L’interview de Grand Blanc

Phrasé poétique jouant subtilement sur les mots apposé en douceur sur des nappes électroniques délicieusement pop, vous l’aurez deviné, le savoir-faire de Grand Blanc fait son retour en beauté. S’ils nous avaient fait patienter avec un long et langoureux titre – Ailleurs il y a quelques mois, c’est depuis quelques semaines que l’on peut écouter Image Au Mur, leur dernier album studio, depuis notre plateforme d’écoute préférée. À l’occasion de cette sortie, nous sommes allés à leur rencontre chez Entreprise avant leur départ pour une résidence à Metz.

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, et nous dire pourquoi avoir choisi pour pseudonyme Grand Blanc ?
Benoît : Eh bien, on est Grand Blanc, on est un groupe… d’humains, et d’amis ! Et on a choisi Grand Blanc parce qu’on ne savait pas encore ce qu’on allait faire. Donc on cherchait un nom qui ait un peu de profondeur poétique, qui ait un champ des possibles. Et ça veut dire à la fois des choses très chaleureuses, très illuminées, ou très froides… Et pour l’instant, on fait des choses assez différentes, à ce moment de notre carrière, et il n’y a jamais de moment où on se dit que ça jure avec notre nom.

2. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Benoît : Euh… tu veux la version longue ou la version courte ? (rires)
Vincent :
On s’est rencontrés chacun à différentes stades de notre vie, et Luc et Camille sont ceux qui se connaissent depuis le plus longtemps. Ils étaient au lycée ensemble…
Luc : Au collège !
Vincent : Au collège, et au lycée aussi.
Camille : On s’est connus quand on était en cinquième.
Vincent : Et ils étaient tous les deux en classe à horaires aménagées pour faire de la musique en parallèle. Camille faisait de la harpe et Luc faisait de la percussion au conservatoire. Ensuite j’ai rencontré Luc quand il était à Paris pour faire ses études, on était tous les deux en école d’ingénieur du son…
Benoît : … pendant que je rencontrais Camille à Nancy, quand j’étais en classe préparatoire littéraire et que Camille venait étudier la contrebasse. Et puis ensuite…?
Camille : Ensuite, vu qu’on se connaissait plus ou moins tous réciproquement, on s’est connus tous les quatre, à Paris. 

3. Et la formation de Grand Blanc s’est faite naturellement ?
Vincent : Oui, au final, comme Luc et moi on était ingés son et qu’on cherchait des gens à enregistrer on a commencé à travailler avec Ben, qui écrivait des chansons seul avec sa guitare, et de fil en aiguille on s’est mis à arranger ses morceaux, Camille à la contrebasse et Luc aux percussions. Moi je faisais pas vraiment partie musicalement du groupe à l’époque.
Luc : Oui, mais tu faisais des petits solos de guitare.
Vincent : Voilà !
Benoît : Il dépannait (rires).
Vincent : Voilà, au début ça s’est construit comme ça.
Benoît : Et après la musique a un peu dérivé, on a demandé à Vincent s’il voulait jouer de la basse…
Camille : Et j’étais l’émissaire !
Benoît : Elle est partie à New York lui demander ! Parce que Vincent était parti à New York pendant un an.
Camille : Non, en vrai j’avais fait un voyage de plusieurs jours, plusieurs semaines aux Etats-Unis, et je suis passée le voir en lui demandant « On aimerait vraiment que tu viennes jouer avec nous »… et il a dit oui !

