L’interview de Joe

Paola Franker alias Joe a sorti son premier EP, Morphée. La chanteuse, auteure, compositrice et interprète nous raconte la construction et la signification de son projet.

1 – Peux-tu te présenter ?

Je suis Joe. Je suis auteur, compositrice, interprète et je fais de la pop avec des influences jazz et soul.

2 – Ton nom de scène c’est “Joe”, pourquoi ce nom ?

J’ai choisi Joe, ça vient de “Joe la panic”. C’est un délire que j’avais avec mes colocs parce que ça faisait un peu cow-boy. J’aimais bien le côté un peu décalé. Quand j’ai voulu vraiment me lancer dans la musique, j’ai raccourcit Joe parce que déjà j’aimais bien la sonorité et je trouve qu’on s’attend à rien. C’est ni masculin, ni féminin. On s’attend pas à un genre de musique. J’aimais parce que ducoup si on s’attend à rien on est forcément surpris !

3 – Tu viens de sortir ton tout premier EP “Morphée” dans lequel le sommeil est le thème central du projet. Y a-t-il une raison particulière ?  

J’ai choisi de l’appeler Morphée et de traiter du sommeil parce que c’est le contexte dans lequel je l’ai écrit. J’ai des problèmes de sommeil, je suis insomniaque depuis des années. Je me suis mis à écrire la nuit, peut-être que si jamais bien dormi je n’aurais jamais écrit de texte. Ducoup ça revient de ça et ça s’entend et c’est ce qui lie les morceaux dans les thèmes assez nocturnes et c’est aussi assez introspectif. C’est quelque chose qui revient la nuit quand on est pas dérangé par d’autres occupations et que l’on est plutôt seul. Puis même au niveau musical, il y a une espèce de mélancolie et une dynamique assez nocturne. C’était pour pouvoir englober, faire un projet cohérent et pas mettre seulement des morceaux les uns à la suite des autres. Les insomnies font marcher le business !

4 – Dans ton morceau Placeboy, tu dis “j’veux m’adonner, m’abandonner sans me donner”. Comment t’es venu ce jeu de mot absolument génial ?

Ça m’est venu vraiment en jouant avec le mot et sa sonorité. Je pense que le sens il faut un peu se poser pour comprendre exactement ce que ça veut dire parce que ça sonne mais le sens n’est pas évident. J’aime bien le fait que la confusion qu’il en ressort. C’est ça qui m’intéressait, selon les paroles c’est un peu délirant. On est sur de la confusion au niveau du sens et du mot. C’est comme ça que ça m’est venu. 

5 – Miroir est une cover d’Ichon. Pourquoi reprendre une musique de cet artiste en particulier ? 

Je l’ai reprise parce que je l’ai découvert au moment où il a sorti l’album dont est issu Miroir qui s’appelle : Pour de vrai. C’est  un album qui est plutôt pop par rapport à ce qu’il faisait avant. Je trouvais ça super intéressant parce qu’il est arrivé dans un sillon musical très intéressant. Il mixe l’urbain dont il est issu avec la pop très parisienne. J’ai vachement aimé ça. Puis j’aime beaucoup sa manière d’écrire. Il a un côté très nonchalant, même ses mélodies c’est toujours très inattendu et ça me plaisait beaucoup. J’aime bien le thème très introspectif où il y a un espèce de dialogue avec lui-même, son reflet, entre ce qu’il voudrait être et ce qu’il est vraiment où il parle de ses déceptions. Ça me parlait beaucoup et je trouve qu’il l’a très bien traité. Au-delà de ça, même musicalement je trouvais ça intéressant. Le fait qu’il soit issu du rap, vu que je suis pas rappeuse, je trouvais ça intéressant et j’avais l’impression d’avoir quelque chose à apporter de plus. On a pas du tout la même voix, ni la même texture, ni la même manière de poser. C’est ça qui m’intéressait. 

6 – Est ce que tu vis plus intensément la nuit comme tu en parles dans le titre La Vida ?

Je vis complètement plus intensément la nuit. C’est des moments intenses émotionnellement !

7 – Pourquoi avoir fait le clip de La Vida et pas celui d’une autre chanson ?

C’est un morceau un peu particulier. C’est le plus vieux, je l’ai écrit quand j’étais encore au lycée. L’idée m’est venue à ce moment-là, le moment où on se découvre vachement. Mais c’est sûr que c’est un des premier morceaux que j’ai composé, envoyé aux deux garçons avec qui je travaille et avec qui j’ai composé l’EP en entier. J’avais l’impression que la boucle était bouclée. Donner une imagerie à ce morceau me semblait logique. C’est venu presque naturellement de le faire pour celui-là, il donne plus à visualiser. Il a un côté cinématographique dans les paroles. C’est des paroles assez évocatrices, plus que descriptives ou narratives. Je trouve que c’est un morceau important car il est un peu à l’origine de tout ce projet. 

8 – Peux-tu nous expliquer ton processus de création ? 

Ça dépend vraiment des moments et avec qui je vais créer aussi. Je bosse avec plusieurs personnes, j’aime bien faire des collab ! 

