L’interview de sarasara

© Claire Fasulo

sarasara; nous vous la présentions récemment dans le cadre de notre chronique sur son album Orgone, sorti récemment sur le label de Björk, One Little Indian Records. La magicienne de l’électro pop sombre a encore fait des siennes, nous envoûtant à coup de titres français et anglais et de mélodies expérimentales aux mille détails. Alors que nous l’avions interviewée à l’occasion de la sortie de la version a capella de son premier album Amor Fati, nous avons, dès la première écoute de son album Orgone, ressenti le besoin de l’interviewer une seconde fois. Et nous sommes plus que ravis qu’elle ait accepté de répondre à nos questions.

1. Je sais que nous t’avions déjà posé cette question, mais peux-tu te présenter en quelques mots, pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?
Je m’appelle Sarasara, j’ai 33 ans, je viens du Nord de la France et je produis de la pop musique.

2. Nous avons noté un changement dans la stylistique de ton pseudonyme avec cette sortie. Auparavant écrit s a r a s a r a, les espaces ont finalement disparu. Ce changement a-t-il eu lieu pour une raison particulière ?
J’en avais marre, j’ai changé d’avis simplement.

3. Avant de s’attarder sur ton nouvel album, tu as pu décliner en de nombreuses versions tes précédentes oeuvres, et les présenter au public de nombreuses manières. Comment tes versions a capella ont-elles été reçues par le public ?
Je pense que dans l’ensemble les gens étaient agréablement surpris, ça créé une atmosphère spéciale sur scène !

4. J’ai aussi récemment remarqué que tu as commencé à tourner en dehors de l’Europe, notamment au Japon ! Comment se passe la tournée, et comment est-ce que le public étranger réagit à tes oeuvres françaises ?
C’était super, je viens tout juste de rentrer. Nous avons passé 6 semaines sur la route, à faire le tour du monde, littéralement. C’était hyper intense, j’ai appris beaucoup, j’ai adoré. Je suis dans la phase de blues un peu ces jours-ci, mais on repart très bientôt pour de nouvelles dates qui seront annoncées bientôt. Les gens ont plutôt bien réagit à la langue française. Les Japonais le parlent beaucoup en fait, plus que l’anglais.

5. Attardons-nous maintenant sur ton nouvel album, Orgone. La première chose que je pense nous avons tous remarqués dès la première écoute, c’est que tu as passé le cap du chant en français ! Forcément, je me dois de te poser la question que certainement tout le monde te pose : qu’est-ce qui t’as donné le déclic ?
J’ai travaillé avec Liam Howe sur cet album, nous avons écrit la totalité en Anglais dans un premier temps, puis j’ai traduit une chanson parce que j’en voulais au moins une. La maison de disque a aimé et m’a proposé de sortir une version traduite de l’album, qui existe donc en 2 versions. Au final, tout le monde a trouvé que le Français sonnait plus exotique, donc on a décidé de garder celle là.

6. Si tous les titres de ton album ont chacun leurs particularités et leur charme, certains sortent vraiment du lot, et c’est le cas notamment de Flatline. Tu ouvres l’album avec un titre à la fois fragile et fort ; ta voix se fait douce pour raconter à l’auditeur une histoire intime et grave. Qu’est-ce qui t’as donné envie de le mettre en premier dans la track list ? Et si ce n’est pas indiscret, peux-tu m’en dire plus sur l’histoire qui se cache derrière ce titre ?
C’est le premier titre que j’ai écris en arrivant à Margate, c’est aussi le premier titre que nous avons travaillé avec Liam. Il parle de pensées noires et d’un moment ou je n’étais pas bien dans ma peau. Les choses ont été en s’améliorant après cette période et sont devenues plus belles, ça faisait donc sens de la placer en premier et de laisser place à d’autres pensées par la suite.

7. Un autre titre qui retient largement l’attention, c’est Into Me See. Doux, calme, à l’atmosphère cotonneuse, il est également accompagné d’un clip dans lequel tu tiens une place centrale. On t’y voit attachée par des cordes et suspendue au dessus du sol. Doit-on y voir là une métaphore de la signification même de ton titre ?
Oui, c’est une métaphore. La chanson parle d’être mal à l’aise face au fait d’être vu, l’intimité. Et puis une fois qu’on a passé le cap, c’est un sentiment soulagement, une sensation de plaisir. Ça fait du bien de ne pas avoir à cacher qui on est au fond. Exactement comme le Shibari, quand on lâche prise, on découvre la liberté et la puissance du corps humain. C’est effrayant au début et quand on passe le cap, c’est l’abandon total, un lâché prise inexplicable.

8. Aussi, et cela a certainement interpellé plus d’un auditeur, tu signes sur cet album un titre en featuring avec Peter Doherty. Comment est née cette collaboration plutôt singulière ?
J’ai rencontré Peter à Margate, en Angleterre, là où je vis. Nous avons partagé un studio pendant presque un an dans la vieille ville. On est devenus bons amis, travailler ensemble est venu de façon naturelle.

9. Et sur Tinkertoy, ce n’est pas seulement le featuring qui interpelle. La mélodie, si singulière, interpelle aussi. L’avez-vous composée à deux ? Quelles sont les influences derrière cette mélodie, qui semble largement s’inspirer des codes de la musique expérimentale ?
Nous avons écrite ensemble oui. Peter joue à la guitare.

10. Ensuite, c’est Tidy Up qui m’a particulièrement marquée. C’est sans nul doute le titre qui se rapproche le plus de tes premières compositions : mélodie sombre, sonorités insolites, paroles quasiment susurrées à l’oreille de l’auditeur. Ceci dit, ce sont des aspects que l’on retrouve peu aujourd’hui dans tes oeuvres. Qu’est-ce qui t’as donné envie de changer ta manière de composer ?
Je n’ai rien changé dans la façon de composer. La manière de chanter est juste un peu plus blues que sur le reste de l’album, c’était l’intention. J’ai écrit cette chanson avec Peter.

11. J’en profite pour te demander si on t’entendra de nouveau chuchoter un jour sur tes titres ? (:
Non, je suis dans la direction complètement opposée en ce moment. Je trav- aille d’ailleurs sur un nouveau projet qui va le démontrer.

12. Si tu avais à choisir entre…
– Europe et Asie ?
All over the world !!!
– Poèmes en prose et poèmes en vers ?
Vers.
– Pour te produire, concert intimiste ou grande scène de festival ?
Festivals.

13. Une anecdote à nous faire partager ?
Un nouvel EP qui sort bientôt, une reprise de Serge Gainsbourg !

14. Tu nous avais déjà donné une réponse, mais peut-être a-t-elle changé ? Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi, un beau bug ?
Every sad thing is a blessing in disguise, i feel the same about it.

15. Enfin, quels sont les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
Voici notre petite playlist de tournée :
Milk – Coppe'
Cinéma – Malik Djoudi
Jesus Dance – Exitman
Protest You – TAMIW
It’s Mine (radio edit) – Monoloc & Daniel Wilde
Angel – Massive Attack
– ナイト クルージング – Fishmans
Augurio – Rosalia

À retrouver ici sur Spotify.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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