4. Et comment est-ce que ça a pris de l’envergure ? Parce que tout est parti d’un projet d’amis finalement !
Benoît : Un peu par hasard. Il y a quelque chose qui a compté, c’est que Luc et Vincent se sont mis à avoir un peu de matos pour enregistrer, puis des logiciels… Ça faisait longtemps qu’on était musiciens, chacun à notre manière, mais on ne connaissait pas tout ce qui touchait à la production et à l’autoproduction. Et quand on a commencé à bidouiller, on s’est mis à écouter la musique différemment, à comprendre qu’il y avait d’autres possibilités, et là dessus on était tous à zéro en fait. Comme un nouveau départ, et Grand Blanc ça a commencé comme ça. Comment ça a pris de l’envergure je ne sais pas…
Camille : Je crois que ça a vraiment commencé quand on a fait Samedi la nuit, c’était le tout début. C’est à Samedi la nuit que ça a pris un tournant, on s’est tous complètement excités, on ne savait pas qu’à quatre on pouvait faire quelque chose qui nous faisait autant plaisir, et dont on était fiers !
Benoît : Après il y a eu des hasards… on a rencontré le label quand on nous a parlé du groupe Blind Digital Citizens, qui est historiquement le premier groupe du label Entreprise. On a fini par faire une date ensemble, on s’est bien entendus, ils ont dit au label « écoutez ce groupe-là », et on s’est retrouvés plus vite que prévu avec un premier disque à sortir. On a jamais pensé à conquérir le monde… on l’a conquis comme ça ! (rires)

Avant de parler plus en détail de votre dernier album, je voulais revenir sur l’expérience live et créative que vous avez pu vivre à la suite de la sortie de votre premier disque. Festivals, sessions live, résidences…
5. Quels impacts ont eu ces événements sur vos productions ?
Luc : Ça a complètement dirigé le second album, tout ce qu’on a vécu à partir de la sortie de Mémoires Vives, la tournée, les voyages, les rencontres… ça a orienté notre musique vers quelque chose de nouveau. On a écouté plein de choses, on a rencontré plein de musiciens, on a essayé plein de choses en tournée… on a aussi beaucoup plus « joué » notre musique, alors que Mémoires Vives était beaucoup plus synthétique, beaucoup plus aidé par ordinateur. Du coup ça nous a permis de plus jouer, de mettre les guitares plus en avant, d’avoir quelque chose d’un peu plus rock, et de kiffer jouer surtout ! Après la tournée, on avait vraiment envie de se reposer, dans une maison à la campagne, au loin, au calme, sans les téléphones sans rien. On y est restés un mois, avec notre réalisateur. On a fait de la musique sans se poser de questions. Quand on avait envie de faire des chansons très simples on faisait des chansons très simples, quand on avait envie de faire des choses plus expérimentales, de l’électro, du hip hop, de la jungle… on faisait un peu tout et n’importe quoi !
Camille : Les 12, 13 chansons de l’album, c’est le résultat d’une trentaine de maquettes. Donc t’inquiète, on avait pas mal de morceaux de jungle en stock !

La composition globale d’Image au Mur est assez diverse, elle s’éloigne de la pure vibe rock et urbaine que vous aviez exploré dans votre premier album, Mémoires Vives.
6. À quoi est dû ce virage de composition que vous avez pu prendre ?
Luc : Moi je sais, mais je ne dirai rien ! (rires)
Benoît :
On a un ingrédient secret pour cet album, mais on en parlera pas.
Vincent : Non mais il y avait un cadre, c’est aussi le fait de composer à la campagne… ça nous a vachement donné envie de revenir à une musique plus interprétée, avec plus d’instruments.
Camille : On avait décidé de se poser et de se mettre dans un contexte qui serait plus favorable à la création. Et quand on s’est dit qu’on allait faire ce deuxième album, on avait pas de programme. On s’est plutôt dit qu’il fallait prendre soin les uns des autres, qu’il fallait… se mettre bien ! Et je crois que ça a influencé la musique.
Benoît : Et ne pas croire à des catégories musicales, se demander le plus simplement du monde, quand on fait telle maquette, est-ce qu’on y croit ? est-ce qu’il y a assez d’envie, pour qu’on puisse la porter tout au long du disque, tout au long de la tournée ? Parce que c’est aussi ça, on a appris avec la tournée de Mémoires Vives que quand le disque est fini, il commence. Donc ce que tu dis dans un disque, tu dois ensuite l’incarner, y croire, et continuer à y croire ! En fait, c’est un mélange de trop de choses, la création. Et heureusement, ou malheureusement je ne sais pas, ça te met aux prises avec quelque chose de très bizarre qui est le libre-arbitre.

“Où sont les îles ?
Où sont les illusions perdues ?”

