Margiela, les années Hermès, Musée des Arts Décoratifs

C’est un hommage à Martin Margelia, créateur belge de prêt à porter féminin, que l’on découvre à Paris, du 22 mars au 2 septembre 2018. L’exposition Margiela, les années Hermès, conçue et présentée par le MoMu (Musée de la Mode d’Anvers) en 2017, investie maintenant le Musée des Arts Décoratifs de Paris. L’exposition met en lumière 120 silhouettes accessoirisées, et dessinées par Martin Margiela, pour la maison parisienne Hermès et pour la sienne.

La collaboration entre Martin Margiela et la Maison Hermès a duré 6 ans, entre 1997 et 2003. Une collaboration audacieuse et surprenante, qui a permis de créer 12 collections consécutives, maintenant exposées. L’idée générale de la démarche de l’artiste se résume en quelques mots : déconstruction novatrice et luxe intemporel.

En 1974, Martin Margiela entre à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. 10 ans plus tard, il commence à travailler avec Jean Paul Gaultier, et finit par créer sa propre marque en 1988. Dès 1991, ses créations entrent dans les musées : la Palais Galliera, puis le Musée de Rotterdam, et le Musée d’Anvers.

Le style de Martin Margiela, c’est du conceptuel, et de l’artisanal. Pour ses créations, l’artiste utilise parfois des vêtements récupérés dans le monde entier pour en faire une œuvre, et la reproduire ensuite à l’identique. Même le siège de son entreprise Maison Martin Margiela s’est installé dans une ancienne école du 11ème arrondissement de Paris. Un bon point pour sa conscience de l’environnement.

Martin Margiela a une appréhension de l’espace assez remarquable. Il organisait ses défilés dans des terrains vagues, ou encore des stations de métro. Plutôt sympa ! Sa signature est reconnaissable, car ses mannequins défilaient le visage caché ; l’attention devait uniquement être portée sur ses vêtements. Et pour son premier défilé, le créateur fit marcher ses mannequins dans de la peinture rouge pour laisser des traces sur le podium.

L’exposition Margiela, les années Hermès souligne le contraste entre les créations réalisées pour Hermès et celles pour la Maison Margiela. L’artiste, également directeur artistique de l’exposition, a choisi d’utiliser les deux couleurs phares des deux maisons : l’orange de la Maison Hermès et le blanc de la Maison Margiela. L’exposition tient donc à faire le lien, sans pour autant les confondre. Elle se compose de silhouettes, de séquences thématiques, de photographies et de vidéos… Pour notre plus grand plaisir.

Dans les faits, l’opinion publique et les médias furent surpris de la collaboration Hermès / Margiela. L’éventail de couleurs de la Maison Margiela est principalement monochrome, et assez sobre. Donc complétement différent de l’univers très coloré des imprimés d’Hermès. Les créations Margiela mettent également en avant des coupes construites-déconstruites et épurées ; et des volumes oversize. Pour ce créateur rare et discret, il était question d’élaborer un réalisme féminin qui s’appuie sur le confort, l’intemporalité et la sensualité.

Pour cette exposition, nul besoin d’être spécialiste. Vous admirez, tout simplement, « ce qui fait l’essence d’un créateur comme Margiela, la tradition ancestrale de la maison Hermès et le fruit inattendu de ces deux mondes, un singulier pluriel ». Le dialogue Hermès / Margiela est agilement construit, et la démarche expérimentale de ces créations fini de nous séduire.

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Tendrement,
Jeanne Bailly
Le Beau Bug

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