L’INTERVIEW DE JARON MARSHALL

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C’est au sommet de Lille que l’on a rencontré JaRon Marshall, surplombant de son talent la ville qu’il venait conquérir avec Les Black Pumas, groupe nominé plusieurs fois aux Grammys, dont il est le claviériste.
JaRon Marshall, impatient d’élargir ses horizons, écrit de ses dix doigts la musique née du mariage entre le funk, le jazz, le R&B, la néo-soul et le hip-hop.

1. Peux-tu te présenter toi et ta musique pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas encore ton travail ?
Je m’appelle JaRon Marshall, je suis un musicien américain. Ma musique, je dirais, est un mélange de soul, de jazz et de hip hop. Le tout combiné en un.

2. Tu as commencé la musique à l’église. Comment ça a commencé pour toi et comment es-tu parvenu à être aussi polyvalent ?
À 11 ans, j’ai rejoint le groupe du collège et j’ai commencé par jouer du clairon. J’ai simplement transféré les capacités que j’avais à lire la musique et mes parents m’ont offert un piano pour Noël cette année-là. Ma mère était très impliquée dans la vie de l’église et elle a réussi à m’y faire entrer. J’ai trouvé mon mentor, David Mitchell, qui m’a pris sous son aile et s’est assuré que je lisais correctement la musique et tout le reste. Il m’a permis de jouer toutes les semaines environ. C’était entre mes 12 et 15/16 ans.
Quand je suis vraiment devenu un adolescent, je voulais juste être cool et je ne voulais pas aller à l’église tout le temps mais c’était une bonne époque.
Je repense toujours à ces moments où les gens ont pris le temps de s’occuper de moi et de cultiver mes compétences, et puis, quelques années plus tard, j’ai vraiment commencé, en même temps que le piano, à travailler sur le séquençage de la musique et à faire des beats, des pistes, des chansons.
En fait, j’ai écrit ma première chanson et ses paroles avant même de commencer à jouer de la musique au piano.
Vers 14/15 ans, j’ai commencé à faire des morceaux sur le logiciel que j’utilise toujours, FL Studio. Donc oui, j’ai commencé à faire de la musique de cette façon, j’ai cultivé cela depuis et j’essaie toujours d’apprendre autant que possible chaque jour en écoutant de la nouvelle musique et en faisant de la nouvelle musique.

3. Tu as 28 ans. À un jeune âge, faire partie d’un groupe qui a été nommé plusieurs fois aux Grammys, qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
C’est très inspirant. Si je gagnais un concours, j’avais le droit d’aller aux Grammys, sans parler du fait que je pouvais jouer avec le groupe, m’asseoir au premier rang et être inspiré par tout le monde chaque jour. Et même la deuxième année, j’ai pu jouer sur scène avec les plus grands artistes du monde : Harry Styles était là, Billie Ellish était dans sa loge, donc c’est juste incroyable. C’est vraiment inspirant et ça me permet de savoir que je suis sur la bonne voie. Je n’ai pas à remettre en question ma passion, je sais juste que je suis destiné à faire de la musique et c’est une belle chose.

4. L’année 2020 a été importante pour toi, tu as sorti plusieurs projets solo comme l’EP The Prequel ou The Gold Tapes. Comment a débuté ton projet solo ?
Ça a commencé avec les Black Pumas, en février 2020. J’ai fait la première partie de la tournée au Royaume-Uni et en Europe et ils m’ont laissé ouvrir le spectacle à condition que je sorte de la musique, ce qui m’a en quelque sorte poussé à le faire. J’ai toujours eu peur de sortir de la musique, mais ils m’ont permis de le faire et d’avoir une raison de le faire. Surtout cette année, on a pu prendre du recul étant donnée que l’on n’a pas pu faire de tournée ou jouer de la musique en direct. J’ai pu travailler sur la musique jour et nuit. Je me suis fait de nouveaux contacts en ville, dans le pays et dans le monde entier pour pouvoir continuer à faire de la musique.

