L’INTERVIEW D’EHLA

Crédits Photo : Élodie Daguin

Aujourd’hui, Ehla ne sera pas la seule à danser, on dira qu’on a eu de la chance. Entre les airs enjoués et les paroles profondes, on est quelque part entre l’envie de brûler sur le dancefloor et de se demander si l’on s’appartient tout à fait.

Si l’amour n’est pas fait pour durer, écouter la voix voluptueuse d’Ehla, ça, on sait qu’on le fera encore longtemps. On a trouvé l’antidote qui guérira les blessures qu’endurent les coeurs d’aujourd’hui : il s’était caché entre les lignes. On a même appris à vaincre les nuits blanches et à prendre la vie cool. Pour tout ça, on vous dit Ehla.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Ehla, je suis chanteuse, auteure et compositrice. J’ai sorti un EP fin février 2020 qui s’appelle Pas d’ici et qui a été réalisé par Angelo Foley et Enzo Serra.

2. Ton pseudonyme c’est Ehla. Pourquoi avoir choisi celui-là ?
Je ne voulais pas avoir mon prénom et à la fois je voulais m’en rapprocher. Il y a pas mal d’artistes qui sont dans des personnages quand ils montent sur scène, qui mettent des costumes et qui sont très loin de ceux qu’ils sont dans la vraie vie. Et moi pas du tout. Je voulais une petite subtilité de nom sans que ça ne me change trop de ce que je suis réellement : garder la même douceur que mon vrai prénom, qui est Léa, et on n’en est pas très loin.

3. Dans L’antidote, tu dis “Je vais trouver l’antidote pour ma vie”. C’est quoi pour toi l’antidote et est-ce que tu l’as trouvé ?
Je crois que c’est une question perpétuelle et il y a toujours des problèmes auxquels on cherche des solutions. C’est plus ou moins facile, c’est plus au moins long. L’antidote, c’est trouver des façons de survivre à l’échec, à la rupture amoureuse, c’est tout ça. C’est comment se sortir de toutes les petites problématiques du quotidien, de façon saine, pour continuer à avancer.

4. Dans une interview, tu dis être convaincue qu’on est les seuls à pouvoir se sauver. Est-ce que tu as toujours été persuadée de ça ou tu as parfois eu le sentiment que tu n’y arriverais pas seule ?
Oui, c’est totalement ça. Je pense qu’on est beaucoup d’artistes comme ça. Quand tu commences, tu te reposes beaucoup sur les autres, tu as l’impression que tout seul, tu n’y arrives pas ou que tu ne fais pas les bons choix. Pour beaucoup, on commence en s’appuyant sur les autres ce qui je pense, est un peu une erreur parce que ça doit émaner de nous tout ça. Et puis après en grandissant, on se rend compte que non en fait, le point de départ c’est nous et on doit vraiment être le pilier du projet. Mais il faut un bout de chemin ! Il faut pas mal d’expérience pour s’en rendre compte je crois.

5. Avec la chanson MCMC (Moi Contre Mon Corps), tu parles de tes complexes et de tes incertitudes. Est-ce qu’aujourd’hui tu apprends à être consciente de tes forces et de ce que tu es capable de faire ?
Oui mais c’est vrai que ça prend du temps et malheureusement être une femme en 2020, en 1990, en 1916, on nous en demande beaucoup. Il faut être beaucoup de choses, sur le plan esthétique par exemple. Ça met une pression sociale et elle est installée donc on essaie de vivre avec ça, de ne pas trop y prêter attention et de faire en sorte de ne pas être surchargé par tous ces sentiments un peu lourd quoi.

6. Ça a été compliqué pour toi de t’exposer en faisant de la musique ?
À propos de l’image c’est vrai que c’est toujours compliqué de se voir en photo, en vidéo, c’est assez particulier. Mais c’est aussi positif dans le sens où on se voit sous un autre angle et ça permet d’être parfois un peu moins dur avec soi-même. Dans l’ensemble ça va !

7. À propos de cette chanson, tu as fait un clip participatif. C’était important pour toi de faire participer des gens et de montrer que la question de l’acceptation de soi et de ses complexes est universelle ? 
Oui carrément ! Pour cette chanson, je ne me voyais pas faire un clip toute seule face à la caméra « ça n’arrive qu’à moi ». Même avant le confinement, c’était vraiment une idée importante pour moi que de montrer qu’on est plusieurs à ressentir ça et qu’en fait on est ensemble et que ça va aller, qu’on est tous différents et que tout va bien ! Ce ne sont pas des problèmes si profonds quoi. Tu te rends compte dans ce clip que vraiment personne ne se ressemble et la seule chose qui nous unit c’est d’être des humains et de faire comme on peut avec comment on naît, si on est blond, brun, roux, plus ou moins corpulent, plus ou moins mince. C’était le message.

