L’interview de Kabaka

Aujourd’hui Le Beau Bug vous présente Kabaka, un artiste très talentueux pour qui nous avons eu un coup de coeur immense.

De la house, de l’atypique, des couleurs c’est ce que nous évoque sa musique. Il nous livre sa première interview et nous sommes très fiers de la partager avec vous ! 

Salut peux-tu te présenter en quelques mots ?
Alors je m’apelle Jonathan, je viens d’avoir 23 ans et j’habite à Maisons-Alfort en banlieue parisienne dans le 94.

Pourquoi Kabaka ?
Je suivais un cours d’histoire de l’ Afrique subsaharienne à la fac, on a vu le royaume du Buganda et on appelle le roi de ce royaume “le Kabaka”, je sais pas pourquoi mais ça m’a tout de suite marqué cette appellation.

Parles nous de tes inspirations et débuts dans la musique.
Je suis loin d’avoir une grosse culture musicale, mais je pense que mes inspirations sont assez vaste, depuis petit j’aime bien écouter un peu de tout, j’ai pu avoir une période hip-hop, musique antillaise, black métal, ost de manga, chant grégorien, pour ne citer que ça … Mais au final c’est dans la musique électronique que je me suis retrouvé.
Au collège je m’amusais déjà à faire des beats avec eJay, un logiciel de composition vraiment ghetto mais c’était super marrant, tu pouvais faire des tracks de ouf au final, même si c’était que des loops qu’il fallait assembler.
C’est vraiment à partir de 2012 que je m’y suis mis plus sérieusement, quand j’ai découvert le Petit Social et les autres clubs parisiens. J’ai pris une grosse claque et je m’y suis mis à fond depuis, niveau production. J’ai commencé avec Fruity Loops, maintenant j’essaye de plus trop toucher à l’ordinateur, faire les choses comme à l’ancienne avec une MPC, un Korg M1 et un Roland Juno Alpha 2.
Ma “carrière” de DJ est beaucoup plus récente, je m’amuse avec ma petite collection de vinyle depuis un peu plus d’un an maintenant.

C’est quoi Boukan Records ?
Boukan, c’est un collectif de DJ-Producteurs créée il y’a presque un an par Bamao Yendé. Je les ai rejoint l’été dernier et c’est cool, il y’a plein d’ambition, plein d’énergie dans le groupe. On a pas mal de dates sur Paris, on a sorti deux mixtape et on a plusieurs projets sur le feu ! Y’a pas de barrière sur la ligne musicale, on fait du hip hop, de la bass music, de la house, l’essentiel c’est de faire du boucan comme dirait William (Bamao yende).

On adore ton remix de Oumou Sangaré. Peux-tu nous dire quelques mots sur ce morceau ?
Merci ! À l’origine je comptais jamais partager cet edit, je l’avais fait comme ça, puis j’étais pas très sur de moi, à tel point que je l’ai partagé en mode “artiste inconnu” sur youtube. Par la suite j’ai reçu pas mal de retours positifs et je me suis dit pourquoi pas dire que c’était de moi ! Une version vinyle est prévue, avec un meilleur mixage, moins “lo-fi” mais je ne peux pas en dire plus pour le moment
La chanson originale, “Saa Magni” d’Oumou sangaré est simplement magnifique, sa voix est si profonde, si pure ! même si c’est une musique triste… Les lyrics évoquent la tristesse engendrée par la mort dans l’entourage de la chanteuse. C’est un peu déplacé d’en faire un edit joyeux sur un beat de house quand on sait ça, mais c’est justement après le décès d’un proche que je me suis mis à travailler dessus.

C’est important pour toi de remixer ce type de musique avec autant d’authenticité et de racines ?
 Oui, dans la mesure ou si ça peut aider à promouvoir, faire découvrir le travail d’un artiste, d’un genre musical lié à un contexte, une culture ou une époque particulière un peu oubliée, peu connue du grand public, alors oui carrément !

Que penses-tu de l’expansion de ce mélange House-Chanson du monde ?
Parenthèse à part, je suis un peu fâché contre l’expression “chanson du monde”, c’est tellement vaste et européocentré comme expression je trouve, il faut changer ça !

En général je trouve que c’est une bonne chose, dans un premier temps ça apporte une touche d’originalité à la House, ça montre que le genre est loin d’être mort et en constante évolution, ensuite, ça permet peut-être de faire partager un genre musical dont on prendrait même pas le temps de connaître en temps normal. Après, parfois j’ai un peu l’impression que ça devient plus une tendance qu’autre chose… Il faut se poser les bonnes questions pour ne pas rentrer dans la réappropriation culturelle

Costard ou jogging ?
Jogging nylon Sergio Tacchini et Air max 1997, la base.

House ou chanson du monde ?
Les deux, selon l’humeur, le moment de la journée.

Gros festival ou petite scène ?
Peu importe, du moment qu’il n’y a pas d

Paris ou New-York ?
sur les bords de Marne, à Maisons-Alfort

Quels sont tes projets, tes envies ?
Avoir un meilleur rythme de production, release mes futurs EP sur des labels que j’aime bien, jouer au Panorama Bar, et surtout arrêter de rayer mes vinyles.
La house qui se faisait en Italie au début des années 90 m’a beaucoup influencé ces derniers temps et je pense que ça pourra se ressentir sur mes prochaines productions ! Rdv en 2017.

Qu’est qu’un beau bug pour toi ?
C’est quand tu composes un beat sur ta MPC 2000XL, que tu te trompes de sample mais que le résultat sonne dix fois mieux que ce que tu comptais faire au départ

Les indispensables à avoir dans son ipod.
Mais il y’en a tellement ! pour pas faire trop long je dirais :

Jump Source – All my Love is free
Bambounou & Valentino Mora – Queen André
2 bits crew – Your sun belongs to me
MBG – The quiet
Sottoh – All right
Bamao Yendé – Boukantié
Yuzo Koshiro – Go straight
Mura Oka – 990933
Djeneba Diakite – Liberia
Ti Emile – Marie Jeanne
Oumou Sangare – Saa Magni
Arthur Verocai – Dedicada A Ela
Jean Pierre Sabar – Vai Vai
Sade – Sweetest Taboo
Pete Rock & CL Smoth – You Specialize

Kabaka sur les internets:
Sur Soundclound
Sur Facebook

Tendrement,
Alix Darasse,
Le Beau Bug

 

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