Mais quand je suis toute seule, je vais souvent prendre ma guitare ou mon piano et faire une petite grille d’accord que j’aime bien. Je me met à chanter dessus et les paroles vont venir comme ça : au fur et à mesure. A force de faire, de refaire, de refaire … la petite mélodie ! C’est ce que j’ai fait pour le Blues ou La Vida par exemple. 

Il y a des morceaux ou je vais commencer à écrire un texte comme de la poésie et la musique va venir après et c’est le cas pour Placeboy. J’ai écris un texte qui est devenue une chanson. 

Après quand je travaille avec d’autres gens,, soit on compose ensemble, soit on propose des prods et on les réarrange ensemble. 

9 – Quel a été ton déclic pour te mettre à la musique ?

J’ai pas vraiment eu de déclics parce que je crois que je l’ai toujours su en soit. Comme toutes petites filles, quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je voulais être chanteuse. Puis c’est rester parce que l’on m’a encouragé aussi là dedans. On m’a encouragé à prendre des cours, on m’a dit que je savais le faire. C’est vrai que pour moi c’était aussi facile de le faire, donc c’était une manière de m’évader de l’école. J’ai toujours eu ce truc de, “je veux continuer à créer”. Le fait de vraiment en faire en quelque sorte mon gagne pain, je dirais de voir que c’était possible

Quand j’ai emménagé à Paris, quand j’ai rencontrée les bonnes personnes avec qui j’ai collaboré. Lorsque l’on m’a proposé des choses un peu plus sérieuses, j’ai compris que ce que je voulais c’était possible ducoup j’ai voulu le faire. 

Les gens ils sont déter à Paris, ils sont dynamiques !

10 – Quelles sont tes inspirations ?

Elles sont diverses et variées ! C’est vrai que les principales ça reste le jazz et la soul. Je pense que ça s’entend dans ces sonorités là. Après, dans le français il y a beaucoup de Barbara, Gainsbourg, dans les jeux de mots et dans la manière de poser et de chanter. Dans ce qu’il y a de plus récent, il y a Ichon forcément. J’en parle tout le temps ! Et je parle aussi souvent de l’Impératrice parce que je ne suis pas fan de beaucoup de choses, mais elle j’en suis complètement fan. Le dernier album m’a vachement inspiré. Puis il y a aussi pas mal Luidji. Après j’écoute vraiment énormément de choses, je considère que plus on écoute des choses et plus on est capables de créer des choses singulières en ayant le plus d’influence possible.

11 – Avec qui rêverais-tu de collaborer ?

Hmmm … le top, masterclass ? J’aurais tendance à dire Ichon souvent. Je pense que c’est toujours le cas. Je pense que ça serait vraiment super intéressant de mixer les choses qu’il fait. J’ai l’impression que ça pourrait vraiment marcher musicalement. 

12 – Tu préfères :

  • Nuit ou jour ?

Nuit !

  • Destin ou hasard ? 

Le hasard.

  • Morphée ou Orphée ?

Mmmmh … Orphée.

  • Barbara ou Gainsbourg ?

Waaa c’est dur! Je vais dire Barbara.

13 – Une anecdote à partager ?

La première personne qui a écouté Blues, c’était par accident. Et en fait j’aimais pas du tout ce que j’avais fait. C’est une amie à moi qui m’a entendue au loin. Elle est rentrée dans ma chambre en disant : “Oh mais qu’est ce que c’est, c’est génial !”. Moi j’y croyais pas du tout. J’imagine que sans cette personne là, et sans ce moment, j’imagine que personne aurait entendu parlé de Blues

Je pense qu’elle est particulière celle-là. C’est la première sortie et il y a eu un engouement. Je pense qu’elle me touche peut-être plus. 

14 – As-tu d’autres projets en tête ? 

Là je t’avoue qu’on vient de faire un concert avec Cookie Records. Ça s’est vraiment trop bien passé. Ca nous as trop donner envie de faire plein de concert donc on va essayer de chercher un peu à droite à gauche pour être programmé. Après oui, moi je me projette déjà sur un deuxième EP, voir peut-être ça peut devenir un album … on sait pas ! Donc là on est plein dedans avec les deux garçons avec qui j’ai composé Morphée. On est vraiment en train de réfléchir, on a déjà fait des maquettes. On est à fond dedans là !

15 – Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ? 

D’avoir encore un max d’insomnie pour pouvoir encore écrire plein de morceaux ! (rires) Je sais pas si ça serait de bien dormir ou de pas dormir. Un peu des deux !

16 – Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, pour toi c’est quoi un Beau Bug ?

Un Beau Bug pour moi ça serait quelque chose de surprenant et d’inattendu, quelque chose qui s’arrête de fonctionner où plutôt comme un redémarrage ou une réinitialisation où tout peut se passer. J’ai l’impression que c’est plutôt ça. 

Retrouvez Joe sur les internets :
Instagram
Facebook
Spotify

Tendrement,
Solène DIDELLE
Le Beau Bug

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

dix-sept + dix =