8. Avant de faire de la musique, tu as eu plusieurs métiers. Est-ce que ça a été une décision difficile ou c’était un besoin viscéral de te t’épanouir dans ce milieu-là ?
Je savais que je voulais en faire mais je ne m’en passais pas capable parce que j’étais très timide. En plus j’habitais dans le sud de la France, donc ce n’était pas le meilleur lieu pour faire ce métier. La première fois que j’ai tenté un casting ça a fonctionné et j’ai été très vite propulsée dans tout ça et j’ai très vite compris que de toute façon c’est ce qui m’animait et c’est ce que je voulais faire au plus profond donc voilà ! On va dire que j’ai un peu forcé le destin !

9. Tu te considères différente de celle que tu étais ?
On se rend compte dans la vie qu’on change énormément et après ça dépend de chaque personne, mais moi je sais qu’en 10 ans,  j’ai pris tellement de maturité et de recul sur beaucoup de choses. Il y a 10 ans, j’étais très très très timide, j’avais aucune confiance en moi, je pensais que j’étais nulle, j’avais besoin de demander l’avis de tout le monde. Je n’étais pas sûre de mes textes, ni de ce que je faisais, pas sûre de ma voix, pas sûre de tout ! Je ne dis pas qu’aujourd’hui je me surkiffe et je me trouve géniale mais c’est juste qu’on apprend à faire avec ses défauts et puis on se rend compte aussi qu’on a des qualités! On est moins dur.

10. Le sud, c’est là d’où tu viens et on comprend que ça compte vraiment pour toi. Est-ce qu’à Paris tu te sens autant chez toi que là-bas ? Est-ce qu’il y a des endroits ou des personnes qui te font te sentir comme chez toi ?
Bizarrement, et en fait c’est un peu commun, mais je me rend compte que les gens qui m’entourent, mes amis, mes potes, c’est pas mal de gens qui sont originaires de provinces. On est beaucoup à Paris à venir de provinces. Je ne le fais pas exprès mais je m’entoure de gens qui ont vécu ailleurs. Après c’est ce que je dis dans la chanson Pas d’ici, c’est que je ne me sens pas vraiment de Paris et plus vraiment de Marseille. Je suis un peu des deux, c’est un mélange, je n’ai pas vraiment de vrai maison quoi ! (rires) Mais j’aime les deux autant l’un que l’autre. Chacun à sa magie.

11. Ton EP Pas d’ici est sorti en février. Tu travailles sur un projet en ce moment ?
Oui! On bosse sur l’album qui sortira en 2021 si tout va bien. On est encore au début : les morceaux sont quasiment prêts mais il y a encore beaucoup de travail sur la réalisation, les clips… Mais oui, il y aura un album qui va suivre ! J’ai hâte !

12. Tu préfères : 

– des vacances à New-York ou une idylle à Majorque ?
New-York ! Franchement, j’y suis allée deux fois et j’ai trop kiffé. C’est la vie quoi !

– la discrète ou la timide ?
Discrète je crois, c’est un peu plus doux. Timide c’est un peu plus dur à surmonter parfois. Discret je trouve ça plutôt classe en vrai.

– maîtriser le breakdance ou maîtriser le jeu d’épaules ? 
Le break ! Trop stylé, j’aimerais trop faire du break dans un clip !

13. Est-ce que tu aurais une anecdote à nous partager ?
Un premier casting que j’avais fait quand j’avais 16-17 ans pour La Nouvelle Star et qui vraiment m’avait presque donné envie de ne plus jamais faire de musique. C’était hyper violent et j’avais vraiment l’impression qu’après ça c’était fini quoi ! Et en fait, pour les personnes qui vont lire ce que je dis aujourd’hui, c’est de se dire qu’un casting ça ne veut rien dire et qu’il faut continuer, se battre et qu’il ne faut jamais lâcher. Surtout qu’être face à trois personnes, ce n’est pas la Terre entière et qu’on pourrait plaire à d’autres ! Il faut vraiment s’accrocher et ne pas s’arrêter trop tôt pendant le parcours. Le chemin est long et ça vaut le coup.

14. Quels sont les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
Je dirais, Songs In The Key Of Life de Stevie Wonder et le premier album d’Alicia Keys, Songs In A Minor. Là j’aime beaucoup Ella Mai, le dernier album qu’elle a sorti est génial. Jungle aussi, qui est un super groupe, l’album est génial, hyper positif, pleins de good vibes !

15. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi un beau bug ?
Une belle erreur ! C’est un peu l’histoire de ma vie moi ! (rires) On fait que ça, se tromper dans sa vie, et le tout c’est de ne pas s’arrêter, de continuer et de se tromper encore mais de chaque fois tirer des leçons. Le Beau Bug, c’est un bug où on a tiré une leçon de quelque chose.

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Tendrement,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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