Ce virage, on l’expérimente dès le premier titre, intitulé Les Îles. Introduction langoureuse, nostalgique et sujette à interprétation, on vogue avec vous dans un océan rempli d’émotions. Et, selon le point de vue, ces îles et îlots que vous décrivez peuvent étrangement passer pour une métaphore de l’être humain.
7. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’histoire que raconte, tout en figures de style, ce titre ? Et pourquoi cette analogie entre les îles et l’être humain ?
Benoît : Déjà tu as une homophonie entre îles et il(s), qui est triple, parce que tu as les îles marines, les « ils » au pluriel. Et c’est un peu bateau de faire une homophonie sur un pronom, parce qu’elle est sans fin. Et quand tu vois le monde à la troisième personne tu te rends compte que des « il(s) », au singulier, au pluriel, il y en a plein. Et du même mot tu vas pouvoir désigner les individualités de chacun. Et il n’y a pas de propos…
Camille : Et puis il y aussi, à la fin du morceau, comme disait Ben… c’est marrant on parle d’archipels, et je viens de me rendre compte que dans archipels il y a « elle », donc tu vois, si on dig…
Benoît : On s’est laissés porter par ce truc là.

8. Est-ce qu’une réflexion particulière a donné naissance à ce morceau ?
Benoît : Moi je pensais à une île et à « un il », parce que quand j’étais enfant, j’allais dans un coin du Nord de la Corse où ma famille avait une maison, et c’était la maison de mon grand-père. Mon grand-père est décédé depuis, et je ne vais plus dans ce village parce que la maison n’y est plus. Du coup je me suis servi de mon expérience personnelle, d’attacher un lieu à une figure, et de voir aussi une figure humaine disparaître en ne laissant que le lieu… en fait, on a jamais vraiment fait de chanson pour affirmer des choses, et on ne le fait toujours pas. Par contre, ce qui nous intéresse, ce sont beaucoup plus les questions que les réponses, parce qu’il n’y a pas vraiment de réponses dans la vie. Et c’est souvent un meilleur calcul d’essayer d’être balèze en questions plutôt qu’en réponses. En fait, on essaie juste de poser les questions les plus efficaces possibles, et de faire de la musique et de mettre des mots en musique qui interpellent le plus possible, et qui justement brouillent l’espèce d’évidence, tu vois, de parler, de maîtriser conceptuellement les choses… si c’était si simple que ça les choses iraient bien, elles seraient évidentes. Elles vont pas toujours mal, et parfois elles sont claires, mais la vie est très compliquée. Un il peut-être une île, et vice versa. Et on fait de la musique pour ça. Et en général, quand je m’enterre dans ce genre de réponses beaucoup trop longues, je finis toujours par dire que si jamais on essaie de faire une seule réponse, c’est la chanson. C’est pas nous, ce qu’on projette dans la chanson, parce qu’après elle appartient à tout le monde, donc en réalité il faut demander au morceau. 