5. Qu’est-ce qui t’inspire ? De quoi as-tu besoin pour composer ? Et quel est ton processus créatif ?
En tant que pianiste, j’ai l’impression que le fait d’être au piano est tout ce dont j’ai besoin. Aujourd’hui, j’étais assis à un piano dans une gare près d’ici, j’ai improvisé et composé quelque chose et juste après. Je suis allé dans ma chambre d’hôtel et j’ai fait une démo. Ça a pris forme, une chose après l’autre, et ça deviendra un jour une chanson. En tant que musicien qui joue du clavier, le simple fait de pouvoir s’asseoir là est la chose la plus inspirante, sans compter le fait que j’écoute toujours de la musique, ce qui en est une grande partie.

6. Tu parles de sujets engagés, notamment avec The Black Power Tape. Es-tu convaincu du pouvoir et de la force de la musique pour faire bouger les choses qui ont besoin de l’être ?
Je le suis, oui. Je dirais que la musique a ce truc de diminuer nos inhibitions et de nous permettre de faire passer des messages facilement. Parfois, elle fait passer des choses qui ne sont pas nécessairement bonnes ou mauvaises, mais une chanson ça peut aussi être  » Hey, on est dans un bar, on boit quelques verres « , non ? Mais si la chanson a un bon message, il peut entrer dans le cerveau facilement. J’ai l’impression que le pouvoir de la musique, des paroles et des chansons, ainsi que l’influence des musiciens, font l’admiration des gens pour les musiciens.
Je racontais hier l’histoire des fans qui m’attrapaient et tout ça, et c’est drôle parce que le niveau d’influence que vous avez, le pouvoir que vous avez, c’est intéressant, alors j’essaie de l’utiliser pour le bien plutôt que pour le mal.

7. Comment vois-tu ta musique, les considéres-tu comme des histoires ?
En fait, oui. The Black Power Tape, que j’ai sorti avant The Prequel, c’était un acte, comme un livre d’histoire.
Lorsque j’ai organisé The Prequel, et décidé du début et de la fin, si vous entendez l’intro, c’est la même clé, le même tempo que l’outro, j’ai juste réharmonisé certains des accords. J’essaie toujours de penser à ces morceaux comme à des histoires : l’introduction, l’action qui monte, le point culminant et la résolution.

8. À quel moment te dis-tu que ton morceau est terminé ? Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il soit réussi pour toi ?
C’est drôle parce que d’une certaine manière, ce n’est jamais fini, surtout une fois que tu joues la chanson en live, tu en as différentes réitérations et tu es capable de la voir de différentes manières si tu la joues avec un autre bassiste, un autre batteur, ce sera différent à chaque fois, en fonction de ton humeur.
J’essaie de penser que moins c’est mieux. Comme cette chanson d’Usher qui passe en ce moment par exemple, vous pouvez entendre la basse, la batterie, la percussion au-dessus de la batterie et ensuite juste la guitare qui fait les accords, le chant et c’est tout. Il n’y a pas besoin d’y ajouter 10 ou 20 choses. Je suis un minimaliste quand il s’agit de musique.

9. Tu préfères : 

– la soul ou le funk ?
Je dirais la soul. Le funk a été une sorte d’option cool dans le sens où ils se sont éloignés de la source. La musique funk était une sorte de musique punk. Pensez à Georges Clinton, des gens comme ça, ils étaient contre le système mais maintenant le funk est devenu ce truc où il n’y a plus de nuances.
Je trouve qu’il y a des groupes, fraîchement sortis des écoles de musique, qui font leur propre version du funk et c’est un peu ringard, ce n’est pas la même chose. Mais heureusement, j’ai l’impression que la musique soul  conserve son pouvoir parce que c’est en fait de la musique gothique séculaire. C’est une musique importante.

– hier ou demain ?
Demain, je regarde toujours vers l’avenir. À chaque fois qu’il se passe quelque chose dans ma vie, je me demande ce qui va se passer après !

