

Après quatre ans d’absence, Neon Indian ressurgit des méandres de la musique en sortant le single Annie il y a quelques mois. Après Psychic Chasms,  Era Extraña et un ep de remix, le one-man band signe VEGA INTL. Night School, un troisième album voyageant à travers de nouvelles contrées sonores, à paraitre chez Transgressive Records.

Natif du Texas, Alan Palomo avait enchanté nos esprits avec son électro noisy-pop, à la fois excentrique et belle. Ce nouveau projet s’engage vers un univers plus trendy, mélange entre l’italo-disco, la synthpop et la chillwave, susurrant d’infimes refrains groove sur des beats triturés. L’américain avait pris l’habitude d’assembler, tel un album-puzzle, les influences d’univers musicaux divers, les faisant siennes sans jamais se laisser étouffer. Une évolution logique de son projet qui désenchantera de nombreuses personnes sans pour autant laisser indifférent.

On retrouve les compositions alambiquées de ces débuts avec des titres comme Bozo, Street Level ou Hit Parade. Le charme de cette esthétique DIY dans les textures imprévisibles continu d’imprégner Neon Indian, alors qu’il se tourne vers des lignes de synthés à la fois plus fluides et sensuelles sur Techno Clique, un chant onirique couvert de synthés murmurant textures rétrofuturistes et house-music. Baby’s Eyes décharge un rock alternatif criard sous fond de déluge synthétique. Il laisse libre cours à son imagination ! Preuve en est avec C’est la vie (Say The Casualties!), pure ivresse synthpop mêlant  divers objets sonores au sein d’une composition qui se métamorphose au fil des minutes, tout en parvenant à maintenir un équilibre raffiné dans la structure. Slumlord, single paru pour annoncer l’arrivée de ce troisième album, déverse une pop synthétique illuminée par la voix de Palomo qui tournoie dans les aigus. La danse des synthétiseurs éclairée par de beats métronomiques forme une osmose sonore électrique. La relecture complètement instrumentale que se permet l’artiste avec Slumlord’s Re-lease ajoute une couche plus sombre à la mélodie avec ces notes sauvages rappelant l’outrun, un sous-genre de musique électronique influencé par les sons des années 80.

À propos du titre de l’album, Neon Indian a confié ceci : « La plupart de ce que j’ai appris sur la nature humaine durant la vingtaine se passait après la tombée de la nuit. Les gens semblent simplement d’une certaine façon être plus honnêtes à ce moment de la journée. Plus délibérés. J’aime appeler les endroits où je vais des Night Schools. » Il semble que l’artiste n’a pas traverser toutes ces nuits sans en retirer une intelligence toute particulière en matière de création musicale. L’impression de se perdre dans un morceau-labyrinthe, à ne pas savoir où résonnera le prochain beat, n’est plus l’unique mouvement par lequel s’exprime l’artiste. Il s’oriente vers des harmonies plus lisses tout en composant des lignes de synthés denses et obsédantes qui magnétise les corps comme jamais. La palette sonore de Neon Indian s’agrémente de nouveautés tout à fait maîtrisé qui seront trouver de nouveaux adeptes.

Tendrement.