Les Îles fait étonnamment bien écho avec le titre Isati. Les ambiances sont complémentaires, mais les sujets (ainsi que les sens invoqués) sont diamétralement opposés. Si l’eau domine dans Les Îles, c’est le feu, ici, qui prend place.
9
. Jouer avec les sens pour poser des réflexions sur l’être humain, son essence, sa raison d’être… est-ce une manière de mettre en avant vos pensées, ou des concepts ? 
Benoît : Alors c’est une question compliquée, moi il y a un livre que j’ai beaucoup aimé, qui s’appelle La psychanalyse du feu de Gaston Bachelard, qui est un philosophe et un anthropologue français qui croyait beaucoup à l’inconscient collectif, et cest quelque chose dont on parle souvent entre nous. On est pas spécialement calés mais comme on est un groupe de musique et qu’on passe notre temps à faire advenir des choses qu’on ne comprend pas entre nous, on deale un peu avec ces trucs là. Et on y croit de manière un peu plus générale. Quand tu as des gens qui font des choses de manière individualiste, ils se montrent en société, puis adviennent des événements, des heurts, des périodes de chaos… et puis ça se passe, sans qu’il  n’y ait vraiment quelqu’un qui ait une vue d’ensemble. Et Bachelard, dans ce livre, en gros, il appelle ses copains « les gens très intelligents de la faculté de La Sorbonne » à s’intéresser et à faire de « l’archéologie symbolique », à dire comment un mot aussi simple que le feu, qui est censé désigner quelque chose de très simple, on y attache plein de connotations. Du coup, quand tu vas dire « le feu », tu vas emporter avec toi des millénaires de culture, de survivance…
Vincent : Et puis ce qu’il dit un peu dans le livre c’est que quand tu dis « le feu », c’est que tu es incapable de le dire objectivement. Même ses amis les scientifiques sont incapables d’analyser, d’utiliser le feu comme quelque chose dénué de symboles ou de sens, même en science.
Benoît : C’est un philosophe intéressant, il était postier, ce qui ne lui plaisait pas, donc il a pris des cours du soir et étudié les phénomènes thermiques, ou il a lu de la littérature scientifique sur l’histoire de la compréhension des phénomènes thermiques, et puis au moment où il avait compris suffisamment les choses pour devenir physicien, il s’est rendu compte que dans tous les livres, les scientifiques utilisaient des projections personnelles et symboliques, du fantasme pour s’aider, parce qu’ils ne comprenaient pas grand chose. Du coup il a dit qu’il allait juste faire de la philo sur les erreurs qu’il avait comprises. Et toi tu mets le doigt sur un phénomène linguistique où, en fait, en linguistique on fait la différence entre deux types de mots. Il y a ce qu’on appelle la sur-détermination et la sous-détermination. Il y a des mots, comme le feu, qui sont très généraux, qui vont avoir cours dans énormément de contextes. Et tu as des mots qui sont très situés, tu ne pourras pas les placer dans mille contextes. Et ça a des valeurs poétiques différentes. Et c’est assez classique de faire des chansons sur le feu, ou sur la mer, la mer c’est la chose  la plus sous déterminée, on ne sait pas de quoi on parle. Et sur cet album là c’est vrai que ces espèces de grands lieux communs, ces mots sous déterminés, on a essayé un peu de les exploiter. Dans l’album d’avant, on faisait plus de béton armé, de choses comme ça qui t’obligent à avoir une image dans la tête. Et là, les chansons elles brassent des mots et des sujets beaucoup plus vastes, beaucoup plus symboliques. On ne sait pas tellement pourquoi on a pris ça mais ça nous intéressait de le faire.

