L’INTERVIEW DE ZED YUN PAVAROTTI

Crédits Photo : manuelobadiawills

Zed Yun Pavarotti est le précieux raviveur de plaies. Celui qui les rend plus vulnérables mais qui les apaise aussitôt. Celui qui donne aux petits riens comme aux grandes choses, la merveille qu’on leur oublie. Seul sur une île ou dans une salle de cinéma, on peut toujours compter sur une chose : l’espoir de voir un jour, notre rêve se projeter sur l’écran blanc.

1. Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Zed Yun Pavarotti, de mon vrai prénom Charlan. Je suis auteur, compositeur et interprète de chansons.

2. Le 9 octobre, tu as sorti ton album Beauseigne, du patois de St-Étienne. Pourquoi lui avoir donné ce nom-là ?
Je voulais trouver un nom qui se rapproche le plus possible de qui je suis et qui me permette de l’aimer pour la vie. Cet album servait aussi à m’ouvrir un peu plus et à plus donner de moi-même. Il fallait un nom qui résonne.

3. Sur la pochette de ton album, on te voit assis sur une chaise, à côté d’une autre vide. Qu’as-tu voulu représenter ?
C’est une manière de dire que j’invite les gens à découvrir mon univers, j’essaye d’être le plus aimable possible et de symboliser le fait que c’est une discussion avec moi-même. Je sais que l’on me fait souvent le commentaire d’écrire des paroles qui n’ont un sens que pour moi. Je voulais symboliser l’entre-deux : le fait que je me parle à moi-même, ça invite absolument tout le monde à pouvoir s’identifier.

4. De quoi as-tu besoin pour écrire ?
J’ai besoin d’un moment propice mais je n’ai pas besoin de choses particulièrement. Il n’y a pas de règles. Je peux travailler en journée comme en nuit, je n’ai pas d’obligations pour m’y mettre.

5. Dans cet album, on retrouve des morceaux très acoustiques et une voix très autotunée. Comment abordes-tu les choses ? 
En réalité, ça dépend beaucoup des morceaux. Sur Mon frère, il y a beaucoup d’autotune parce qu’on l’a pensé comme ça et que ça coulait de source. On voulait plus d’impact, plus d’électricité, mais il y a plein de morceaux où il n’y en a pas comme Interlude ou très peu comme Ta bouche. Ça dépend vraiment mais il n’y a pas de volonté d’opposition.

6. À partir de quel moment te dis-tu que ta chanson est réussie ?
Il me faut une ligne de mélodie qui ne fasse pas décrocher, qui maintienne toujours l’attention et qui raconte une histoire. Il faut une gradation et un final aussi. Mais pas de perte d’énergie et une mélodie qui détruit le cerveau quoi.

7.  Dans le morceau Lalaland, tu dis Je mourrais si je ne l’ai pas mon Lalaland”.  Quel est-il ?
Disons que le Lalaland dans ce truc-là, c’est ce que l’on appelle le bonheur. C’est une manière de dire que l’on s’évertue à courir après un truc qu’on ne trouvera jamais finalement et que le bonheur réside dans ses recherches. C’est plus ça. Justement, il n’y a pas vraiment d’idéal : on s’en invente mais on ne le trouve jamais, ou il y en a toujours un autre après.

8. Dans Merveille, tu dis « Je prendrai tout ce qu’il reste et j’en ferai un tableau ». À quoi ressemblerait-il ce tableau ?
Il ressemblerait à ce que je fais actuellement, à mes albums. Ce morceau je l’avais fait avant mais ça fait quand même écho à la pochette, qui est un tableau. Et puis tout ce qu’il reste, c’est un peu ma vie à St-Étienne et le fait que mes potes et moi n’étions pas du tout prédestinés à devenir populaire. Disons qu’avec ce qu’il reste, puisque maintenant on est parti de St-Étienne pour la majorité, on essaye de faire quelque chose de grand.

9. Le titre Rien est un morceau très fort. Pourquoi l’avoir appelé Rien ?
Il avait un autre nom avant, un peu plus équivoque par rapport à quelqu’un, à une situation. Au final, il s’est avéré que ça ne s’est pas très bien passé et du coup c’était une nouvelle chanson d’amour. Comme ça n’amenait pas forcément la réussite ou des bonnes choses, je me suis dit « en fait il n’y a rien, tout ça ne sert à rien ». Je trouvais ça bien d’appeler un morceau aussi riche, aussi direct avec un discours aussi fort Rien.

10. On ressent parfois dans tes sons le besoin de reconnaissance et d’aide. Qu’est-ce qui peut sauver les gens pour toi ?
Je pense que c’est de se faire peur et d’arriver à se rendre compte que l’on a beau être dans une structure très figée, chacun peut faire ce qu’il veut. Il faut juste arriver à considérer la vie sans structure, se dire que tout est réalisable. Il faut essayer, c’est la seule chose importante.

11. Quel genre d’enfant étais-tu ? De quelle vie rêvais-tu ?
Je n’étais pas trop chiant je pense, j’étais blagueur. Je rêvais de la même chose que maintenant, j’ai toujours voulu m’illustrer et marquer l’histoire. J’ai toujours voulu être riche aussi, depuis que j’ai vraiment 5 ans. Dès mon premier rapport à l’argent, j’ai compris à quoi ça servait. La notion de classe, on la sent très vite, sans complètement comprendre ce qu’il se passe. On sent très vite que tes parents ne font pas la même chose que les autres, qu’on ne part aux mêmes endroits en vacances ou qu’on ne part pas forcément tous en vacances. Tu sens que ce n’est pas normal, qu’il y a une galère et des classes sociales. Ça je l’ai percuté très tôt. J’ai voulu anéantir toutes ces barrières et arriver à un truc un peu légendaire. Après, ce n’était pas forcément en étant chanteur, il fallait que je trouve un truc. Et ce n’est pas encore fait, mais je suis en bonne voie.

Le désir de faire de la musique n’a pas été précis tout de suite ?

Non, la musique est arrivée tard, le choix de faire la musique aussi. J’ai été sportif pendant longtemps, je me disais que je pourrais peut-être arriver à un haut niveau mais j’ai un peu lâché et j’ai fait d’autres trucs.

12. Tu préfères : 

– Rock&Folk ou Marie Claire ?
Aujourd’hui je préfère être dans Marie Claire je pense.

la paix ou la fortune ?
La paix quand même.

– avoir beaucoup de choses à donner ou avoir beaucoup de choses à recevoir ?
Avoir beaucoup de choses à donner.

13. Quels sont tes indispensables musicaux ?
La musique classique en général, après pas tout parce que c’est très vaste mais des choses comme Verdi ou Puccini. Après c’est dur de savoir ce qui restera ou pas dans le temps. Pour l’instant, il y a Jake Bugg sur lequel je reviens tout le temps et son album de 2012. Et puis Les Beatles, Yesterday. Et en rap Temps Mort qui ne me quittera jamais je pense.

14. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi un beau bug ?
C’est quand tu sens qu’il y a quelqu’un qui a envie de t’embrasser et qui n’écoute plus rien, qui regarde juste tes lèvres. Ça c’est un joli bug.

15. Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ?
La gloire et l’argent !

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Tendrement,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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