L’Interview d’Isaac Delusion

Le 28 Mai dernier Isaac Delusion était à Lille pour un incroyable concert en 1ère partie de Jungle et on a eu  la chance de découvrir en ‘avant première‘ leur 1er album. Un concert surprenant, qu’ils nous ont donné modestement et pour lequel on les remercie infiniment. Comment vous parlez de ce groupe ‘frenchie’, sans parler de tout leurs morceaux qui sont mieux les uns que les autres. Pour l’occasion nous avons rencontré Loïc, le chanteur du groupe, qui nous a accordé 30 minutes durant une préparation de concert. À l’image de leur musique, c’était un plaisir.

Pour commencer, on a trouvé peu d’informations sur vous sur internet, qu’est ce qui vous a mené à la musique, comment vous êtes vous rencontrés… ?
En ce qui concerne notre rencontre, on était au même collège, on fréquentait les mêmes soirées, on était potes avant de nous mettre à la musique. Après le collège, Jules et moi même, on s’est orienté vers différents domaines, Jules s’est mit à la vidéo, pendant que je faisais des études d’ingénieur de son. Jules est parti en Australie, on s’est perdu de vu. À son retour il avait expérimenté le côté électronique de la musique en faisant des compositions sur son ordinateur pendant que j’étais plus sur le lyrique. Donc on a essayé de mélanger nos connaissances musicales en essayant de faire quelque chose d’hybride entre la connaissance des machines et guitare/voix.

C’est donc la rencontre de ces deux mondes qui a formé le groupe Isaac Delusion ?
Exactement

Beau et Mystérieux, pourquoi avoir choisi ce nom, Isaac Delusion?
C’est un nom à plusieurs facettes. Chacun le conçoit comme il le veut, il y a beaucoup d’explications sans vraiment en avoir.
Peut-être qu’un jour quelqu’un trouvera la provenance de ce nom mystérieux.

Un peu comme Justice avec Only God Know ?
C’est tout à fait ça ! (rire)

L’idée que les gens n’arrivent pas à mettre de mot dessus nous plait.”

Parlons de votre album, comment décririez vous votre musique, les influences, les inspirations, les émotions…
C’est très dur à décrire, c’est une musique qui a été faite avec beaucoup de force et d’influences différentes. On est les premiers à dire que l’on n’aime pas ranger la musique dans une case. Moi j’aime le terme musique Progressive, après le terme plus générique pour le groupe serait plus Electro Pop. Mais ce qui est intéressant dans notre musique c’est que parfois il est difficile à identifier en terme de mot et de placement musical, c’est ce que l’on cherchait, quelque chose avec un brin de nouveauté, d’original. L’idée que les gens n’arrivent pas à mettre de mot dessus nous plait.

On a remarqué une grosse évolution entre votre 1er EP et votre 1er album, comment l’expliquez vous ?
Le 1er EP était des “balbutiements” de ce qu’on était capable de faire, on était réduit à une formation simpliste. On ne travaillait qu’à deux. C’était très minimaliste.
Avec le 2e EP on a bossé de façon plus instrumentale. On a rencontré un bassiste, Nicolas qui a apporté sa touche Funky qu’on retrouve par exemple sur SuperNova et Early Morning. À ce moment on avait une démarche de recherche personnelle et mutuelle, on voulait réchauffer le côté ordinateur un peu trop robotique qui nous déplaisait. Le coté bassiste a rendu la musique plus humaine, plus groovy.
Et du coup pour l’album on a ajouté un 4e musicien, Bastien, qui lui est plus multi-instrumentiste, guitare, percussion, synthé. Du coup on peut vraiment parler d’un groupe avec chaque membre qui apporte ses idées de façon naturelle et spontanée.

Combien de temps avez vous travaillé sur l’album ?
Alors on a passé deux mois en studio mais il y a des morceaux que l’on avait commencé bien avant. Certains ont un an et demi, deux ans comme le premier morceau The Child You Were. Certains morceaux nous on pris 2 à 3 mois c’est un mélange de spontanéité et de recherche musicale assez longue. Il n’y a pas vraiment de généralité dans l’album. Il y a en même une composé au studio pendant l’enregistrement. Parfois c’est très répétitif parfois c’est assez spontané. Il y a un peu de tout…

Sortie le 2 Juin dernier, votre album s’appelle Isaac Delusion. Pourquoi ?
C’est un album éponyme qui est une exploration musicale, une recherche. On a pas forcément trouvé notre type de son donc c’est un album d’identification sonore, un album jeune. On ne pouvait pas vraiment donner de titre à cet album.

“En fait, on aime bien surprendre, casser les schémas rythmiques, parfois ça passe, parfois ça casse.”

Isaac-Delusion-—-6

On tenait absolument à obtenir cette interview, non seulement car on adore votre musique mais aussi parce qu’on a quelques questions depuis l’écoute intégrale de l’album.
Dès la 1ère écoute on a craqué pour ‘A Little Bit Too High’ pouvez vous nous raconter l’histoire de ce morceau ?
 

Oui oui, il y a pas mal de trucs à raconter par rapport à ce morceau il a changé de nom plein de fois, à la base c’était Porn Star car on trouvait que ça faisait musique de film porno mais on a jamais réussi à écrire de parole la dessus donc c’est devenu A Little Bit Too High, l’histoire commune d’un mec qui flashe sur une fille dans un bar et qui pour se donner du courage, picole picole. Au final quand il va la voir c’est une catastrophe. Cette chanson basée sur un thème marrant qui reste timide…

She pretends’, cette chanson douce et sensuel cache-t-elle un message qui vous tient à cœur ?

