MARIE-FLORE – BRAQUAGE

C’est une attaque à main armée. Voyous d’un temps, bandits ressuscités : que personne ne bouge ! Braquage cambriole et Marie-Flore nous fait otages de son album.

C’est en 2014 que l’on la découvrait avec By the dozen, un album entièrement en anglais. Comme un cri de sincérité et cette fois-ci en français, l’album sorti en octobre 2019 emporte toutes les peines et leurs suaires. Jouant une moue tendre et romantique, Marie-Flore, pilleuse de l’intime, raconte les ineffables sensations que l’on traverse lorsque l’on est amoureux ou que la rencontre des corps analgésie.

« J’te cours après, les faux pas, t’aimer si fort ça m’arrange pas »

Déjà conscients de sa mélancolie avec son précédent EP, Passade Digitale, on a le sentiment que ce disque est autant libérateur pour elle que pour nous. Infusion pop et rap, voix suave et électrique, Marie-Flore est un modèle de femme libre. Elle évoque les douleurs qui font du bien, celles qui rendent vivants et incarne le paradoxe de la tragédie.

On aime avoir mal si c’est avec elle, et on s’interdirait presque d’être heureux en amour pour éterniser nos sentiments infortunés.

Les 12 titres reflètent chacun une couleur de l’âme et impose une ballade rythmée. Tout ou rien, dévoilé en juin 2019, donnait le ton : pas de place pour la demi-mesure. Elle embrasse ses sentiments, n’en n’a pas peur et est définitivement sûre de ses choix, ou bien en apparence.

QCC, premier titre de cet album au beat hypnotisant, laisse entendre les premiers mots de Marie-Flore sous les notes d’ivoires d’un piano :

« Faut que ça cesse, qu’tu remballes tes caresses, je préfère que tu m’blesses »

Des aubades avec Casse toi ou Cambre, au tempo saillant et affirmé de Pas envie, elle chante la détresse de l’amoureuse dans tous ses états.

Vengeresse et crue mais consciente de sa fragilité, la chanson Ne m’en veux pas adresse un dernier au revoir à sa relation passée et la chanteuse nous la confie, s’en amuse presque. En remède au spleen, Braquage guérit : ses allures de pop urbaine et son langage piquant rendent plus fort.

Derrick soulève langoureusement les cœurs, tandis que, dénudé et épuré, Bleu velours, clôt l’album et en fait sa clé de voûte.

Marie-Flore nous a braquée oui, et nous n’avons plus rien, si ce n’est tout.

« Nous deux c’était rien, non c’était juste assez pour s’faire plus de mal »

Regard triste et voilé, presque dramatique, sur scène, c’est un voyage au pays des amours blêmes assuré. Marie-Flore rejoint son public, croise les regards, effleure les corps, détache des larmes et… c’est si bon.

Marie-Flore, musicienne hors-pair, influencée par des figures du rock comme le groupe The Velvet Underground, et des rappeurs comme Damso, ne ressemble à personne. Elle représente à elle seule, un mélange pop acidulée aux teintes rocks, et ça, on ne l’a encore trouvé nul part ailleurs.

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Tendrement,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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