L’interview de KLON

Crédits photo : Adriana Pagliai

Ils sont sept, ils vivent ensemble, composent ensemble, créent ensemble, c’est la KLON Family. On a discuté avec tous les membres du groupe qui a sorti son premier EP en juin dernier. Les sept copains nous parlent de Nouveau Genre, un projet entre pop et rock avec des influences diverses et variées.

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Klon, clan, clone

1. Pouvez-vous vous présenter et présenter votre rôle dans le groupe ? 

Aurel, je suis le manageur du groupe, je m’occupe de la communication et de tout le management du groupe.
Zoé, je suis la chanteuse et je fais aussi le piano. Je participe, comme tous les cinq à la compo, à l’écriture des textes et à tout le processus musical.
Nejma, je suis la DA et graphiste du groupe. Je gère toute l’image.
Akra, je suis le chanteur et je suis aussi bassiste. Pareil, dans le groupe de musique je fais aussi partie de la cellule composition, on bosse tous ensemble.
Art, je suis batteur et producteur et pareil, je participe à la cellule de composition et tout le bazar (rires).
Vic, je fais la guitare et du coup pareil, je compose. J’ai aussi un diplôme d’ingé-son et avec Art, on gère toute la partie un peu technique aussi sur les logiciels, en plus de la composition.
Rory, je suis guitariste, je fais partie de la team compo avec les gars, je suis aussi réalisateur et tatoueur. 

Crédits photo : Paul Mérelle

2. Votre nom c’est KLON, pourquoi ce nom ? 

Rory : on voulait un nom efficace, qui esthétiquement à l’oreille sonne bien. Un nom simple, qui sonne international.
Zoé : ça résonne aussi un peu avec clan.
Art : pour le mot clone aussi, pour notre vision du monde qui est un peu la même.
Akra : entre nous on est des sortes de clones mais en même temps on est totalement différent. De base, on s’est retrouvés parce qu’on était quand même dans le même délire. Il y a un peu ce délire d’être un peu critique de la société, d’un monde un peu standardisé.
Vic : et on a su aussi que ça voulait dire jeune pousse en grec, mais plus tard. Ça nous a bien plu. 

« Il faut qu’on kiffe »

3. Comment vous conciliez la vie quotidienne à sept et le travail à sept ? 

Akra : en fait le projet il est tout le temps au coeur de nos vies, de notre existence. Depuis le début. Là ça va faire bientôt six ans, que le groupe, pas KLON mais le collectif qu’on est, existe. Et maintenant, on se réveille KLON, on mange KLON, etc. (rires)
Vic : c’est clair qu’il n’y a jamais de on rentre chez nous et c’est fini. C’est en continu de ouf. C’est une sorte de trip un peu. 
Rory : on est tout le temps dedans. Enfin pas tout le temps d’ailleurs, on essaye de faire la part des choses parfois parce que c’est important de bien compartimenter travail et détente. On s’est rendu compte que sinon il y a des périodes où on met pas assez l’accent sur le fait de prendre des pauses et que ça nous rendait aussi un peu maso.
Akra : on a compris que chiller finalement ça fait partie aussi de notre travail (rires). En fait je dirais que dans KLON y’a chill et c’est important qu’il y ait du chill.
Rory : parce que il faut qu’on kiffe, si on veut faire kiffer les gens. Et si on veut kiffer notre vie et bah il faut qu’on se fasse kiffer. (rires)
Vic : il faut qu’on kiffe tous ensemble aussi. Il ya ce côté où comme dans une famille, il faut partir en vacances. Donc c’est important aussi d’entretenir les relations entre nous. Pas que du travail quoi. Après on s’éclate comme des fous mais c’est bien aussi de faire autre chose. 

Crédits photo : Paul Mérelle

Un produit collectif

4. Et le processus de création à sept ? Est-ce que vous pensez que le fait d’être tout le temps ensemble ça vous apporte une dimension que tout le monde n’a pas ? 

