L’interview de Royaume

Certainement l’un des groupes les plus prometteurs de la pop music d’aujourd’hui, Royaume est peut-être le duo ayant vécu l’ascension de popularité la plus forte en l’espace de quelques mois. Et si la plupart des groupes de pop d’aujourd’hui parlent d’amour de manière romantique, Royaume, lui, l’aborde sous un angle totalement différent. Saupoudrez le tout de revendications pacifistes et d’arrangements esthétiques, et vous obtenez votre prochaine obsession musicale. À l’occasion de la sortie tant attendue de leur premier EP, Again, nous sommes allés à leur rencontre dans les locaux de PIAS, le label qui les héberge.

1. Pourquoi avoir choisi Royaume pour pseudonyme ?
Yumi : Déjà, on voulait un nom en français, un mot qui parle de suite dans l’esprit des gens, et un mot en plus de ça qui parle de suite de la musique et de son univers. Le mot royaume, quand on s’est dit royaume on s’est dit “mais oui bien sûr” ! Ça va avec la musique, tout de suite tu vois la musique et inversement.
MoonBoy : et avec notre genre de musique ! Et je trouve que quand tu parles d’univers, moi je pense en terme d’image, pas en terme d’espace mais quand tu penses à Royaume, tu peux penser à un pays, à un continent, ou à un royaume comme Disney…

2. Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ?
Yumi : À une soirée ! À tous les coups Fred tu devais boire un kir, et l’alcool aidant on a discuté, et il se trouve qu’on s’est rendus compte qu’on avait les mêmes références musicales, humainement on s’est dit que ça pouvait matcher. Il me dit “on va au studio pour faire des essais”…
MoonBoy : Yumi s’est demandé si c’était pas un plan drague ! (rires)
Yumi : (rires) Du coup tout se passe bien, on se dit qu’il faut qu’on fasse de la musique ensemble, et voilà.
MoonBoy : Moi je cherchais une chanteuse depuis longtemps, j’avais fait des essais avec plein, et aucune ne me convenait jusqu’à ce que je rencontre cette chère Yumi !

Le titre qui vous a propulsés sur le devant des charts, c’est Blue Asphalt.
3. Pouvez-vous nous en dire plus sur la folle ascension à laquelle il a mené ?
MoonBoy : On l’avait mis sur Soundcloud, vraiment à la roots, sans savoir comment ça se passait, une semaine avant on s’était demandés s’il fallait qu’on le mette sur Soundcloud ou sur Youtube, tu vois ! On connaissait pas bien le fonctionnement de Soudncloud, on a découvert son fonctionnement, qu’il y avait des blogs, sur le tas en fait, juste avant de publier le morceau. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il a fallu une semaine, à peu près, pour que le morceau parte dans le monde, sur la blogosphère mondiale, et nous on est restés bouche bée ! Et je me souviens qu’on avait peur que ça s’arrête, quand un nouveau blog faisait un article, on se disait que bon, peut-être que dans trois jours ça va être terminé ! On voyait le nombre de vues, le compteur sur Soundcloud qui montait, qui montait, et à chaque fois on se disait “pourvu que ça dure !”, et le truc a duré plusieurs mois. Ensuite on s’est fait contacter par des gens, des professionnels de plein de pays ! Juste avec un titre.

4. Et l’histoire de ce titre, vous pouvez nous en dire plus sur ce qu’elle raconte ?
Yumi : C’est un peu une histoire personnelle, ça parle d’amour, comme toutes nos chansons franchement (rires), mais là en l’occurrence, c’était plus une chanson pour demander pardon à quelqu’un.

Grâce à ce titre, vous avez eu l’occasion de faire deux sessions live plutôt marquantes : une sur C A VOUS, ainsi qu’une sur Vevo Dscvr, pour présenter votre quatrième titre, If We.
5. Qu’est-ce que l’on ressent, lorsqu’on vit ce genre d’expérience ?
Yumi : euh… c’est hyper angoissant. Personnellement c’est vraiment pas l’exercice que je préfère, je préfère un vrai concert, où tu n’as pas cette impression d’être regardé, en fait. C’est bizarre hein ! Parce qu’à un concert t’es regardé…
MoonBoy : par plus de gens même !
Yumi : par plus de gens, et les enjeux sont peut-être plus gros, mais là c’est hyper bizarre parce que tu fais un concert, mais tu sais qu’en même temps, t’es regardé mais d’une façon qui n’est pas naturelle. Tu as des caméras, c’est hyper compliqué de te relier à l’émotion… en plus parfois tu dois refaire la prise de suite, et en même temps je suis hyper mal à l’aise…
MoonBoy : Se relier à l’émotion, c’est ça qui change beaucoup.
Yumi : oui au niveau de l’interprétation, c’est un peu bizarre comme conditions, et en plus moi je suis hyper mal à l’aise avec les photos, la vidéo, donc il y a plein de fois où j’ai envie de pleurer, mais c’est vraiment du stress !

