L’Interview des Uns des Six

Lors du 48hours Film Festival, on a eu la chance de rencontré Les Un des Six, qui avait d’ailleurs remporté le prix du meilleur film, et bien d’autres. Passionnés de cinéma, de court-métrage, leur travail est futuriste, leur façon de conter les histoires est captivante, et pour cela, on a voulu en savoir plus.

Salut les garçons, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Salut le Beau Bug, on est les Uns des Six, une équipe de passionnés de cinéma qui a été créé à l’occasion du 48h film festival. Toute la base de l’équipe est issue du BTS Audiovisuel des Arènes mais l’on collabore avec pleins de jeunes d’horizons différents comme nos acteurs qui viennent de LEDA à Toulouse.

Pourquoi « Les Uns Des Six » ?
On a été assez indécis au moment de trouver un nom. Voilà.

Aujourd’hui est-ce qu’on peut vous considérer comme des conteurs d’histoire ?
On aime beaucoup cette expression. On a tendance à créer des films avec des univers bien spécifiques, souvent porteurs d’une touche de fantastique, de science-fiction ou d’anticipation. On aime l’idée qu’un court-métrage puisse être un moyen de faire voyager les gens dans nos esprits parfois un peu farfelus.

Quand on a regardé vos courts métrages on a tout de suite pensé à Black Mirror.
Vous cherchez à dénoncer des choses, critiquer notre société ?
On a clairement été très touché par cette série qui fait partie de celles qui ont réussi le pari de nous montrer le monde tel qu’il tend à devenir, un monde sombre régit par la technologie, et qui surtout fait vraiment réagir par rapport à ce sujet déjà connu et exploité. Elle nous a vraiment donné envie de faire passer ce genre de message, mais on ne peut pas dire que dans nos films, notre but premier soit de dénoncer.

Est-ce qu’on peut parler de dystopie ?
Oui, c’est un mot qui caractérise bien les premiers films que nous avons fait. Nos univers sont assez sombres et les personnages sont rarement des héros à qui la chance et tout le bonheur du monde sourient. Je crois qu’on a envie de se détacher du stéréotype du blockbuster et de certains autres films, qui se finissent toujours bien et qui du coup ont pour la plupart une fin trop attendue. On a un côté un peu sadique je crois…

Il me semble que vous aimez les personnages manipulateurs, qu’est-ce qui vous plait chez eux ?
Je pense que l’on est fasciné presque inconsciemment par le rapport entre les humains, de quelque nature qu’il soit. On a souvent eu envie d’opposer notre personnage principal, assez similaire à nous généralement, à un genre de « méchant » charismatique manipulateur. On est plus intéressé généralement par ce que cela peut produire chez notre personnage principal que par l’antagoniste en lui-même.

Comment choisissez-vous vos acteurs ?
Tout d’abord, on pense personnage ! On essaie de trouver un profil qui pourrait convenir à ce dernier. Parfois, c’est un physique spécifique que l’on recherche, parfois, une attitude, une présence… Par exemple, dans l’Acolyte, on raconte deux époques pour un même personnage, alors il nous fallait des acteurs qui se correspondent physiquement malgré une vingtaine d’années d’écart, mais pour le reste de nos films, on se base sur l’attitude, la qualité du jeu mais surtout sur un feeling. Parfois, on se dit : c’est lui qu’il nous faut sur ce rôle, et tout semble évident.
On fonctionne sur un principe de casting (original !), où l’on fait jouer nos acteurs sur deux ou trois situations différentes, en impro ou non !

Qualités d’acteurs :
On se considère comme une grande famille, et nous sommes tous très motivés et sérieux, alors on a premièrement besoin que nos acteurs aient un minimum l’esprit de groupe et une vraie envie de prendre part au projet.
Après, comme la plupart de nos films s’écrivent et se tournent dans un délai assez court, on apprécie les acteurs qui ont une bonne réactivité, plasticité et qui s’approprient le personnage à leur sauce aussi ! Ça montre une vraie implication et ça fait toujours avancer plus vite le tournage.
Du reste, il n’y a pas de vrais critères de sélections. Certains acteurs ont une belle présence de jeu mais très peu d’expressivité corporelle, et inversement… Tout dépend du rôle, et du feeling. C’est très très subjectif et dépendant du moment présent !

Vous participez au 48H hours Film Festival, vous pouvez nous dire quelques mots sur ce festival ? Qu’est-ce qui vous a plût dans ce festival ?
C’est un challenge qui nous laisse exactement 48h (pas une seconde de plus) pour écrire, réaliser, monter, composer la musique, mixer notre film. En bref, à 19h30 le vendredi, on reçoit des consignes (une phrase, un objet, un personnage et un genre), et à 19h30 le dimanche on a un film à montrer. Ce qui nous a plu, c’est qu’en plus d’être un véritable challenge, le 48h film project pousse à être hyper créatif et est simplement une belle opportunité de créer des liens avec son équipe, car comme c’est dur et laborieux, on se soutient tous et ça renforce d’autant plus la cohésion de notre groupe.
Et puis voilà, se dire qu’au bout du week-end on a un film, c’est quand même inédit.

Vous avez remporté de nombreux prix à Atlanta, dont Le prix du meilleur film. Aujourd’hui dans le monde du cinéma les prix ont une réelle importance, est-ce un gage de qualité? Peux-t’on dire que c’est la meilleur forme de reconnaissance?
Gagner un prix est une chose gratifiante mais pour nous la meilleure récompense reste d’avoir réussi à susciter quelque chose chez le spectateur, du rire, de la colère, de l’angoisse…
Disons que les prix nous permettent d’être plus légitime et nous donnent de la crédibilité lors des demandes de subventions ou lorsque l’on monte un projet comme le ciné-concert par exemple. En somme, être récompensés pour nos films nous est vraiment bénéfique.

Des projets, des envies ?
Pleins de projets, pleins d’envies ! On projette de réaliser au moins 4 films avant la fin de l’année scolaire, avec plus que 48h cette fois. Et puis, l’un des gros projet de cette année est de monter un ciné-concert (une projection de nos films avec musiciens, qui joueront les bandes originales des films), qui aura lieu de façon déjà officielle à l’American Cosmograph de Toulouse (ancien Utopia), au cinéma de VEO de Muret et peut-être à la cinémathèque.

Qu’est ce qu’un beau bug pour vous ?
Ça pourrait être un dysfonctionnement, une erreur qui mène à un résultat inattendu et meilleur que celui qu’on attendait à la base. La création est faite d’erreurs que l’on s’attribue et qui permettent d’avancer.

Les indispensables à regarder un dimanche sous la couette ?
De nous : L’Acolyte, La Théorie des Vaches, Horacio
Pas de nous : Grand Budapest Hotel, Whiplash, Sherlock, les Nouveaux Sauvages, The Blues Brothers, Un Air de Famille, Porco Rosso, Le Grand Détournement : La Classe Américaine

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Tendrement,
Alix Darasse,
Le Beau Bug

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