Rory : c’est un peu obligé. Je dirais que même dans toute notre vie, le fait d’être tout le temps ensemble, on ne vit pas la vie de la même manière. C’est comme si tu étais avec ton groupe de potes et puis tu vas en soirée avec, tu vas taffer avec, tu vas sortir avec. On mange ensemble, on mate des films ensemble, du coup oui il y a une dimension à sept, collective, tout le temps.
Zoé : tu te remets vachement en question, t’es obligé d’accepter les différences de chacun, te remettre un peu de côté parfois aussi.
Vic : du coup forcément on a une vision qui est globale à nous sept aussi. On a chacun notre vision personnelle mais du coup il y a ce truc-là où forcément à sept, il se passe quelque chose de différent que si on était chacun de notre côté.
Akra : et au niveau de la composition ça prend vraiment la forme d’un exercice qui n’est pas du tout le même que quand t’es tout seul dans ta chambre. C’est pas du tout pareil. On compose à cinq, parce qu’on est cinq dans le groupe de musique et du coup c’est vraiment un exercice collectif, un peu brainstorming. C’est vraiment un exercice à part. Mais c’est hyper intéressant après, parce qu’ on cherche toujours l’unanimité. On attend toujours que tout le monde soit d’accord avec le truc et qu’on soit toujours tous à fond. On porte tous le projet à fond, on en est tous fiers et ce qu’il émerge de tout ça c’est un produit vraiment collectif et peut-être plus universel que si on était seuls dans nos chambres, à gratter des trucs.
Zoé : oui parce que déjà il faut que ça plaise à sept personnes, donc forcément c’est déjà beaucoup. 

« Dans le vent, laisse-toi aller »

5. Vous avez commencé ensemble en faisant du rap. Votre style a évolué jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui. Comment vous avez réussi à trouver votre identité ?

Vic : alors c’est un travail d’assez longue haleine. Au début quand on a fait du rap on était assez jeunes aussi, enfin on était au lycée, c’était dans l’ère du temps. On a fait le conservatoire pour la plupart, donc on a fait de la musique depuis tout petits et je pense qu’il y avait aussi ce côté là de vouloir faire un truc différent. Au final, ce qu’on fait maintenant ça a été amené aussi par ça. On est revenus à jouer d’un instrument.
Art : on a commencé à faire nos prods nous même parce qu’avant on kickait sur des tie beats, classique. Et dès lors qu’on a essayé de composer, tout de suite, naturellement on a voulu mettre de la guitare, rajouter des instruments acoustiques et de fil en aiguille on en est venu à un truc plus organique.
Akra : dans tous les cas, il n’y a pas eu de moment de rupture. C’est naturellement en fait qu’on s’est redirigé vers ça. Il y a eu un moment où on en a eu un peu notre claque de faire du rap.
Zoé : parce que c’est assez limité aussi, dans le message, dans l’ambiance, etc.
Akra : c’est l’ego trip en fait, quand t’es bloqué dans l’égo trip. Nous à l’époque on faisait une sorte de trap, c’était vraiment de l’égo trip à fond. C’était cool, on arrivait à se faire kiffer là dedans mais en vrai pour réussir à exprimer quelque chose de vraiment sincère, on s’est rapprocher de ce qu’on aimait faire, de ce qu’on savait faire et ça a donné KLON. 

« Faire appel à son imaginaire »

6. En novembre, vous avez sorti West, le deuxième extrait de votre EP, un titre qui donne envie de se laisser aller totalement. Qu’est-ce qu’il raconte ce titre ?

Zoé : West on l’a écrit pendant le confinement, je pense qu’il y avait un peu cette envie de parler de nature, de voyage. On avait un peu en inspi le son Voyage, voyage de Desireless.
Vic : c’était l’évasion, et puis le rêve. Le fait de fermer les yeux et de rêver.
Zoé : de faire appel à son imaginaire.
Art : je pense que quelque chose que tout le monde a eu pendant le confinement c’est un peu de se dire ok j’étais dans ma vie à sortir, à faire mes trucs, etc. Là j’ai du temps pour moi, pour se recentrer sur soi, retourner à l’intérieur et se reconnecter avec son être intérieur.
Zoé : et puis à la nature aussi. Il y a ce truc, de quitter tout le béton. Quand t’es enfermé dans ta maison, tu rêves un peu de sensations, d’espaces verts, de grands espaces.
Art : c’est un peu un chemin intérieur, assez spirituel presque dans un sens, mais qui a pour but de t’envoyer voir le monde extérieur. Un truc un peu psychédélique.
Akra : ça nait de la frustration d’être enfermé. Ce qu’il te reste quand t’es enfermé et que tu peux plus rien faire d’autre, c’est de plonger à l’intérieur de toi-même et de te rendre compte qu’il y a des choses à aller explorer. 