C’est assez curieux, c’est un morceau mélancolique et poppy à la fois avec des paroles très noires, orienté sur le superficiel. C’est l’histoire d’une jeune femme qui est enfermée dans son monde de superficialité ? Reine de la nuit, inexistante le jour résumant toute une jeune génération basé sur le paraitre.
Par exemple j’aime bien le Velvet (ndlr: Underground ?) avec qui l’on peut retrouver des morceaux très naïfs, avec des paroles très sombres. Je trouve le contraste très intéressant.

C’est bien ce que l’on pensait.
À votre venue au Grand Mix, pour être honnête j’ai été perturbé en live à un moment de ‘Pandora Box’. J’ai cru à un “bug”, mais celui-ci est assumé dans l’album. Il y a également dans cette chanson le seul et furtif passage en français. J’aimerais vraiment avoir une explication.

Le passage en français est venu assez naturellement, à la base je devais composé un morceau français pour l’album et finalement il a pas été mis donc j’ai voulu placé une phrase en français, petite dédicace qui rappel d’où l’on vient…
Pour ce qui est du contretemps je crois voir de quoi tu veux parler, et en faite on aime bien surprendre, casser les schémas rythmiques, parfois ça passe, parfois ça casse.

À votre tour, quelles sont vos favorites ?
C’est dur à dire, ça varie en fonction du temps. Pendant un moment mon morceau préféré a été The Child You Were, la première. Puis c’est passé à The Devil Hand (septième). Ça va et ça vient, c’est vraiment dur à dire on n’a vraiment pas le même rapport avec l’album que celui qui écoute.

Maintenant que votre 1er album est sorti, quels sont vos projets à venir ?
On espère voyager, on a pas mal bossé pour réaliser l’album en live, comme vous avez pu le voir ça rend pas trop mal (rire).
Pour la suite, musicalement parlant je pense que ça viendra assez naturellement.

Quels sont les morceaux que vous avez en ce moment dans vos iPod ?
JungleThe Heat
Chad VangaalenSara
Alt – JHunger of the Pine

Une petite anecdote marrante du groupe pour le Claque Son ?
Justement au sujet du morceau A Little Bit Too High une petite anecdote, on a voulu utiliser un sample du groupe AIR, et un des musiciens nous a dit qu’il n’y avait pas moyen d’utiliser leur sample. Naïvement j’ai cru qu’il ne voulait juste pas car ils étaient des puristes, des musiciens qui ne samplent pas, et par la suite j’ai découvert qu’ils utilisaient des samples dans tout leurs morceaux.

Lors de votre venue à Lille, on s’attendait à quelque chose de lunaire, vous nous avez chauffé crescendo. Le public était très réceptif, comment l’avez vous ressenti ?
J’ai trouvé qu’il y avait une ambiance incroyable, à la base on était pas du tout sûrs de remplir la salle, et de voir du monde, c’était mal parti. On avait à peine vendu 100 préventes. Souvent cette salle du Grand Mix est difficile à remplir. Pour un groupe Parisien comme nous ce n’était pas évident de ramener du monde. On s’attendait à jouer devant une salle à moitié vide. On a été énormément surpris de se retrouver comme ça devant une salle comble et des gens chauds bouillants, ça nous a vraiment étonné. Ce sont des choses qui font ultra plaisir, surtout de voir des gens venus plus pour nous que pour le groupe d’après, un groupe montant de la scène musicale mondiale Jungle. Personnellement ça m’a vachement fait de bien…

C’est ce qu’on avait ressenti, c’était vraiment cool.
Merci, on était ravit, on a pris beaucoup de plaisir de jouer au Grand Mix !

Quel est votre meilleur souvenir de concert en tant qu’artiste ?
La chose la plus incroyable qui me soit arrivée, c’était pour notre ‘realese party‘ le 10 Juin à la Gaité Lyrique, où j’ai fini à la maternité directement après le concert. Je l’avais annoncé au public à la fin, et il m’ont tous attendu après pour me faire une OLA en m’accompagnant au taxi.

Un de nos membres y était et nous en avait parlé de cet évènement justement … C’est un garcon ou une fille alors ? Toutes nos félicitations !!
haha, un garçon, Merci beaucoup.

Comment définiriez vous un Beau Bug ?
Un beau bug ? Tout à l’heure j’écoutais la basse d’un de nos musiciens et du coup j’ai imaginé que l’on était un groupe de SKA genre Ska-P. Le genre de son que l’on écoutait quand on avait 15 ans est que l’on fumait des pets. Je me suis imaginé une reprise de Ska-P.

Du coup votre prochain track sera, Canabis de Ska-P by Isaac Delusion ?
Carrément (rire)

Merci pour cette belle interview, et pour tout ceux qui veulent découvrir ce beau groupe, Isaac Delusion en live, rendez vous le 6 Juillet au Macki Music Festival. Toujours plus de date dans notre calendrier et plus de son sur la BEAUBUG TV dans le Claque Son d’Isaac Delusion.

Tendrement,
Le Beau Bug

 

 

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