– Windy City ou City Blues ?
Oh City Blues ! Windy City, c’est cool parce que je l’ai fait à Chicago dans un Starbucks. Mais City Blues, c’est une chanson vraiment importante pour moi.

– Sound of the heart ou Sound of the spirit ?
C’est marrant parce que la nouvelle définition du coeur, c’est vraiment comme l’esprit. Donc je dirais Sound of the Heart. C’est ma nouvelle préférée sur l’EP, je l’ai beaucoup écoutée.

10. Que pouvons-nous te souhaiter pour l’avenir ? 
Pour l’avenir, j’espère plus de composition et un album, c’est ce à quoi je pense, donc je suis excité à ce sujet !

11. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi pour toi un beau bug ?
Je suis allé voir l’exposition de Banksy à Bruxelles et il a parlé des rats, des souris, des rongeurs. J’ai trouvé ça intéressant. En gros, ils ne reculent pas, ils seront toujours les premiers et les derniers à arriver et je pense la même chose des insectes. Il peut y avoir des insectes dans le bâtiment en ce moment, qui vivent et prospèrent dans une situation à laquelle la plupart des gens ne pourraient pas survivre.

Retrouvez JaRon Marshall sur les internets :
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Tendrement,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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We met JaRon Marshall at the top of Lille, overlooking with his talent the city he came to conquer with The Black Pumas, the multi-Grammy nominated band of which he is the keyboardist.
JaRon Marshall, eager to expand his horizons, writes with his ten fingers the music born of the marriage between funk, jazz, R&B, neo-soul and hip-hop.

1. Can you introduce yourself and your music for the readers who would not know your work yet ?
My name is JaRon Marshall, I’m a musician from the States. My music, I would say, is a mixture of soul, jazz and hip hop. All combined to one.

2. You started music in church. Can you introduce yourself and your music for the readers who would not know your work yet ?
When I was 11 years old, I join the middle school band and I actually play the flugelhorn first and I just transferred the acknowledge that I had for reading music then and I got a piano for Christmas that year from my parents. My mother was really into the church scene so she was able to get me in there. I found my mentor, David Mitchell, who took me under his wings and make sure that I was reading music correctly and everything. He allowed me to play every week or so. That was about from 12 to like 15/16. When I really became a teenage guy, I just wanted to be cool and didn’t want to go to the church all the time but it was cool.  

I always went back to those moments where people took the time to care for me and cultivate the skills, and then flash forward a couple years later I really started to, hand in hand with my piano, I always wanted to work on sequencing music and making beats, tracks, songs.  I actually wrote my first song and lyrics before I even started to play music on piano. So like I was always hand in hand a thing to do.

By 14/15, I started to make tracks in the digital audio work station I still use FL Studio. So yeah, I started to make music that way and I’ve been cultivate that ever since and I’m still trying to learn as much as possible every day by listening to new music and making new music.

3. You’re 28. At a young age, being part of a band that has been nominated several times at the Grammys. What does it mean to you ?
It’s very inspiring you know. I would say, especially the first time we got to go to the Grammys. If I won a contest, it was allowed  to got to the grammy’s let along the fact that I get to play with the band, I get to sit front row and get inspired by everyone everyday. And even the second year, I’ve been able to play to the grammys on stage with the biggest artists in the world : Harry Styles was there, Billie Ellish was in her room so it’s just amazing. It’s just really inspiring and let’s me now that I am on the right path. I don’t have to question my passion I just know that I was meant to do music and that’s a beautiful thing.

4. The year 2020 has been important for you, you have released many solo projects like the Prequel EP or the gold tapes. How did the JaRon Marshall solo project start ?
It started with The Black Pumas, February 2020. I opened up for the UK and European tour that we did and they let me open up the show under the conditions I release music so that sort of made me, finally, release music and I just take it off cause I was always afraid to put music out there but they allow me to just to it and have a reason to do it. Especially this year when we took a step back and weren’t allowed to tour or played live music, I was able to just work on music day and night. Meet new connections in town and around the country and the world so I could just continue to make music.

