L’interview de SUNA

Si le single Sometime avait largement dessiné l’univers musical de SUNA, jeune artiste français évoluant dans une veine pop électronique, son premier album Libre Service a bien approfondi et précisé les contours de son projet artistique. Si autrefois le projet se voulait anglophone, aujourd’hui SUNA incorpore au cocktail dansant que sont ses morceaux la voix particulière et reconnaissable de Yumi, moitié du duo Royaume, sur des titres en français et qui ne manquent pas d’originalité ! À l’occasion de la sortie de la reprise surprenante du tube des années 80 Sous les sunlights des tropiques, nous lui avons posé quelques questions sur ces changements qui redéfinissent son identité musicale.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Antoine, je suis originaire de Nîmes et habite Paris depuis 10 ans. Je fais de la musique depuis près de 5 ans sous le nom de Suna~

2. Que signifie exactement SUNA, ton pseudonyme ?
Bonne question ! Je l’ai choisi non pas pour sa signification mais pour son esthétique. Finalement, et par chance, « Suna » trouve de nombreuses significations qui me conviennent tout àfait. Que ce soit en arabe, en japonais ou en indien, ce terme se rapproche du sable, de la notion de temps… Des indiens essaient de communiquer avec moi tous les jours sur Facebook sans que je sache pourquoi d’ailleurs 🙂

“Sometime, c’est l’amour”

Avant de parler de tes sorties plus récentes, je souhaitais revenir sur le titre qui a donné naissance à ton projet : Sometime. Coloré, empli de sonorités que l’on ne retrouve pas à foison dans l’univers pop électro, il est ponctué d’une simple phrase, qui donne son rythme au titre, “Sometime, c’est l’amour”. Seulement trois mots qui évoquent, en allant à l’essentiel, que l’amour est un sentiment qui, pour de nombreux individus, est éphémère et fluctue.
3. Etait-ce volontaire, de ne l’évoquer qu’ainsi ?
Ça fait toujours plaisir de voir que ce titre a pu rester dans les têtes de nombreuses personnes 🙂
À dire vrai, ce sont des mots que j’ai simplement fredonné au moment où la prod commençait à sonner. Trois mots qui me sont venus à l’esprit à ce moment là. Mais après coup j’étais persuadé d’avoir chanté ce qu’il fallait, sans besoin de rechanter avec du « vrai texte ».

Au mois de mars, tu sortais ton premier album, Libre Service, plusieurs années après la sortie de ton premier titre. Au coeur de sa tracklist, on retrouve notamment Perdre la raison, premier single de l’album, en featuring avec Yumi, chanteuse du duo Royaume. Alors là, j’ai plusieurs questions à ce sujet, car non seulement c’est une collaboration inédite, et par dessus tout, c’est la première fois que l’on entend Yumi chanter en français !
4. Qu’est-ce qui vous a donné envie de composer ensemble ? Et comment avez-vous composé ce titre ?
Au début, nous avions le même manager et étions dans la meme maison de disque sans jamais s’être rencontrés. Puis d’une simple rencontre lors d’une soirée dans le sud, le courant était ultra bien passé. Alors j’ai commencé à lui envoyer quelques prods !
Pour Perdre la Raison en particulier, j’avais une loop qui traînait dans mon disque depuis 1 an au moins. Cette boucle avait quelque chose de singulier mais je n’arrivais pas à construire par dessus. Je l’envoie donc à Yumi et quelques jours plus tard m’a donc envoyé sa voix posée dessus à l’iPhone. Et c’était ouf !! Le jour même j’ai fini tout le morceau. Pour la petite histoire, on a essayé ensuite de ré-enregistrer sa voix au studio mais nous avons finalement gardé sa première prise lofi car l’émotion y était intacte.

Et ensuite, question évidente, mais je me dois de la poser ! Yumi m’assurait, lorsqu’elle répondait à mes questions, que chanter en français impliquait un dévoilement plus important de sa personne, rendant la chose difficile.
5. Qu’est-ce qui lui a fait passer le cap du chant en français ?
Elle m’a beaucoup aidé à réécrire mes textes en français qui étaient initialement en anglais. J’imagine que ça la inspiré pour elle-même 😉

J’enchaîne ensuite avec le titre Echo Echo, qui vient récemment d’être accompagné d’un clip. Si l’instrumental se veut légère et douce, les paroles, quant à elles, sont ouvertes à interprétation, bien que l’on devine que ces dernières ont pour thème principal l’amour.
Et cette abstraction, on la retrouve dans beaucoup de tes chansons.
6. Est-ce une question de pudeur, ou une volonté pure et dure de laisser l’auditeur trouver sa propre interprétation ?
C’est exactement ça ! La chanson était initialement en anglais mais parlait aussi d’amour. Au moment de vouloir la refaire en français, Yumi m’a grandement aidé. Elle et moi avons un peu de mal avec les textes trop précis. Les textes un peu plus éthérés me procurent plus d’émotions. J’imagine que c’est aussi une manière de camoufler une forme de timidité.