C’est vrai que ça ne doit pas être simple, quand tu as juste 5 ou 6 personnes qui t’observent. Je me pose la question à chaque fois sur C A VOUS quand je regarde les lives. Il y a juste une table qui vous observe alors qu’en réalité il y a des centaines de milliers de personnes derrière, mais qu’on ne peut pas voir… c’est juste les caméras qui sont là pour le rappeler.
MoonBoy : sur le moment en fait tu n’y penses pas vraiment, au fait qu’il y a des spectateurs. T’y penses toi ?
Yumi : Nan ! C’est pas visible.
MoonBoy : Après voilà, C A VOUS c’est le seul direct qu’on a fait jusqu’ici, mais je me souviens que sur le moment il y a 500 000 personnes qui sont en train de te regarder. Tu joues pour les gens qui sont devant toi, et tu zappes. Et tu penses beaucoup à ce que tu es en train de faire aussi. Du coup tu n’as pas le temps de te concentrer sur le fait que derrière les caméras, les fils électriques et les satellites il y a 500 000 personnes. T’es surtout là à te dire “faut pas que je me plante, faut pas que je fasse une fausse note” parce que là pour le coup t’es en direct et là t’as 500 000 personnes qui l’entende et qui le voie !

Si l’on se concentre maintenant sur votre EP, et plus particulièrement sur les thèmes qu’il aborde, on se rend compte qu’il parle non seulement d’amour, mais aussi d’émancipation, ou encore de la place de la femme.
6. Est-il plus simple d’aborder ces thèmes au travers du prisme de l’amour ?
Yumi : ah bah c’est exactement ce que j’ai expliqué à la journaliste tout à l’heure ! Donc voilààà (rires) merci Cloé ! Mais c’est bien hein ! Tu veux pas faire toutes nos interviews ? J’en ai une tout à l’heure !
MoonBoy : (rires) T’as deux lectures en fait, tu as des histoires d’amour, éventuellement désabusées, et puis une seconde lecture qui peut parler pour le coup de féminisme, après dans d’autres chansons ça peut aussi parler d’autre chose.
Yumi : Et je pense même, j’y ai réfléchi tout à l’heure, le fait que ça passe par des histoires d’amour c’est une manière de prendre l’ordinaire pour le porter vers quelque chose qui est un peu plus extraordinaire, comme un engagement, des valeurs, des représentations. En fait, la plupart des chansons elles parlent vraiment de situations ordinaires, des relations amoureuses, des sentiments que tu as, pour aller vers quelque chose qui a plus de force. Il y a toujours cette double lecture dans les textes.

Le titre qui a annoncé la sortie de l’EP s’appelle Again, titre qui s’est vu accompagné d’un clip. Si les paroles mettent en avant un conseil plutôt étonnant (celui de fuir lorsque l’on trouve l’amour), le clip met en parallèle ces paroles avec un art japonais, le shibari, qui consiste à attacher une personne au moyen de cordes.
7. Pourquoi avoir mis en parallèle cet art avec ces paroles ?
MoonBoy : Je ne sais pas si ça vient du producteur ou du réalisateur à la base, ou des deux, mais c’est eux qui ont eu l’idée du shibari. Et ils ont visé juste ! Entre la métaphore par rapport au fait de se détacher des liens de l’amour et le fait que ce soit un rituel japonais…
Yumi : Et notre positionnement par rapport aux représentations du corps de la femme, etc, c’était parfait.
MoonBoy : En fait c’est nous qui avons demandé à ce que ce soit un mec, pour deux raisons. Déjà, normalement le shibari se fait sur des femmes, très principalement. Du coup on voulait contre balancer ça.
Yumi : Comme avec le gang de filles dans If We.
MoonBoy : Mais c’est toujours pour quelque chose de féministe, entre guillemets. Évidemment pas dans le sens féministe comme certaines personnes peuvent l’entendre, c’est pas du tout ça, c’est dans le sens “défense de la femme”. Défense de la place de la femme dans la société. Donc il y avait déjà ça, et puis le fait de faire le contraire des clips qui montrent tous des femmes à poil. On va rétablir un petit peu de balance.

