Love de Gaspard Noé

A l’occasion de la sortie en DVD de Love de Gaspar Noé presenté hors competition à Cannes cette année, Le Beau Bug vous propose une session de rattrapage sur ce film qui a autant divisé la critique que l’opinion publique.

Et si Love portait bien son nom? et si Noé signait véritablement un film d’amour? la réponse est: OUI, OUI,OUI, ça c’est dit maintenant on s’explique: Love à dans son histoire à première vue rien d’original, une homme, Murphy et une femme, Electra, mange ensemble, vive ensemble, snif de la coke ensemble, baisent ensemble. en bref ils s’aiment. le suspens n’est même pas de la partie puisque dès les première images et clignement de paupière on sait que cette histoire n’a pas finit comme un conte Disney( on en attendait pas moins de la part du réalisateur). on remonte le fleuve de leur relation à contre sens alternant entre lumière et obscurité. on s’identifie assez facilement aux personnages, certes certaines situations sont poussées à l’extrême du fait qu’ils sont tout deux étudiants en Art avec beaucoup d’affinités pour la came, mais cela ne change rien à l’aspect intemporel et universel de l’amour.

On a même envie de dire à ceux qui ont trouvé le scénario un peu trop léger ou simpliste que tout d’abord ,comme en témoigne son autre film Irréversible Noé travaille d’avantage l’image et sa représentation que les mots, la totalité ou presque des dialogues ont été improviser. Puis il ya se sentiment agréable et rafraichissant de ne pas assister à une vision névrosée, intellectualisée  du rapport amoureux, il faut l’avouer on est bien loin de la cérébralité de films de Philippe Garrel(La Jalousie) ou Arnaud Desplechin(Roi et Reine). Ne nous jetaient pas la pierre en criant que l’amour est le sujet le plus complexe du monde, on est d’accord avec vous. mais même si en apparence on ne voit rien d’extraordinaire on apprécie que Love ne conceptualise tout tout le temps.

impossible de passer à coté de cette image,cela n’a rien de nouveau le duo Gaspar Noé-Benoit Dépie a du génie, le passage à la 3D est plus que réussi(Dépie à signé la photo du dernier Wim Wenders, Everything will be fine) on retrouve ce travaille à base de lumière naturelles ( et oui!) et de couleurs sensuelles, on a jamais vu l’acte sexuel filmé avec autant de grâce. En revanche à tous les amoureux fous des délires esthétique d’Enter the Void, Love est plus discret plus intimiste moins spectral, par une scène de trip hallucinogène de 7 minutes filmé à la première personne  il faudra repasser.

Ce qu’on aime le plus chez Noé c’est son besoin de donner des coups de pieds dans la fourmilière,  derrière l’étiquette un peu grasse de « mélo-porno » ou pire de « porno » se cache tout simplement une véritable histoire d’amour qui brise cette dernière frontière trop longtemps défendu par une morale frigide, Il y a autant de sexe que d’amour et il était temps que ça arrive    après tout « la vie sexuelle est une grande partie de notre vie » confié Henry Miller en 1960.

On dit de Love qu’il s’agit d’un film sulfureux, en réalité c’est Gaspar Noé lui même qui pâtit en bien ou en mal de cette image à croire que son seul crime est de ne pas faire comme les autre dans une époque où l’industrie cinématographique privilégie la sécurité à grand coup de franchise plutôt que l’amour du risque

A voir par curiosité, à revoir par amour.

Tendrement.