L’interview de Verlatour

Crédit Photo : Louis Teyssedou

C’est en « première partie » de Digitalism, avec Jacques, Borussia ou encore Kubebe sur la scène lilloise de l’Aéronef, que l’on a découvert Verlatour, et son « studio », oui car en live ce monsieur se déplace avec ses drums, ses synthés et ses boites à effet, enfin, du live comme on l’aime.
Le 25 novembre dernier sortait son premier EP, Romance plein de sensualité à la limite de l’expérimental, autrement dit electronica, un style fortement apprécié chez nous, et bien évidemment on a voulu le rencontrer.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
En marge du projet Verlatour, mon activité principale est d’être musicien, batteur notamment cofondateur du duo électro The Name et collaborateur sur des projets de tout horizon musical, pour ne citer qu’eux, Margaret Catcher Greg KozoLucioleGathaAusterlitz etc
Verlatour est donc mon projet electronica /indie Dance le plus personnel et le plus récent puisqu’il date d’un peu plus de 2 ans. Je suis également co-fondateur du label Bon Temps (Music & Magazine), et D.A en particulier de la partie label dédié à la musique électronique.

2. Pourquoi Verlatour ?
Verlatour
car je voulais trouver un nom avec une consonance moelleuse, avec des affinités de sons cohérents, et y retrouver un côté Français, un peu aristocrate puis que le tout invite au voyage. Le projet est né à Berlin et c’est aussi la tour Fernsehturm emblématique de la ville qui a inspiré aussi le nom, et pour finir mon studio est situé chez moi au 2ème étage, je trouvais l’analogie amusante en ce sens.

En écoutant ton EP, on a pu distinguer deux énergies différentes (sous formes sinusoïdale) commençant en douceur avec Extatique et la douce voix d’Awir Leon, s’enchainant avec Sur tes lèvres un morceau entrainant qui monte en puissance avant de se terminer comme une symphonie, avant de redescendre tout en douceur avec Elixir, qui à chaque fois que je l’écoute, m’envoute, me fait fermer les yeux, et un enchainement parfait avec Au delà qui comme pour le second morceau remonte des les tours, comme si tu avais voulu nous réveiller de ce beau et doux voyage.
3. Peux-tu nous en dire plus à ta manière ?  
Romance, comme son nom l’indique, explore et sonde la fulgurance, l’ardeur et dérive du sentiment amoureux. C’est à la fois simple et limpide et parfois nébuleux et complexe., un thème certes très largement utilisé, mais que je souhaitais travaillé à ma manière. À travers ces 4 titres, j’essaie d’évoquer les différents états que peut procurer ce sentiment, alors en synthétisant beaucoup : de l’apaisement (Extatique) du désir (Sur tes Lèvres), de la tendresse (Elixir), et de la projection (Au delà).

4. Dans ce premier EP tu collabores avec Awir Leon et Richard Allen, comment se sont faite ses rencontres ? Qui est Richard Allen ?
J’ai rencontré François (Awir Leon) en jouant au Reeperbahn Festival (Hamburg) grâce aux efforts de la B.I.C (Brigade d’Intervention Culturelle) et le Patch Picardie en 2014. Nous partagions la scène, lui avec Unno, moi avec Vadim Vernay. J’ai été subjugué par son interprétation et j’ai alors découvert son projet perso Awir Leon dont je suis devenu fan. Je lui ai proposé quasiment immédiatement l’idée d’un featuring, puis lui ai fait écouter quelques tracks. Il a adoré Extatique. Je lui ai laissé carte blanche et ai été touché en plein cœur par sa proposition première.

Pour Richard, c’est un très bon ami que j’accompagne dans un projet parallèle Wolves and Moons (InouIs Bourges 2013), j’ai donc l’habitude de travailler avec lui, il est anglais d’origine, et j’adore son timbre de voix et son accent. C’est exactement ce que je cherchais pour Sur tes lèvres le choix était donc évident.

5. Comment décrirais-tu ta musique ? Tes inspirations ?
J’espère réussir à développer un univers propre, et me consacre à un genre musical, qui va de l’electronica à l’IDM (intelligent dance music), famille musicale dans laquelle je m’identifie.
C’est une musique à la fois cinématographique et dansante avec une pop, les mélodies, les rythmes évidemment et les arrangements y tiennent une place fondamentale, j’essaie toujours de respecter un bon équilibre entre tous ces éléments, pour que se ne soit jamais trop riche ou trop pauvre selon les parties.

Mes influences sont très diverses et n’en citer que quelques-unes serait forcément réducteur. Je n’ai pas de barrières musicales tant que la musique est bien faite et de qualité ! Les influences peuvent être aussi bien musicales que cinématographiques. Pour n’en citer que quelques- une dans le style électronique, je dirais pêle-mêle Siriusmo, BPitch Control, Blende, Anthony Rother, Rone, Vitalic, Recondite, Herbie Hancock, Miles Davis, Who Made Who, Morbid Angel, Takeshi Kitano et John Carpenter (rires).

