L’INTERVIEW DE KUN OTTO

C’est par hasard que nous avons découvert un jeune rappeur talentueux surnommé KUN OTTO. Une réelle surprise que l’on a cherché à approfondir. Voici notre échange avec lui !

1 – Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle KUN OTTO, j’ai 23 ans et je fais du rap.

2 – Ton pseudonyme est KUN OTTO, que signifie-t-il ?

Alors KUN ça veut dire « le petit jeune » en japonais. Et OTTO, je m’appelle Théo et c’est tout simplement TO en miroir. Tout bonnement !

3 – Joli Coeur est ton tout premier EP. Quel est le message que tu as voulu transmettre à travers cet EP ? 

Très honnêtement, cet EP est assez personnel. Il parle presque intégralement d’une seule et même histoire. Ça a été plus une thérapie qu’autre chose pour moi. C’était pour désacraliser les sentiments et un peu me sevrer d’une personne.

4 – Est ce que ça te tenait à cœur de faire tes premiers pas dans la musique en tant qu’indépendant ? 

Ouai carrément… carrément ! En therme de liberté artistique, et d’une façon générale tu peux faire ce qui te plaît à 100%.
En fait on a une petite équipe très complète et qui pour l’instant fonctionne, mon manager qui est mon meilleur ami, mon producteur qui est un proche, les gars qui ont réalisé le clip, Night On Earth sont des amis d’enfance, ikig, qui est sur presque toute la partie instrumentale était dans ma classe au collège !
On s’est retrouvé tous là-dessus, tous ensemble, sur le même projet. C’était assez fou !

5 – Ton premier morceau de l’EP s’appelle Slowthai. Pourquoi avoir donné le nom du rappeur britannique à ta chanson ? 

Complètement ! C’était quand j’ai recommencé à me remettre vraiment à écrire. Je faisais des trucs, sous un autre nom, un peu plus deep que je ne donnerais pas là ! (rires) Quand je me suis remis à écrire vraiment beaucoup, je n’étais pas forcément au meilleur état de ma vie. J’écoutais Slowthai quand je n’étais pas au top et ça m’a donné envie d’essayer d’autres trucs et de m’y remettre. Je trouvais qu’en intro c’était bien. En plus un son comme ça, sans refrain, où je kick du début à la fin, j’aimais que ce soit un nom d’artiste. Ça me faisait marrer. Ça collait bien avec ce que je voulais dire de l’EP.

6 – Dans le son Sans toi, tu dis “J’deviens c’que j’voulais être, j’crois qu’ça m’effraie”. De quelle frayeur parles-tu ?

C’est bien que vous l’ayez retenu celle-là, j’adore cette phrase ! C’est tout le paradoxe de quand tu es plus jeune, comment tu te vois devenir et ce que tu veux devenir. Puis quand tu te rends compte que tu deviens cette personne-là et que ça ne te plais pas forcément. Tu n’es pas en accord avec ça. Donc il y a un peu tout ce paradoxe entre ce que tu veux être et ce que tu deviens. En quoi ça peut changer enfaite ce que tu voulais être ce n’est pas forcément ce que tu deviens. Je ne sais pas si c’est clair ! (rires). Le fait que les choses commencent à marcher un tout petit peu, enfaite c’est assez angoissant mine de rien sur beaucoup d’autres trucs. Des angoisses que tu n’avaient pas avant arrivent. Tu te dis si j’avais ça, ça irait mieux. Puis quand tu as ça, ça t’apportes d’autres angoisses.

7 – Ton cinquième morceau Guerlain a un beat plus rock, ça change des autres morceaux, c’est cool, mais pourquoi ?

Guerlain c’est le premier morceau qu’on a composé ensemble avec ikig celui qui composé presque tout l’EP. On avait vraiment cette envie de ramener ce côté hyper rock avec une vraie batterie, des vraies guitares. Essayer de faire un son de rap mais en prenant les codes du rock. C’est donc le premier qu’on a fait ensemble et on a passé beaucoup de temps dessus. Il y a eu pas mal de version. Au début il sortait vachement de l’EP mais on s’est dit que c’était intéressant de le mettre à la fin pour que les gens qui vont au bout de l’EP aient une autre facette, un autre côté de ce que je peux faire et de ce que j’aime. J’écoute autant voir plus de rock que de rap. C’était histoire de ramener ça dans le projet.

8 – Dans Lea Seydoux, tu évoques avoir rêvé de scène. As-tu comme projet de te présenter sur scène prochainement ? Et entre nous, tu es fan de Madame Seydoux ?