8. Aussi, pourquoi êtes-vous spectateurs dans le clip ?
Yumi + MoonBoy : C’était la volonté des réalisateurs.
Yumi : Et puis parce qu’on ne voulait peut-être pas faire du lipsync, ou en tout cas quelque chose de classique. On est là, mais on chante à peine.
MoonBoy : Et puis tu vois, les gens ne se rendent pas totalement compte quand ils regardent le clip, mais à certains moments on fait certains gestes, et donc les liens symbolisent les liens de l’amour, les cordes, et donc le mec se détache des liens de l’amour. En fait dans le clip, c’est une séance de shibari, mais à l’envers. Au lieu de se faire attacher il se détache, et nous on le fait ambiance jedi, façon magique, on fait un geste et puis hop t’as un lien qui se défait.

Tous vos clips sont d’une esthétique sans pareille, et mettent souvent en avant des images revendicatrices. On se souvient notamment d’If We, dans lequel une bande de filles jouait au foot avec une poupée Barbie.
9. Est-ce que vous vous considérez comme un groupe engagé ?
Yumi : C’est pas engagé au sens noble du terme, parce que j’estime que je fais quelque chose qui relève du minimum en fait. Quand tu exerces dans un art, le minimum que tu puisses faire c’est d’utiliser ce moyen aussi pour faire passer des messages, et là en l’occurrence ce sont des messages qui sont plutôt à caractère féministe, mais c’est toujours un travail qui est fait par nos propres moyens. Nous on a la musique pour faire passer des messages, on a les images pour faire passer de nouvelles représentations, voilà c’est juste le petit travail qu’on fait. Tu vois, il n’y a rien d’incroyable ! On le fait à notre niveau, et c’est ce que tout le monde devrait faire, pas forcément avec la musique mais avec ce que tu as sous la main, quoi.
MoonBoy : Justement, pour corroborer et élargir ce que tu disais, c’est que justement la plupart des artistes ne le font pas ! Ils se contentent de se montrer eux-mêmes, ils vont se donner une image hyper branchée, mais ça reste quelque chose de narcissique et d’autocentré. Moi je considère qu’on est engagés, justement par rapport à ce que disait Yumi. On fait le choix de le faire, donc je pense qu’on peut se considérer comme un groupe engagé, oui. Après on ne peut pas rentrer en politique, quoi ! Après j’appellerai pas ça le minimum…
Yumi : Non, c’est le minimum que tout le monde devrait pouvoir faire, parce qu’il n’y a rien d’extraordinaire en fait, c’est juste de représenter ce qui est, ce qui existe dans la réalité tu vois. Il y a des rapports de force qui sont homme/femme, de l’homme sur la femme, plein de choses comme ça.
MoonBoy : De forces injustes quoi.

On passe au titre Do You Know, titre qui laisse de côté le beat lourd pour laisser place à une ballade électronique. Ce qui est marquant dans ce titre et d’une manière encore plus forte dans le clip, c’est le côté nostalgique de ta manière de chanter, Yumi. On a la sensation que ces paroles sont une véritable mise à nu, et le fait d’avoir choisi de te montrer face caméra, regard fixe, presque sans dévoiler aucune émotion, ajoute une intensité sans pareille aux paroles.
10. Finalement, est-ce que ce clip a pour but d’illustrer tout ce qu’on souhaiterait dire à une personne aimée, mais que l’on n’est pas capable de faire ?
Yumi : En fait il y a deux choses. Le texte, c’est un peu bizarre, c’est arrivé à une période où j’avais des révélations sur des choses, par rapport à des films que j’avais vus, à des gens que j’avais rencontrés, des discussions que j’avais eues.
MoonBoy : Y a eu Handmaid’s Tale notamment.
Yumi : Voilà, entre autres, par exemple, cette série que j’adore ! C’était une période où j’avais plein de questionnements. Pour moi, ce texte, alors franchement, c’est un des textes les plus métaphoriques qu’il y a. Honnêtement il n’y a pas de narration, mais pourtant j’ai l’impression que ça raconte une histoire. Et c’est pas vraiment moi qui chante, c’est comme s’il y avait une voix qui me disait “regarde là, regarde ça, est-ce que tu comprends ce que tu vois”, qui me désignait des visions, qui sont des métaphores mais qui parle à des choses qui sont hyper viscérales chez moi. Je crois que c’est une des chansons les plus personnelles, et qui pourtant ne l’est pas dans sa forme.