6. Maintenant que ton premier EP est sorti, tu as des projets ? Une tournée ? Un album en préparation ?
Romance (EP) fait partie d’un diptyque dont le second opus Violence sortira en mars 2017. Je suis actuellement en studio pour finaliser cet EP en parallèle des dates liées à la promotion de Romance
Sur cette fin d’année
25/11 La lune des Pirates avec Naïve New Beaters
26/11 : Festival Bar-Bars et Label Night avec Paisirs et Azur
01/12 au Nuba à Paris
30/12 à La Taverne Duchenot de Saint Omer avec le Berlinois René Schier
Pour les dates de la rentrée, je vous invite à suivre sur les réseaux sociaux puisqu’ elles sont en train de se confirmer.
J’ai remixé Bebebe de Léonard à paraître prochainement sur Leonizer Records ainsi qu’un morceau de Mary Komasa à paraître sur Warner Pologne très bientôt.
Entre-temps je sortirai un Single également pour février et enfin je prévois un premier album pour la fin de l’année 2017/début 2018.

Tu as déjà partagé la scène avec The Hacker, Dj Pone, Superpoze, Salut C’est Cool, Feu! Chatterton, Lilly Wood & The Pricks, Guts, General Elektriks, Digitalism, Jacques, Borussia, et prochainement Naive New Beaters.
7. Quest’ce que ça procure comme sensation d’être au côté d’artiste comme eux ?
C’est très stimulant et gratifiant, un vrai honneur de pouvoir assurer des lives aux côtés de groupes ou de maîtres que tu respectes autant. C’est très motivant de travailler sur ces dates, car il y a un vrai enjeu et challenge, le public est souvent connaisseur, et tu as forcément le souci d’honorer au maximum l’invitation et de faire du mieux que tu peux !
En fait ça ne procure pas une sensation, mais un étrange mélange d’excitation – d’admiration – de stress – d’euphorie – d’anxiété et d’enchantement. (À peu près.)

Verlatour Live
Plutôt

8.1Festival ou concert ?
Festival, car même si j’aime aller à un concert, j’adore les rencontres, les surprises et le côté festif des festivals.  En fait ce qui est bien dans les festival, c’est qu’il y a plein des concerts !

8.2 Métal ou Rap ?
Dur de faire un choix, j’ai commencé la musique par le métal alors je pencherai plus facilement du côté de mes premiers amours bien que j’adore le flow du Hip Hop..  D’ailleurs un des tracks qui figurera sur mon prochain Ep emprunte à chacun des styles…

8.3 Football ou Rugby ?
Aucun des deux je ne suis pas trop le sport, je ne suis pas sûr de pouvoir me positionner à savoir que je préfère voir des personnes courir après un ballon ou avec un ballon… Par contre je suis plutôt corner rentrant que Playmobil.

8.4 Fleur du mal de Bodelaire ou Electrochoc de Laurent Garnier ?
Bien qu’en pleine sorti de Romance et le lien évident au Spleen etc, je dirais Electrochoc, un ouvrage plus moderne sur la façon de faire la fête au 21e siècle !

8.5 Banksy ou Basquiat ?
C’est pas la réponse à une charade ? : mon premier a choisi l’ombre et la clandestinité, mon second la lumière et la notoriété ? En vrai c’est purement subjectif, mais plutôt Bansky.

9. Une petite anecdote marrante du groupe pour le Claque Son ?
Une fois en Suisse nous sommes arrivés sur un festival où nous étions programmés. Organisé sur la place, le festival avait un public très familial- plutôt âgé et très clairsemé.. J’étais avec mon ingé son (Olivier) et nous ne nous attendions donc pas forcément à passer une soirée “mémorable” tant ce n’est pas trop le public visé… c’était sans compter qu’à partir de 23h le programmateur nous dirige vers le club encore vide ou nous devons jouer dans les 10 min… et là très soudainement, en 5 min, le club est devenu bondé d’une tout autre clientèle jeune et festive – et nous avons fait un super Live dans une ambiance de folie. C’était un peu “Une Nuit en Enfer” ce plan – le calme avant la tempête !

10. Qu’est-ce qu’un « beau bug » pour toi ?
Un beau bug, ça serait un insecte barbu, et on l’appellerait BugBearded…

11. Quels sont tes indispensables à toujours avoir dans ton iPod ?
Mes indispensables sont d’abord liés à mon activité de musicien, du coup j’y ai tout le temps les dernières répétitions – EPs – albums des artistes que j’accompagne, ça me permet d’éviter les impairs et de connaitre parfaitement les structures et puis il a y aussi les prochaines sorties du label et de ses artistes. Cela étant dit je suis parfois moins égocentrique du coup on y retrouve toujours une bonne dose de Siriusmo et d’electro, de jazz-funk de la grande époque, du son des copains,  du Radiohead ou du Patricia Kass (ah non ça j’ai arrêté..).

Merci Verlatour.

Petit aperçu de son live où on a découvert Verlatour, moment incroyable à découvrir sans plus attendre pour ceux qui ne l’ont jamais vu.

 

@verlatour #decouverte #live #drummer #thanks @aerolille

Une vidéo publiée par Le Beau Bug (@lebeaubug) le

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Tendrement,
Le Beau Bug

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