L’interview d’Elisa Erka

Elisa Erka sort aujourd’hui son EP, Le Bruit du monde.  Un projet introspectif dont elle nous explique le message et l’univers. Il est temps d’en savoir plus sur cet artiste touche à tout, et c’est maintenant !

1 – Peux-tu te présenter, et décrire ton univers musical en quelques mots ?

Et bien, je fais de la chanson française indie pop ou électro pop. Je suis à la fois comédienne et chanteuse et je fais vraiment les deux. J’écris en français. A chaque fois, je travaille avec des gens différents sur les arrangements, ce ne sont jamais les mêmes personnes. Mais j’essaye de créer une espèce de cohérence avec les groupes ou les personnes avec lesquelles je travaille.

2 – Ton EP Le Bruit du Monde vient de sortir, pourquoi ce nom ? Que voulais-tu transmettre à travers cet EP ?

J’ai écrit la majorité des chansons de cet EP pendant le confinement, le gros, le vener ! Moi j’étais vraiment toute seule sans jardin, sans rien, dans mon petit appart’ à Paris comme beaucoup de gens. Il y a cette chanson le Bruit du Monde que j’ai écrit assez vite et après je n’ai plus rien écrit. C’était vraiment la seule idée créative que j’ai eu pendant trois mois. En gros, c’est vraiment une chanson d’appel à la liberté, à l’extérieur. Elle parle du bruit du monde qui manque dans cet espèce de silence forcé. Je trouvais que les autres chansons que j’avais déjà, Sonate, IvreEnfance, et la Roue avaient du sens dans cet EP. Chacune est très introspective dans son texte et dans sa mélodie. Dans chacune, il y a un espèce appel à l’ouverture, à la liberté, à l’extérieur… Je trouvais que ça prenait sens de les mettre ensemble ces chansons-là. 

3 – Cet EP gravite beaucoup autour des éléments naturels comme l’océan, le vent, le soleil ou encore les oiseaux… Il y a-t-il une raison particulière ? 

Je crois que c’est ma façon d’écrire. Pour parler de quelque chose de concret je vais être très imagé. Je vais parler des éléments, des animaux. C’est vraiment mon champ lexical d’écriture… pas forcément choisi. Je trouve qu’il y a des mots qui s’apparentent à des sensations. Par exemple, il y a des animaux ou des éléments qui se rattachent à des émotions. Notamment l’océan qui revient beaucoup dans mon univers et aussi spontanément dans mon écriture. L’océan c’est un tel appel pour moi (j’ai grandis à l’océan), c’est vraiment, l’horizon, le lointain, l’espoir et en même temps, tu peux te noyer. Il y a beaucoup d’images qui me parlent énormément avec les éléments.

4 – Dans le morceau Enfance, le single de l’EP, tu parles de ton enfance que tu dis « chercher partout ». Pourquoi ? À la fin du morceau, tu affirmes ‘la retrouver partout’. Peux-tu nous en dire plus ?

Cette chanson c’est vraiment l’enfant qu’on a tous, nous, en nous. Ce n’est pas forcément la petite enfance. Ce n’est pas une chanson nostalgique qui dit que je regrette ce temps-là. Je cherche partout ma façon de jouer, ma capacité de m’émerveiller ou comment être connecté à cette joie là tout le temps. Je et on la trouve partout, si on sait où regarder et si on décide d’ouvrir les yeux

5 – Nous avons beaucoup aimé le titre de Monde qui flotte, peux-tu nous expliquer le message derrière ce morceau ? 

C’est une chanson qui est sortie du chapeau il n’y a pas longtemps et que l’on a rajouté à l’EP au dernier moment. Je suis très contente que tu l’ai remarqué, c’est cool !
Je l’ai écrite dans le contexte d’un échec d’audition publique. J’ai fait une émission de télé compliquée, où je me suis fais éliminer très vite. Enfaite les mots  « voter », « éliminer », « aimer », « liker », « suivre » sont d’une violence infinie. On te demande d’être belle, de chanter bien… Il y a quelque chose de très brutal dans le fait de faire bien son taff mais en même temps tu es tellement contrainte que tu ne peux pas bien le faire. En plus de cela, on te demande de faire des choses. On te fait croire que tu peux faire des compo mais on t’impose les choses. Donc j’ai très mal vécu cette expérience et j’ai écris cette chanson. Je l’ai composé avec François Crépu qui est mon musicien qui fait les concerts live avec moi. Il m’a dit : vas-y meuf j’ai une idée d’accords pour toi. Il a trop gérer la mélodie. En la chantant avec lui et en trouvant la top line ensemble, je me suis vraiment dit c’est une chanson qui parle des réseaux sociaux et ce que ça implique. De devoir tout le temps se vendre. Je parle de monde qui flatte et enfaite c’est un monde flottant. Voilà, sur Instagram, tu dois être joli, bien manger, mettre des photos de là où tu es, que c’est très jolie tout ce que tu fais. C’est un monde trop chelou ! Donc oui, cette chanson parle de cet échec là mais elle parle énormément du paraître qu’on vit tous, tous les jours.  