Je me permets de rajouter une question, car depuis le début tu dis que c’est très personnel ce que tu racontes dans tes textes.
11. Est-ce que ce n’est pas gênant, finalement, d’exposer ta propre histoire ? Qu’est-ce que ça te fait, quand tu chantes ton histoire au public ?
Yumi : Alors, déjà j’ai peut-être moins de pudeur que si je chantais en français. La langue anglaise fait que je me mets à distance puisque ce n’est pas ma langue maternelle. J’ai pas la même culture des mots, de leur sens, puisque je n’ai pas grandi là-bas… Donc déjà tu as cette mise à distance qui te permet de te dévoiler davantage que si tu chantais en français. Ensuite, sur scène, quand tu chantes les chansons, même s’il y a la mise à distance, je me sens totalement nue dans le sens où chaque mot que je prononce à un sens. Il me fait penser à quelque chose, il est rattaché à quelque chose de personnel. C’est nécessairement le moment où je suis le plus vulnérable, mais dans le même temps, c’est un moment où je prends le pouvoir sur cette vulnérabilité.

Enfin, le dernier titre sur lequel on se concentrera, c’est Empty Hearts. Retour à un titre plus dansant, mais pas plus joyeux pour autant. Finalement, vous renvoyez une vision assez négative de l’amour dans vos titres.
12. Est-ce simplement pour montrer que l’amour ce n’est pas toujours rose ? Ou est-ce qu’il y a une autre volonté derrière ce choix ?
Yumi : En fait, Empty Hearts elle parle d’un couple, on ne sait pas de quel sexe ils sont, qui a pour dynamique de vivre toujours sur le fil, de faire un peu “n’importe quoi”. C’est ce qui nourrit leur amour, et ils savent très bien que s’ils arrêtaient de le faire, ça ne marcherait plus.
MoonBoy : Et je ne sais pas si toi à un moment tu as voulu mettre ça dans la seconde interprétation du texte, mais pour moi Empty Hearts c’est aussi un truc générationnel en fait. Je vois une première lecture qui, comme dans tous les autres morceaux, qui parle d’un couple, et la seconde, c’est à peu près la même chose, mais tu peux transposer ce tableau à toute une génération qui vit sur le fil. Une génération désabusée, qui se demande ce qu’il va se passer dans l’avenir. On vit quand même dans une époque où l’avenir est particulièrement incertain, et semble particulièrement dangereux, et quand je lis Empty Hearts je pense beaucoup à ça.

Lorsque l’on regarde l’ensemble de vos productions, on remarque que chaque titre a son propre univers, ils peuvent tous exister indépendamment les uns des autres, ce qui est assez rare.
13. Comment est-ce que vous pensez vos productions ? Est-ce que vous privilégiez un certain mode de composition, ou est-ce qu’au contraire vous laissez parler vos sentiments ? Comment procédez-vous pour composer ?
MoonBoy : Il n’y a pas de règle en fait. Parfois Yumi arrive avec des mots sur une mélodie et je vais construire autour, moi parfois je vais envoyer une mélodie à Yumi et elle va mettre des mots dessus.
Yumi : Parfois il m’envoie une prod.
MoonBoy : Parfois je commence par une prod, il n’y a vraiment pas de règle à ce niveau là. On est ouverts sur tout, parfois je participe un tout petit peu aux paroles aussi, pas sur tous les morceaux mais sur certains, puis il y a certains morceaux où je vais avoir une phrase, ou deux, et on va partir de ces phrases, j’en parle à Yumi et on part de ses phrases, c’est super ouvert. J’ai l’impression que la plupart des titres sont partis de compos que j’avais envoyées à Yumi, mais en ce moment par exemple c’est le contraire.

14. En ce qui concerne les clips, c’est vous qui choisissez la manière dont vous souhaitez illustrer vos titres ? Au regard de vos réponses précédentes, on pourrait dire “oui et non”, finalement ?
MoonBoy : Moi j’ai envie de dire oui, dans le sens où, quand on ne nous propose pas quelque chose qui nous plaît, eh bien on le fait nous-mêmes. Il faut vraiment qu’on nous propose un truc qui nous botte vraiment, et même quand ça nous plaît, ce qui était le cas d’Again, on a demandé plein de retouches. Ils sont arrivés avec leur idée de base, on a dit d’accord, mais on va changer ci, on va changer ça…

Je sais que vous venez tout juste de sortir un EP, mais pour vous avoir vu en live plus d’une fois, je sais que vous avez encore plus d’un tour dans votre sac.
15. Est-ce qu’un album est à prévoir dans les prochains mois, voire l’année prochaine ?
Yumi : Le plus vite possible, mais je pense plus que ça arrivera fin 2018.
MoonBoy : Dernier trimestre 2018, ou début 2019.
Yumi : Il va falloir charbonner cet été hein !
MoonBoy : Ouai !

