La maison de Salvador Dali

Salvador Dali at his home on Port Lligat, Cadaques, Spain, 1969

“L’Espagne n’est pas un jardin, ni l’espagnol un jardinier. L’Espagne est une planète où les roses sont des ânes pourris”.

Comprenez ce que vous voudrez, une chose est sûre, Dali aimait son pays. Né en Catalogne et pour y avoir passé la majeure partie de sa vie, l’artiste continu à l’habiter même après sa mort.

Le château de Gala à Pubol, le musée de Figueres, la discothèque à Vilajuiga et son atelier de Port Lligat parsèment la cote de sa folie créatrice. Et ce qui fut auparavant son paradis est aujourd’hui connu sous le nom du « triangle dalinien ». Parcours touristique incontournable de la Costa Brava, il permet entre autre de découvrir le peintre au plus près de son intimité. Entrez aujourd’hui dans sa petite maison de Port Lligat, ce « cas planétaire unique » a-t-il dit.

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The Dali house in Port Lligat

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Salvador Dalí and a fisherman in Port-Lligat, Spain. Spanish surrealist painter 11 May 1904 – 23 January 1989

Situé aux alentours de Cadaquès, la visite du cocon dalinien se mérite. Après une attente de plusieurs jours, un gardien ouvre les portes au compte goutte. C’est en petit comité qu’il nous guide dans les méandres d’une cabane de pêcheur réhabilitée par l’artiste lui même.

Achetée dans les années 30, la pièce d’entrée d’environ 4 mètres carré fut le début d’une longue histoire. Faisant office de salle à manger, de chambre, d’atelier et de vestibule ce petit espace plaisait à Dali pour son caractère « intra-utérin ». D’année en année, d’acquisition en acquisition, la maisonnette se transforma en labyrinthe. Plus grande mais tout aussi intimiste, la demeure n’a rien à envier aux tableaux du peintre. Fourmillante de créativité, Dali y a laissé la trace indélébile de sa fantaisie…

Avec son inimitable poésie il avait accroché un miroir en face de son lit. Grâce à ce subterfuge il était « le premier espagnol à voir le soleil se lever ». Aussi, le salon de Gala est une des parties les plus étonnantes. En forme d’oursin, elle offre une acoustique toute particulière. La forme parfaitement convexe de la pièce était aussi une façon pour le peintre de traduire l’amour qu’il portait à sa muse.

Le salon rose de Gala en forme d’oursin

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Aldo Palazzi, Publ., Italy, mid 20th century- “Salvador Dali et Gala à Port Lligat, 27 Lug 1964”

Après la mort de Gala en 1982, Dali ne revint plus jamais dans sa demeure. Il n’acheva même pas sa peinture, trônant encore sur le chevalet de son atelier. C’est peut être dans cette pièce que la présence de l’artiste se fait le plus sentir. C’est comme s’il avait quitté le lieu quelques minutes auparavant. Comme s’il nous laissait l’opportunité d’admirer la vue qui le fascinait, de profiter de la lumière qui l’inondait.

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L’atelier de Dali à Port Lligat

Carlos Pérez de Rozas, Salvador Dalí en train de peindre “Galatea des sphères” dans l’atelier de Portlligat, 1952

Le dressing de Gala est aussi un lieu d’exception. Elle avait accroché d’innombrable photographies encore fixées aux murs. Picasso et d’autres amis s’entremêlent joyeusement pour le plus grand plaisir de nos pupilles. Pourtant désireux d’y passer des heures, la voix du gardien nous incite à visiter les jardins…

A l’image de Dali, le roi de l’exubérance, la star du surréalisme, sa maison ne promet que des surprises. Hanté par la mort de son frère, il a prouvé qu’il était le Salvador vivant à chaque instant…

Gala de dos, face à la baie de Port Lligat, 1955

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug

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