L’interview de Guts.

Il y a quelques jours on a interviewé Guts, un artiste à part entière dont la musique nous inspire depuis longtemps.

On a rencontré une personne atypique, passionné et passionnante. On vous laisse découvrir sa musique si vous ne la connaissez pas encore et on vous emmène un peu dans son univers.

Salut peux-tu te présenter en quelques mots ?
Mon Nom c’est Guts, je suis producteur, beatmaker, compositeur, addictif à la musique, passionné, collectionneur de skeud depuis 25 ans. Je suis encore là à 45 ans et je continue à m’éclater en faisant mes dj set un peu partout.

Pourquoi Guts ?
Je suis natif de Boulogne Billancourt et on faisait des pseudo tag là-bas à l’époque. Le but était de marquer notre territoire donc il fallait absolument avoir un blaz. J’ai ouvert le dictionnaire je suis tombé sur ce mot et il m’a plu. Au début on trouvait pas ça très classe et raffiné mais c’est comme tout tu sais les noms tu te les appropries. Même si ton nom est pourri ce n’est pas la plus grave au final, il y a un mec qui s’appelle Akhenaton t’imagines ? aha

Tu produits ton premier album en 2007 aujourd’hui nous sommes en 2017, donc 10 ans après. Qu’est ce qui a changé ? Es-tu nostalgique de cette époque ?
Non pas du tout, je ne suis pas nostalgique par rapport à 2007, on était déjà dans un univers virtuel. C’est pas une époque qui tranche avec celle qu’on vit actuellement, se serait plus les années 90.
En une décennie j’ai forcément évolué, j’ai peut-être même pris de l’épaisseur. Mais je n’est pas l’impression d’être nostalgique par rapport à 2007. Le seul changement que j’observe et que je trouve super c’est le retour du vinyle !

Toi qui est un grand fan de Hip-hop, peux t’on dire aujourd’hui que tu en fais ? Et puis c’est quoi pour toi le hip-hop ?
Oh oui ! Pour moi le hip-hop, c’est un mouvement qui a commencé dans les années 80. Il permet de faire de belles avec pas grand-chose. Quand tu viens de quartiers populaires, quand t’as pas la chance d’avoir fait une école de musique ou de danse le hip-hop te permet de t’exprimer, de sortir tes émotions, tu vas essayer d’émouvoir les autres. Alors tu peux danser, rapper, tu vas être Dj, graffiteur, chanteur. C’est une expression artistique qui part d’un manque de moyen.

J’aime beaucoup ton morceau « Laissez Lucie Faire », je le trouve très subtile, ensoleillé, même peut-être très féminin aha. Je sais qu’il n’est pas tout récent mais tu peux nous dire quelques mots dessus ?
Alors le morceau part d’une prod de Ludacris avec un sample original de Billy Paul que j’aimais beaucoup. C’est ce que j’aime dans le hip-hop, on recycle tous le temps ! Après avoir un peu chiné, j’ai trouvé la version originale et je l’ai trouvé incroyable, j’ai eu envie de me l’approprier.
Le titre en réalité parle de Lucifer, mais je ne voulais pas l’appeler comme ça. Je voulais trouver un contre-pied à ce titre. Il se trouve que j’avais une amie qui venait d’accoucher d’une petite Lucie du coup j’ai rebaptisé le son « Laissez Lucie Faire ».

Pourquoi t’être installé à Ibiza, c’est une source d’inspiration pour toi ? l’Espagne ?
J’aime beaucoup L’Espagne, la mentalité n’est pas la même qu’en France. Il a du soleil, les gens sont plus détendus, ils vivent dehors. Les gens sont moins casaniers ici. J’aime beaucoup leur langue.
Pour Ibiza il est vrai que cette île est pleine de préjugé, et j’aime le fait que les gens ai beaucoup d’aprioris sur cette île. J’aime prendre le contre-pied.
Un artiste te dira deux choses, l’inspiration vient certes du bon vivre, du soleil… mais l’inspiration vient aussi d’une cicatrice. L’inspiration vient du positif et du négatif. J’ai moi aussi de grandes cicatrices.
J’essaye toujours d’émouvoir les auditeurs et moi-même aussi !

Qui sont ces personnages que l’on voit sur tes pochettes d’album, de titres ?
Je prononce par trop dessus pour que chacun se fasse son interprétation, certains pensent que c’est moi, d’autres se laisse porter par l’imagination.
Quand j’ai collaboré avec Mambo pour l’album « Freedom » en 2009, je lui ai dit qu’il n’était pas question de moi aujourd’hui. Je ne voulais pas mettre mon visage en avant.
Du coup il a créé un personnage qui ne me ressemble pas forcément mais le personnage risque d’évoluer.
J’avais pas envi de m’exprimer avec ma gueule mais à travers le graff et les dessins.

Tu fais beaucoup de featuring (patrice, Lorine Chia …) c’est important pour toi de collaborer avec différents artistes ? Qu’est ce que ça t’apportes ?
Alors dans ma culture hip-hop c’est hyper important, c’est une culture fédératrice. L’association voix et instrumentale me parle, souvent l’instrumentale prend une nouvelle dimension grâce à une voix. Ça bonifie la musique. J’aime les voix tout particulièrement et si le texte s’y prête aussi c’est encore mieux !

Quels sont tes projets, tes envies ?
En ce moment je prépare un mix pour un salon qui à lieu en Mars sur la musique Jamaïcaine.
A côté de ça on reprend les tournées cet été avec le liveband, et un nouvel artiste vient l’intégrer. Du coup pour donner du sens à notre tournée on va travailler sur un Ep très bientôt.
Je commence a préparer mon prochain album qui sortira en début 2018.
Et pour finir je prépare ma toute dernière compilation, je me suis bien arraché comme c’est le dernier volume !
A côté de ça j’aimerais faire décoller la chanteuse Lorine Chia, que j’adore. J’aimerais la faire venir en France !

Qu’est ce qu’un Beau Bug pour toi ?
Alors pour moi à premier abord se serait un bug informatique. Ce qui m’insupporte dans l’informatique et plus particulièrement internet c’est d’être fiché.
Du coup un Beau Bug pour moi se serait que toutes les bases de données sur tes penchants sexuels, ta religion, ton nom, prénom soit effacés.

Les indispensables à avoir dans ipod.
J’ai toujours deux albums sur moi :
– Celui de A Tribe Called Quest  
– Et celui de Kaytranada
– Ah oui et celui de Isaiah Rashad
Sinon il a quelques compils à écouter absolument comme : Togo soul 70, ou encore Doing It In Lagos, Surinam Funk Force et pour finir Space Echo Cabo Verde.

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Tendrement,
Alix Darasse,
Le Beau Bug

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