16. Une anecdote à nous faire partager ?
MoonBoy : On a fait une date en Belgique, en province dans une très grande salle, on jouait devant 3, 4000 personnes, ce qui était le plus gros public devant lequel on a joué, et c’est déjà impressionnant en soi ! Et en plus, ils avaient des bracelets lumineux, et je me souviens quand on est montés sur scène, donc on commence à jouer, et là on voit un truc qu’on avait vu jusque là que dans des vidéos, ou qu’on a vu en concert mais que quand on était dans le public quoi. Cet espèce de ciel étoilé, qui est juste en face de toi, complètement hallucinant, des centaines et des centaines de petites lumières comme des petites étoiles. Je me rappelle que ça m’avait donné les larmes aux yeux. Et autre truc qui était plus global, c’était la première partie de MO, à l’Elysée Montmartre, on était un peu en stress parce que c’est une assez grosse star donc qui doit avoir un public de fans. C’était l’Elysée Montmartre, donc 1000-1200 personnes. Comme c’est pas le Zénith, tous les gens qui doivent être là ne sont que des fans. Tu n’as pas beaucoup de gens qui y vont juste comme ça, elle doit avoir assez de gros fans pour remplir l’Elysée Montmartre avec eux. Donc on avait assez peur de se faire jeter, d’entendre “MO, MO !” pendant le concert, tu vois. Et le public a finalement eu une pu***n de réaction, je me rappelle qu’on se regardait pendant le concert on se disait “qu’est-ce qui se passe ?”. Et à la fin du concert, quand on remercie tout le monde et on dit au revoir, on a eu une ovation, et c’était juste complètement fou ! D’autant plus qu’on s’y attendait absolument pas ! On s’attendait au contraire !
Yumi : Alors moi c’est aussi par rapport à ce concert, mais pas du tout par rapport à des ovations ou quoi. Le concert, franchement c’était une belle date, on l’a bien réussi, et quand je suis sortie de scène, j’ai eu cette pensée, “j’aurais bien voulu que ma grand-mère soit là“. Parce que ma grand-mère est archi proche de moi, c’était un peu ma mère quand j’étais petite. Et en fait, je vais dans la loge, j’étais avec mes potes, et là j’entends “toc toc toc” et je vois quoi ? Ma grand-mère, avec une ose à la main. Et là mais laisse tomber, le temps que tu réalises, tu sors de concert, tu vois quelqu’un que tu attendais pas, que tu n’as pas vu depuis des mois, c’était incroyable. Et là j’ai appris qu’elle avait tout prévu, avec mes tourneurs, qu’elle avait appelé la salle, et franchement, il n’y a pas plus belle preuve d’amour ni de plus jolie manière de finir une belle date.

17. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, c’est quoi pour vous, un beau bug ?
Yumi : Un beau bug ? Son cerveau ! (rires, en pointant MoonBoy du doigt). Voilà, ce sera ma réponse !
MoonBoy : Oh, moi j’allais dire une coccinelle !

18. Enfin, quels sont les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
Yumi : Ah oui ! J’ai trop kiffé le dernier Flavien Berger (Brutalisme, ndlr). Parce que franchement, les chansons françaises… bah ça été une claque, parce que c’est une des plus belles chansons de variété française et de pop française qui a été écrite. Elle est géniale. Incroyable. Le clip, génial, et en plus ça faisait longtemps que je m’étais dit “ah c’est bien la variété française”. Parce qu’il y a un côté très variété là dedans.
MoonBoy : Pour moi, l’album Purple Rain de Prince, c’est juste évident, un vrai chef d’oeuvre, et LA chanson Purple Rain, c’est l’une des plus grandes chansons de l’histoire de l’humanité. Et elle a été enregistrée en concert. Ce que tu entends sur le disque, c’est un concert. Il improvise son solo de guitare ! Et les vieux U2 sont fantastiques, de début de carrière.

Retrouvez Royaume sur les internets :
Facebook
Instagram
Youtube

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 − un =