« C’est pas, pas mal d’y croire »

7. Plus récemment vous avez sorti Santa Barbara, le troisième extrait de votre EP. On a adoré le clip, qui nous plonge dans une ambiance hippie dans les années 60. Vous pouvez nous en parler ?

Akra : alors Santa Barbara, c’est marrant parce que c’est un des premiers tracks qu’on a écrit vraiment au tout début de KLON. Je crois qu’on s’appelait même pas KLON encore. En fait on est arrivé dans cette maison et c’est vraiment notre espace qui nous a permis de nous développer. On voulait construire un studio dans le sous-sol. À l’époque c’était vraiment une vieille cave, dégueulasse, sans lumière. On a installé juste notre bureau, le Mac, une station de prod et on a fait Santa Barbara. C’est un titre hyper solaire, qui reste dans notre univers mais c’est un des titres les plus solaires qu’on ait fait. Et pourtant on l’a composé dans cette cave, avec une lumière dégueulasse, dans un environnement hyper glauque. Mais on a fait Santa et on se l’ai trimballé pas mal d’années, on l’a remanié pas mal de fois. Là, ce qui est sorti c’est vraiment la dernière version, le truc qu’on a remis vraiment à notre goût.
Zoé : et du coup le clip, il a ce côté un peu décalé entre Santa Barbara, les grosses paillettes et le soleil, alors qu’en fait on est sur un parking avec des chaises en plastique. Il y a ce décalage qui était aussi une volonté dans le texte quand on l’a écrit, où on s’est un peu amusé des amours séries B. Dont Santa Barbara, la série un peu à l’ancienne, de la génération de nos parents, sur l’amour, hyper cliché. Voilà, on s’est un peu amusé de ça, en essayant de raconter une histoire d’amour de jeunesse, de vacances. Tu y vas avec plein d’espoir, finalement tu te fais un peu larguée mais c’est quand même une belle histoire et t’as envie de la revivre parce que c’est un peu une étape de passage dans ta vie.
Art : c’est l’envers du décor un peu du American dream qu’on attend, un peu facile. Et puis au final c’est toujours plus compliqué quoi.
Ultra : au delà de ça, il y a vraiment l’aspect de l’histoire d’amour. On peut tous tomber dans ce genre d’histoire. Le truc d’histoire d’amour de vacances un peu con et au final tu y retournes. Le clip il est vraiment né de la rencontre avec Aube Perrie parce qu’il a vraiment cet univers là, graphique, un peu californien, teenage qui nous collait hyper bien. En fait on s’est grave compris sur ce délire là. On lui a inspiré un truc, et il l’a mis en images et on est super fiers. 

« On est pas ce qu’on nous propose »

8. Vous venez de sortir votre premier EP qui s’appelle Nouveau Genre. Pourquoi ce nom ? 

Art : parce qu’on avait un titre qui s’appelait nouveau genre déjà, et qu’il est dans l’EP (rires). Il nous semblait être le morceau éponyme le plus puissant, et vraiment ce qu’on voulait dire à ce moment là. Nouveau Genre, on sentait que ça nous racontait bien et que c’est un peu ce qu’on a envie d’être. Nous on s’en fout du genre, on est pas genrés, on est surtout humains et on accepte tout et n’importe quoi. On veut pas être dans des cases. Nouveau Genre c’est justement : on est pas ce que t’attends de nous, on est rien, on est ce qu’on veut, on est pas ce qu’on nous propose.
Vic : on correspond à aucune case, on est un peu de tout. C’est ça Nouveau Genre, c’est ce qu’on a envie de raconter. Arrêtez de nous mettre dans des cases, on est qui on veut et c’est ça le nouveau genre.
Akra : le nouveau genre c’est la liberté. C’est pas une revendication, c’est juste un message de liberté.
Vic : c’est ça qu’on a envie de dire, c’est ce message de liberté, de faites ce que vous voulez et kiffez quoi. 

Crédits photo : Adriana Pagliai

9. Les deux derniers titres de l’EP, Black Suit et Sable d’or sonnent plus rock que le reste du projet. Pourquoi vous avez voulu mélanger ces deux genres ? 