Oui, je compte complètement faire de la scène, peut-être d’ici aout ou à la rentrée. Sur Paris essentiellement, et on a peut-être une chance de faire des festivals cet été mais rien de sûr. Et Madame Seydoux… ouai ! Elle a un truc d’international, c’est quelque chose ! Puis je trouve qu’elle fait très bien la française à l’étranger, ça marche très bien.

9 – Dès la première écoute on a vraiment accroché à ton flow. Est-ce que tu choisis ton instru avant d’écrire ton texte ou l’inverse ? 

En général c’est l’inverse qui se passe. Je commence très souvent à écrire sur des boucles ou des type beats, pour avoir un rythme en tête que je puisse me caller sur quelque chose. Après je travaille avec des amis sur des instrumentales où on se base ou pas sur ce que j’ai écrit. Mais en général c’est assez rare que j’aie l’instrumental qui va avec le morceau avant d’avoir le texte. Parfois on change complètement d’idée et le son va totalement changer.

10 – Y a t-il un rappeur pour lequel tu as de l’admiration ou auquel tu t’identifies en termes de flow ? 

Des mecs qui m’impressionnent niveau flow y’en a ! mais m’identifier à eux pas des masses. Des mecs comme Alpha Wann que je trouve très technique, très fort sur des placements. Des mecs comme Deen Burbigo en rime ils sont incroyables. Toute la scène de l’Entourage, c’est des mecs avec qui j’ai grandi, qui m’ont beaucoup inspiré. Mais je pense que le mec qui m’a le plus inspiré, plus fait comprendre un truc avec les flows et comment tu peux rapper sur des prods c’est Hyacinthe. C’est le mec qui m’a fait comprendre qu’on pouvait dire des trucs joliment écrit sur de la trap très méchante. Ils m’ont assez influencé en therme de « ok on peut changer les codes ». C’était très très boom bap ce que je faisais quand j’étais plus jeune. Puis après je me suis dit je peux faire autre chose, faire des trucs plus intéressants, plus électroniques. Finalement il n’y a pas trop de limites. Le rap c’est un truc encore en pleine évolution et on peut faire plein de truc avec.

11 – Aujourd’hui de plus en plus de monde se met au rap. Depuis combien de temps prépares-tu ta venue dans le milieu ? Quels sont ceux qui t’ont inspiré ?

J’ai commencé j’avais 15 ans donc ça fait 8/9 ans que je fais ça. 8/9 ans que j’écris vraiment, que je fais des morceaux en studio mais avant c’était dans les MJC du collège, on va dire que c’était moins professionnel (rires). Puis l’idée de faire un EP est arrivé après le deuxième confinement. J’ai beaucoup écrit parce que je n’avais que ça à faire. Je commençais à avoir quelques morceaux. Mon pote faisait des instrus qui me plaisaient bien. On un peu composé ensemble. Puis on s’est dit qu’on avait de quoi faire un petit EP plutôt sympa. Donc j’ai commencé à y réfléchir. Je me suis retrouvé à passer un week-end avec Lord Esperanza. On discutait puis on a fini par rapper ensemble tout le week-end. Il m’a dit « mec on va aller au studio ensemble et tu te bouges le cul quoi », il m’a présenté au studio ect, il m’a un peu accompagné au tout début sur un peu de DA.

12 – Tu préfères? 

– France ou USA ?

France

– Penser ou parler ?

Penser

– Joli cœur ou jolie boule ? 

Joli cœur !

– Rap actuel ou à l’ancienne ?

Rap actuel. En ce moment les trucs qui me font vriller et dans lequel vraiment je me reconnais c’est les trucs de maintenant. J’ai grandi avec le rap à l’ancienne mais ce qui me plais et me parle vraiment c’est le rap de maintenant.

13 – Quel est l’artiste dont tu ne te lasseras jamais ? 

Ha fort… Elle est dure celle-là ! Un Mac DeMarco. Je pense que oui il me fait un truc. C’est de l’indie, un mec un peu cheper. J’écoutais beaucoup tout mon lycée et maintenant je peux écouter tous les jours sans problèmes. Il y a un truc dans sa musique où tu écoutes un album entier on dirait que c’est un morceau et ça passe !

14 – Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ? 

Que ça marche de ouf ! Qu’il y ait mes grosses lettres en rouge sur l’Olympia d’ici deux ans.

15 – Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, pour toi c’est quoi un Beau Bug ?

C’est réussir à trouver le beau dans ce qui peut vraiment ne pas l’être.

Retrouvez Kun Otto sur les internets :
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Tendrement,
Solène DIDELLE
Le Beau Bug

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