6 – Qu’est ce qui t’as poussé à te mettre à la musique ? Quelles sont tes inspirations ?

Il n’y a rien vraiment qui m’a poussé à la musique. J’avais un piano à la maison. J’inventais des histoires quand j’étais petite avec une mélodie que je faisais moi-même. Je crois que c’est vraiment ce qui me définit parce que je suis comédienne et j’étais plus légitime dans la comédie que dans le chant, ou je me suis plus légitimée… ça je n’en sait rien ! (rires). Mais en gros j’ai toujours aimé raconter des histoires aux gens et le fait de le mettre en musique c’est venu naturellement. Pour moi c’est le même chemin. Le jeu c’est la même chose

7 – S’il y avait une musique que tu aurais pu écrire ça serait laquelle ?

C’est prétentieux de dire ça quand même, mais je pense que j’aurais pu écrire quelque chose comme Nantes de Barbara ou Tous les garçons et les filles, de Françoise Hardy. J’aurais pu écrire quelque chose comme ça… fin j’aurais adoré ! (rires)

8 – Si tu avais la possibilité de collaborer avec un artiste de ton choix, lequel serait-il ?

Il y en a beaucoup avec qui j’aimerais collaborer ! Pour des choix très différents, je vais en dire deux. Polo & Pan, je suis très admirative de ce qu’ils font. Eux, pour driver ma musique, pour l’emmener ailleurs, pour lui donner un coté catchy. J’adorerais qu’ils mixent un de mes morceaux, c’est vraiment un de mes rêves. Et puis… il y a tellement d’artistes mais Lescop aussi j’aimerais bien. 

9 – On a aimé te découvrir dans The Artist sur France 2. L’émission t’a-t-elle ouvert des portes pour ta carrière ?

Voilà je parlais de cette émission (cf q°5). Non, elle ne m’as pas ouvert des portes mais elle m’a fait naitre cette chanson c’est : Monde qui flotte. Ça m’a donné la niak vraiment de ouf pour auto produire mon EP ce qui est pas évident aujourd’hui parce qu’il y a pas de thune. C’est très compliqué de monter quelque chose en musique. Les portes sont fermées en ce moment. Je trouve quand même que c’est méritant de monter un projet en ce moment. Ça m’a permis d’avoir confiance en ca au moins.

10 – Tu as un parcours très diversifié / touche à tout : musique, cinéma, télévision, théâtre … Parviens-tu à gérer toutes ces activités comme tu le souhaites ?

C’est marrant, on me demande souvent ça. Absolument ! Évidemment il y a des choses quelques fois dans l’emploi du temps…là par exemple ça fait deux mois où je n’ai fait qu’ enchaîner. J’ai très peu de jours off. Déjà ce sont des métiers qui se nourrissent constamment et puis il y a toujours un creux quelque part. Quand il y a un creux en casting ciné ou que je joue moins en théâtre, il y a les concerts qui reprennent ou il y a les studios. Quand j’ai moins de dates, je passe plus d’auditions de théâtre et je me consacre à autre chose. J’arrive à gérer le surplus. J’arrive moins à gérer quand il n’y a rien, c’est plutôt ça que je ne gère pas d’ailleurs : quand il n’a pas grand-chose !

11 – Tu préfères : 

– Spielberg ou Shakespeare ?
Holalaaa trop dur, c’est affreux ! Je ne peux pas choisir, c’est des jumeaux pour moi.

– Agir ou penser ?
Agir.

– Hiver ou été ?
Été.

– Enfantillage ou maturité ?
Hmmm… Enfantillage.

12 – Le bruit du monde est ton 3e EP, comptes-tu sortir un album dans les temps à venir ?

Il faut que j’ai un label, alors appel à tous les labels, allez-y ! Je suis prête à sortir un album avec quelqu’un si il me suit. En tout cas j’ai la matière.

13 – Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Que ma musique soit écoutée, qu’elle plaise, qu’elle touche. Qu’il y ai des répercussions sur les autres de ce que je fais, c’est ça qui m’importe ! 

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Tendrement,
Solène DIDELLE
Le Beau Bug.

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