Vic : en vrai je pense que c’est plutôt malgré nous. On écoute de tout, pleins de styles de musique et on a pas envie de se mettre de barrières. On veut avoir ce truc là de liberté, où on fait ce qu’on veut.
Zoé : on a pas de genre musical non plus. West c’est plus électro, Santa c’est plus petite chanson, et les deux derniers titres c’est plus rock. On veut vraiment pas se mettre de barrières
Art : on avait des tracks qu’on kiffait et on s’est dit on veut sortir ça, dans cet ordre là et au final on s’est juste fait kiffé. Les deux derniers tracks ils sont plus en ouverture. L’EP c’est un peu un moyen de nous faire connaître, de montrer ce qu’on kiffe, ce qu’on est capable de faire et derrière après nous ouvrir le plus de portes possible pour se permettre de faire un peu plus n’importe quoi. 

Crédits photo : Paul Mérelle

10. Un prochain projet en préparation ? 

Art : oui on a commencé à composer déjà, pour l’album.
Vic : on aimerais bien enchaîner. On a déjà l’EP et on aimerais bien ne pas trop tarder pour la suite.
Rory : avec le covid on a perdu quasiment un an pour la sortie de l’EP et du coup là on a envie d’enchaîner, de sortir l’album directement.
Zoé : de faire des concerts
Rory : faire des concerts oui, être généreux quoi. Parce que là en un ou deux ans, on a sorti que trois tracks donc on a envie d’envoyer.
Zoé : et puis il y a les clips de l’EP qui vont arriver aussi. 

11. Avec qui vous rêveriez de collaborer ? 

Myd et The Garden ça pourrait être cool. Le trio de l’enfer (rires). Il y en a pas mal, il y a plein de trucs qu’on adore. Mac DeMarco aussi, la frappe totale. 

12. Vous préférez : 

– La chanson française ou l’électro ? 

Aurel : en vrai on écoute pas énormément d’électro à la maison.
Vic : la chanson française pour le texte et l’électro pour danser. Les deux c’est bien (rires). 

– Paris ou Santa Barabara? 

Tous : Santa Barbara !
Akra : on est pas très Paris nous en vrai.
Rory : si quand même ! Mais dans l’idée d’aller vivre quelque part, ce serait plutôt à Santa Barbara. Surtout en ce moment quoi. Paris c’est génial mais quand même le soleil et la plage (rires). 

– Danser ou chanter ? 

Rory : vous préférez votre bras ou votre autre bras ? (rires) 
Zoé : je vais dire chanter quand même.
Nejma : moi je vais dire danser. 
Vic : dancher. (rires)

13. Quels sont vos indispensables musicaux ? 

Vic : moi comme ça, je dirais The Cure.
Zoé : Serge Gainsbourg
Akra : Beach House
Nejmad : Fleetwood Mac
Arthur : The Clash
Aurel : The White Stripes, Jack White même.
Rory : moi Mac DeMarco je pense.

14. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour vous un Beau Bug ? 

Akra : un bug heureux.
Zoé : un hasard chanceux.
Rory : par exemple quand tu vas retirer de l’argent et que la machine bug et qu’elle te donne 10 000 euros (rires). C’est un beau bug ça !
Akra : je trouve ça cool parce que notre monde il est de plus en plus numérique, donc ouais le beau bug c’est peut être un bug mais humain. Tu retrouves un peu d’humanité. 
Vic : c’est imprévu. Ça peut te permettre de trouver un truc auquel t’aurais jamais pensé si il n’y avait pas eu ce problème, cette anomalie. Du coup t’es content d’avoir un truc qui se créé là-dedans.
Rory : quand on fait des tracks parfois, il y a un truc que t’avais pas prévu et ça sonne super bien, ça c’est un beau bug
Zoé : en plus c’est bien, ça détend de penser comme ça parce que ça rend l’erreur beaucoup moins grave. Il y a jamais d’erreur, toujours des beaux bugs. (rires)

15. On peut vous souhaiter quoi pour la suite ? 

Tous : des concerts !
Rory : et de sortir l’album au plus vite. 
Zoé : faire la fête dans la rue.
Nejmad : pouvoir rencontrer les gens, le public. Partager l’EP avec les gens en physique.
Zoé : on est bien à sept mais on a besoin de partager !
Rory : vu qu’on est tout le temps ensemble, c’est un peu comme si on était qu’un donc c’est bien de s’élargir et de voir d’autres gens, ça fait du bien. 

Le mot de la fin : 

Rory : il faut se faire kiffer, il faut s’aimer.
Akra : le maître mot c’est le kiffe, l’amour et la liberté!

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Tendrement,
Valentine de Cormis
Le Beau Bug  

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