5. What inspires you ? What do you need to compose ? And what is your creative process ?
As a piano player, I feel like just being in the piano : that’s all I need. Today, I was sitting at a piano at a train station here by and I was jamming and just making up something and like right after, I went to my hotel room and made a demo for it. That was just continue to snowball and one thing after another and it will become a song one day. As a musician that plays keayboard, just being able to sit there is the most inspiring thing let along the fact that I always listen to music, big part of it.

6. You speak about engaged subjects, notably with The Black Power Tape. Are you convinced of the power and strength of music to move things need to be moved ?
I agreed that yeah. I would say that music has this thing like lower your inhibitions and allow you to get messages easily. Sometimes it makes is due things that aren’t necessarily good or bad but a song might be « hey we are in a club, let’s take some shots »  right ? But also the song has a good message that message could get inside your brain easily. I feel like the power of just music and lyrics and songs as well as the influence that’s given to musicians, for some reason we’re the people that… people look up to the most. Even being with the band The Black Pumas, I just know every day that people are super excited.

I was telling the story yesterday about fans, just grabbing me, grabbing my face and stuff and it’s funny cause the level of influence you have, the power that you have, it’s interesting So I try to use it for good as opposed to evil.

7. How do you see your music, do you see them as stories ? Can you introduce yourself and your music for the readers who would not know your work yet ?
I actually do. And if you noticed The Black Power Tape, which is one I released before The Prequel, it was an act, like a story book.  Even when I was organizing The Prequel, and decided what would be the beginning and the end, if you hear the intro is the same keys, same tempo that the outro, I just reharmonized some of the chords. So I always try to think of theses as stories : the introduction, the rising action, the climax and the resolution.

8. At what point do you say to yourself that your piece is finished ? What does it need to be successful for you ?
It’s funny cause in a way, it’s never finished especially once you play the song live, you get different reiterations of it and you are able to see it in different ways if you play it with a different bass player, different drummer, it’s gonna be different every-time also depending on your mood. For me, I try to think less is more. Like this Usher song that’s playing right now for example, you can hear the bass, drums, percussion top of the drums and then just the guitar doing the chords and the vocals and that’s it you know. There is no need to add 10, 20 things to it. I’m a minimalist when it comes to music.

9. You are rather : 

– soul or funk ?
I would say soul. Funk has been kind of a cool opted in a way that they took away from the source cause funk music was sort of like punk music. Think about Georges Clinton, people like that, they were against system but now funk music has become this thing where no shades of these lens. I don’t know if I should even say lens but there are some bands, fresh out of music schools that like sort of do their own version of funk and it’s kind of cheesy, it’s not the same thing. But luckily, I feel like soul music still retains its power cause soul music is basically secular goth music It is important music.

– yesterday or tomorrow ?
Tomorrow, I always look to the future. Every time something happens in my life, I’m like what’s next you know !

– Windy City or City Blues ?
Oh city blues ! Windy City was cool cause I actually made that in Chicago at a Starbucks. But the City Blues, it’s a really important song to me.

– Sound of the Heart or Sound of the Spirit ?
It’s funny cause the new definition of heart, it really is like the spirit. So I would say Sound of the Heart. It’s my new favorite on the EP, I’ve been listening to it a lot.

10.What can we wish you for the future ?
From the future, I expect more composition in a way that is like using every tool that’s available to me and the album you know, that’s what I’m thinking, it’s gonna be the next thing you’ll see from me, so I’m excited about that.

11. Our magazines called Le Beau Bug. So, what does it mean to you ?
I went to Banksy exhibit in Brussels and he talked about rats, about mice, rodents. Basically, they don’t back down, they’re always gonna be the first people there and the last beings there and I sort of fell the same way about bugs. They might be bugs within the building right now, just living, thriving in a situation that most people couldn’t survive in so when I think about beautiful bugs, I think of resilience.

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With Love,
Louise Lecluse
Le Beau Bug

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