Ceci dit, le clip qui l’accompagne précise un peu plus le sens des paroles du titre. On remarque, dès la première lecture, que le clip est composé comme une sorte de carnet de voyage, “d’album vidéo” de vacances en amoureux. Ce clip affirme d’autant plus la présence de Yumi au sein de ton projet.
7. Cela signifie-t-il que plus de featurings sont à venir ?
Je ne m’interdis rien pour la suite à ce niveau. Je me laisse aller au gré des bonnes rencontres ! Mais je trouve les featurings plus intéressant quand ils sont rares.

Au passage, tu as eu l’occasion de défendre certains de ces titres en live, parfois plusieurs mois avant leur sortie physique !
8. Est-ce que la réaction du public à tes titres t’inspire, ou te guide d’une quelconque manière dans la composition de tes titres ?
Tout à fait. Mon premier album s’est beaucoup modelé au fur et mesure des concerts. Je pense surtout aux titres Dis Oui issu de mon maxi Surprise Surprise que j’ai joué a chaque concert depuis 2016, ou de So Many Days qui clôture mon live. Cependant je n’ai pas voulu faire un album « dance ». Donc la majorité des titres sont simplement fait pour kiffer dans sa voiture ou en début de soirée !

Il y a quelques jours, on a eu l’occasion d’écouter une reprise pour le moins originale et novatrice, celle de Sous les sunlights des tropiques, véritable tube des années 80. Non seulement l’instrumental est extrêmement différente de l’originale, mais la façon de chanter de Yumi apporte une toute autre dimension aux paroles que l’on connaît tous !
9. Tout d’abord, comment avez-vous fait le choix de ce titre ?
On a eu cette idée sur le rebord d’une piscine à la fin d’une longue journée de répétition ! On se disait mutuellement qu’on rêverai de bosser une reprise. J’avoue que Les sunlights a été énoncé rapidement car le constat était clair : c’est une putain de chanson ancrée dans l’imaginaire collectif français, kitsch à souhait donc avec un fort potentiel pour la retourner. Et aussi car personne ne l’avait alors jamais tentée

10. Et comment avez-vous décidé de sa nouvelle couleur musicale ? Avez-vous été inspirés par quelque chose en particulier ?
Franchement non, on n’y avait pas pensé. Juste après avoir décidé du titre de la reprise, nous sommes allés nous enfermer au studio toute la nuit. Ce n’est que le lendemain en écoutant le résultat au clair qu’on s’est rendu compte du changement de mood ! On n’a pas écouté une seule fois l’original pendant la création pour ne pas trop se faire influencer.

11. Si tu devais choisir entre…
– Chanter en français ou en anglais ?
Français, même si c’est moins évident.
– Live ou DJ set ?
Live !
– Couleur ou noir et blanc ?
Couleur

12. Maintenant que ton album est sorti et que cette reprise est à l’écoute, quels sont tes prochains projets à venir ?
Un EP de remix du premier album est en préparation. Quelques copains s’y sont collés et c’est vraiment cool. Sinon j’ai commencé la création de pleins de nouveaux morceaux. Il y a vraiment de tout. Rien ne dit qu’ils seront sur le prochain album pour l’instant, mais en tout cas j’y travaille !

13. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi, un beau bug ?
Ça me fait penser aux accidents heureux. Il y en a partout et c’est ce qui fait que le hasard est beau. Comme dans la musique par exemple, où d’une simple erreur de manipulation peut découler une idée forte.

14. Enfin, quels sont les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
En ce moment pour moi c’est : Peggy Gou, Ross From Friends, le dernier Thom Yorke. Je viens de découvrir aussi le groupe Khruangbin qui est simplement incroyable. Parfait pour l’été !

Retrouvez SUNA sur les internets :
Site
Facebook
Twitter
Instagram
Youtube
Soundcloud

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

16 − 10 =