L’interview de MR FREEZE

Du 26 septembre au 3 octobre, 31 artistes d’art urbain investissent les 2 500m2 de l’espace 50CINQ à Toulouse pour la 3ème édition de l’exposition Mister Freeze !
Initié et organisé par Faute O Graff, cette association organise également l’Open Summer festival réunissant des grapheurs, photographes, artistes plasticien du monde entier depuis 3 ans.Nous sommes donc allés voir cette exposition à ne surtout pas rater, l’occasion de rencontrer Mondé et Panks.

Pouvez-vous nous donner des détails sur cette exposition?

Mondé: dans le graffiti, il y a plein de styles, pop art, calligraphique, abstrait, figuratif, hyper réalisme, … cette exposition est une occasion pour les gens qui viennent de se rendre compte que le graffiti est multiple, qu’il y a beaucoup d’inspirations. L’ autre but est de mélanger des artistes reconnus avec des artistes émergents, et enfin promouvoir la scène locale. Ill y a eu également 3 éditions de l’Open Summer qui est plus un jam de graffiti auquel a été ajouté  cette année un marché de créateurs.Mister Freeze est vraiment une exposition artistique qui présente du travail sur toile, sur des gros murs, façades, sculptures et installations.

Il y aura des événements en particulier qui vont ponctuer cette exposition?

M: Oui, il y aura 2 soirées: un opening, avec le vernissage et une soirée au Ténors place du Capitole à Toulouse. Le 26 septembre il y aura également à partir de 17H un débat autour du graffiti avec des acteurs du milieu de l’art pour parler des problématique liées au street art avec comme thème en particulier: vision du graffiti dans le futur, comment il peut évoluer.

Justement quelle est ta vision de l’évolution du graffiti?

Mondé: Ah je ne sais pas encore!

Panks: déjà la question ne se pose pas de la même façon si tu as 20 ans ou plus de 30 ans…

Ma vraie question est finalement de savoir si le graffiti ne serait pas en train de s’embourgeoiser?

P: Complètement, c’est un principe de réalité: c’est à dire qu’il y a des gens qui restent dans l’activité, et qui ont envie, arrivés à un certain âge à vivre du graffiti, à vivre de leur passion. Là, soit on continue dans ce qu’il y a de plus radical, et ça ne rapporte rien, soit on essaie de faire quelques petites concessions, mais ce n’est plus vraiment du graffiti.

M: après moi je pense que c’est validé par des marques, par tout un système de vente capitaliste, par des galeries, des ventes aux enchères, mais à un moment, ma vision du graffiti c’est que ça doit rester sauvage et légal, sinon il perdrait de son âme; mais c’est comme la musique, comme plein d’autres expressions artistiques…

P: mais finalement ce n’est plus du graffiti, c’est de la décoration à la bombe.

Si on fait du graffiti dans un espace fermé, et qu’on est plus dans la rue, ça reste du graffiti?

M: non, mais on garde les techniques du graffiti.

P: En fait on fait entrer le graffiti dans l’espace muséal.

Mais on a plus l’interaction avec la rue, avec les gens qui passent, ce qui est pour beaucoup de grapheurs l’essence même de leur travail?

P: Tout à fait mais à partir du moment où on le sert, on le transpose à d’autres personnes comme ça, c’est plus du graffiti.

M: en fait il y a un problème de vocabulaire, il y a des gens qui inventé un terme, qui s’appelle le street art, mais aujourd’hui le street art ça ne veut plus rien dire, est-ce que c’est du pochoir, est-ce que c’est de l’installation, du tag, du graph, on en sait rien, et du coup c’est un peu fourre tout. Aujourd’hui il y a des grapheurs qui ne font plus du graffiti, ils font du muralisme, c’est différent. Et il y a des grapheurs qui vont peindre des métros ou des trains, et c’est encore une autre vision, encore un autre but; donc dans le futur, je ne sais pas comment ça peut évoluer, peut-être que des toiles achetées aujourd’hui des millions d’euros ne vaudront plus rien, ou est-ce qu’elles vaudront le prix d’un Picasso, ça on en sait rien!

Ou peut être que c’est juste un mouvement artistique qui va entrer dans l’histoire de l’art en tant que tel?

P: si ce n’est pas déjà fait!

M: certainement, après il y aura toujours des passionnés qui continueront. Après est-ce que ce qui est aujourd’hui mis en lumière le sera plus tard, je ne sais pas.

Enfin, qu’est-ce que c’est pour vous un beau bug?

P: c’est un heureux événement, un hasard qui aboutit à quelque chose de joli

Artistes présents pour l’exposition Mister Freeze:

Alex One – Big Addict – Calie – Ceet – Dems – Der – Eack – ECB – Gorgone – Grems – Gris – ILK – Kat – Katre – Benjamin Laading – Legs – Lenz – Silvio Magaglio – Mlle Kat – Maye – Mondé – David Mesguich – Momies – Poes – Sébastien Preschoux – Reso – Sherio – Sozy – Taroe – Tilt – Zest – WOW 123

Mister Freeze, du 26/09/2015 au 03/10/2015 à l’espace 50CINQ: 55 avenue Louis Bréguet – Bat 9 31400 Toulouse (Montaudran).

www.expo-misterfreeze.com
www.fauteograff.fr
www.50cinq.com

Tendrement,
Milena Kodratoff,
Le Beau Bug