L’interview de TAUR

TAUR c’est une pop saupoudrée de finesse et d’élégance, parfumée d’une once de mélancolie, le tout sur fond de sentimentalisme. Après avoir lancé sa carrière solo par deux EP, Gris nuit et Oathbreaker, c’est sur le label Pop Records que TAUR signe un troisième EP de quatre titres. A l’occasion de cette nouvelle sortie nous en avons profité pour un savoir un peu plus sur cet artiste.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots?
Salut ! Je m’appelle Mathieu, j’ai 31 ans et j’essaye tant bien que mal de faire la musique que j’entends dans ma tête.

2. Pourquoi avoir choisi le pseudonyme de TAUR ?
C’est tout bête en fait, c’est l’anagramme de mon nom de famille ! Je n’avais pas envie de faire de la musique sous mon propre nom, et je trouve la suite de ces 4 lettres plutôt belle graphiquement.

3. Si tu devais décrire ta musique, quels adjectifs correspondraient le mieux ?
C’est assez difficile pour moi car c’est très précis dans ma tête en terme de couleurs et de sonorités, mais j’ai du mal à mettre des mots dessus. Je dirai que j’essaye de faire de la pop sincère, brute, mathématique, mélancolique.

Après une année 2016 rythmée par deux sorties de ta part, tu as décidé de ralentir le rythme et pris plus de temps pour la réalisation de TAUR.
4. Est-ce volontaire ?
Oui et non. En fait je travaille à coté, ça me prend beaucoup de temps et d’énergie, et forcément parfois j’ai moins d’opportunités d’écrire. Après il y a aussi l’exigence que j’ai à propos de ce que je produis. Je suis de plus en plus difficile, pointilleux et perfectionniste sur ce que je compose et forcément tout est plus long… C’est un mal pour un bien car je n’ai jamais été aussi fier que sur les derniers titres que j’ai écrit.

5. Le choix d’un titre éponyme pour ce troisième EP est-ce une manière de rapprocher les textes des quatre titres de ton histoire personnelle ?
Je crois que j’avais besoin de dire “Ça y est, j’ai défini TAUR, et c’est dans cet EP que ça commence vraiment”. J’ai mis un an à écrire, enregistrer et produire ces 4 titres, c’est énorme. Cet EP c’est un manifeste pour moi, c’était important qu’il soit éponyme.

Tu as fondé et dirigé le groupe Kid North en 2011 avec lequel tu as sorti deux albums.
6. Comment s’est passé le passage de la musique en groupe à la musique en solo ? Envisagerais-tu de renouveler l’expérience de la collaboration musicale ?
Ça a été difficile, je ne te le cache pas. Il a fallu beaucoup de moments d’introspection pour trouver à nouveau mon son, ce que je voulais dire, dans quelle direction j’allais canaliser mon honnêteté. Être en solo c’est forcément plus compliqué car tu es complètement isolé sur les idées, mais en même temps lorsque tu termines ton travail il y a cette espèce de fierté qui n’existe nulle part ailleurs.
En toute sincérité je ne sais pas encore pour la collaboration. Pour l’instant je ne pense qu’à faire mon album entièrement en solitaire, mais je ne suis pas fermé pour la suite !

Ton univers musical se rapproche de celui de Chet Faker, on a souvent dû te le dire.
7. Est-ce un artiste qui t’a influencé ?
Pas du tout ! Je n’ai connu qu’à travers ses collaborations avec Flume, et je n’ai pas d’affinités particulières avec ce qu’il fait, comme quoi 🙂

Tu participes à la réalisation de tes clips, dont celui pour Midnight, illustrant l’antinomie entre la modernité urbaine et la nature.
8. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la signification de ce titre ?
Le clip de midnight a servi pour moi à mettre en exergue une dualité. Dans les paroles je parle de dualité, mais pas forcément de celle qui est mise en images. L’idée m’est venue quand je suis allé au Canada récemment et que j’ai été frappé par ce contraste permanent.

Dans le clip de The Constant, on te découvre des talents de danseur.
9. Danser dans la rue au milieu des passants était-ce une sorte de challenge personnel ?
Clairement ! J’ai assez peu confiance en moi, et j’ai voulu me pousser dans mes retranchements en faisant quelque chose de difficile pour moi, en plein milieu de la rue et des passants. J’ai ensuite proposé l’idée à des amis et le clip de The Constant est né.

Entre l’écriture des textes, la composition de la musique et la réalisation de tes clips, tu es sur tous les tableaux.
10. Comment arrives-tu à gérer tous ces aspects de ton travail ? Et laquelle des étapes te plaît le plus ?
Je crois que j’ai une bonne capacité à switcher et à organiser mon travail, mais ça reste quand même bien hardcore je t’avoue ! Le problème principal venant du temps que j’ai à ma disposition comme je te disais plus tôt…
Je crois que j’aime tous les aspects, aucun ne ressemble à une corvée (pour l’instant ! ahah), mais mon préféré reste tout de même la composition. C’est un peu maso car c’est extrêmement fastidieux pour moi, mais l’émotion que je ressens lorsqu’un titre est entièrement terminé, c’est vraiment unique.

11. Peut-on espérer la sortie d’un album prochainement ?
Oui ! C’est une des prochaines étapes avec le fait de faire découvrir ma musique en live partout

12. Tu es plutôt…
– Scène ou studio ?
Studio – définitivement – même si je commence à apprécier la scène de plus en plus
– Mélancolique ou la vie en rose ?
Mélancolique mais je fais des efforts 😉
– Ville ou campagne ?
Ville !
– Scène intimiste ou festival ?
Les deux, tant qu’il y a des spectateurs qui ressentent ce que j’essaie de faire passer

13. Une anecdote à nous faire partager ?
La plus récente qui a donné lieu à le plus de blagues avec mon entourage c’est le fait que Strong était orthographiée Stong à sa sortie. Je crois que depuis, plus aucun de mes potes ne l’appelle par son vrai nom.

14. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi, un beau bug ?
Un beau bug, c’est déjà un bug créé sous JIRA avec un titre explicite et surtout une description complète. Il faut bien décrire les différentes étapes afin de reproduire le comportement du bug, puis enfin le prioriser. #brain

15. Enfin, quels sont pour toi les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
Alors je dirais, et j’en oublie surement :
– The Blue Nile – Hats
– Coldplay – Parachutes
– Death Cab For Cutie – Transatlanticism (tous les autres jusqu’à Narrow Stairs en fait…)
– Mew – No More Stories…
– Honne – Warm On A Cold Night
– Wild Beasts – Present Tense
– Ulver – Shadows Of The Sun

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Tendrement,
Chloé Quelennec
Le Beau Bug

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