En ce qui concerne vos compositions, vos mélodies sont plus sages, plus contemplatives, secondant le chant comme un support de l’émotion véhiculée.
10. Avez-vous des références musicales, ou autres, puisque vous venez de citer Bachelard, qui vous inspirent ? Et comment composez-vous ? Est-ce que vous composez en groupe, aussi bien pour les paroles que pour les mélodies ?
Vincent : Pour les paroles c’est assez simple parce que c’est Ben qui les écrit, pour la musique c’est plus compliqué parce qu’on participe tous à l’écriture musicale, et on peut tous prendre à peu près n’importe quel instrument. Ben peut jouer de la basse, je peux jouer de la guitare ou du synthé, Camille peut jouer de la guitare, Luc peut faire des rythmiques, ou moi…
Benoît : On essaie de ne pas trop jouer de la batterie parce qu’on ne sait pas en faire mais… (rires)
Vincent : … mais à part ça oui ça s’échange pas mal.
Camille : Pareil pour la production, au début quand on a commencé on ne savait pas tous se servir d’un ordinateur pour produire. Et là maintenant ça y est, on sait tous le faire. Et un album, c’est jouer ensemble, en même temps, mais c’est aussi beaucoup sur le long terme, se refiler les sessions à travers un disque dur, en se disant « toi, qu’est-ce que tu peux y ajouter ? » ou « est-ce que tu es d’accord avec la structure ? », ce genre de travail on le fait à quatre.
Benoît : En fait c’est le bordel, et on cherche à faire en sorte que ce soit le plus organisé.
Vincent : Il n’y a vraiment aucune chanson qui se crée de la même manière.
Luc : Ça peut venir d’un bout de texte, d’un gimmick de synthé, d’une image, de n’importe quoi.
Camille : C’est vrai qu’il n’y a pas d’ordre du tout.
Vincent : Et puis pour les influences c’est souvent pas mal d’influences qui se rencontres au sein d’un même morceau.
Camille : Tu vois par exemple pour Isati, on a tous écouté du jazz éthiopien dans Grand Blanc, il y a pas mal d’années maintenant, mais c’est une musique qu’on adore, et ce gimmick nous a rappelé… tu sais, c’est des influences dont tu as l’impression qu’elles sont très très loin dans ton cerveau, et puis un jour elles ressurgissent. Et on était « ah mais ce serait incroyable de mettre un truc comme ça dans Grand Blanc ! ». Et puis ça marchait dans la chanson parce que j’avais fait ce riff et puis que Vincent a mis un beat derrière, et son beat c’était… mince j’ai perdu le mot…
Vincent : C’était un peu du trip-hop, du Portishead.
Camille : Oui voilà du trip-hop !
Vincent : Et Portishead c’était aussi une référence qui était très lointaine dans nos mémoires.
Benoît : Donc voilà, on avait un bout de gamme éthiopienne, deux mots, parce que Camille avait pris deux mots dans un carnet, il y avait « incendie »…
Camille : Bah j’avais juste pris « incendie », en fait ! (rires)
Benoît : Et puis du trip-hop… du coup au bout d’un moment il a fallu que j’écrive un texte, et en fait dans mes études j’avais étudié l’anthropologie religieuse, c’est un cours que j’aimais bien, et un jour il y a un prof qui m’avait parlé de quelque chose de particulier dans les églises d’Ethiopie, qui sont des églises assez étranges. Les prêtres, à la fin de leur formation, ils apprennent à faire des poèmes qui ressemblent un peu à des haïkus, qui sont des formes courtes, dans lesquelles tout ce qu’ils ont appris dans leurs églises doivent se formuler, dans une pointe, dans une forme poétique. Et il y avait ce truc « d’incendie », et moi l’Ethiopie me faisait penser à ce cours là, donc j’ai commencé à écrire un texte dont je ne sais pas exactement ce qu’il veut dire mais qui parle de révélation et de spiritualité, et du rapport entre les choses très grandes et très essentielles… tu as souvent le sentiment quand tu les dis que tu ne peux pas les dire. Aucune forme ne peut les contenir.
Camille : Après la boucle s’est bouclée quand, forcément, on faisait la chanson, on parle de tout ça ensemble, et puis il fallait lui trouver un titre. On voulait pas l’appeler Incendie. Du coup j’étais là, « faut trouver un titre pour cette chanson ». J’ai cherché et je me suis dit je vais regarder si c’est beau, si on dit incendie en éthiopien, et en fait c’est « Isati », enfin c’est « feu », isati. Donc ensuite je fais une journée de recherches, ou même plus, sur la langue et en regardant plein de trucs, en lisant des articles sur la langue éthiopienne, sur l’écriture, la typographie. C’est pour ça qu’au dos de l’album il est écrit en amharique (langue parlée en Ethiopie, ndlr) en fait. Ce sont les trois lettres qui veulent dire isati, et c’est assez fou parce qu’il y a juste trois syllabes dans le refrain, c’est un texte qui parle de langage…
Vincent : Et puis même avec ceux qui ont fait les trois pochettes de Ailleurs, Belleville et de l’album, on avait un peu trippé sur la typographie et toutes ces choses là à peu près au même moment.
Benoît : Je crois que cette réponse est très longue… du coup on vient de te faire un making off d’une chanson de Grand Blanc, à peu près exhaustive, donc en gros les influences elles agissent comme ça, un truc nous en fait penser à un autre… on y met chacun ce qu’on a vécu, ce qui nous paraît intrigant…
Luc : Et puis il faut qu’on soit un peu surpris du résultat tous les quatre, il faut qu’on se dit « ah on pensait pas que ça allait être ça ». On a souvent un début de réflexion qui nous emmène vers quelque chose soit un peu électro, soit rock, soit lent, soit uptempo, et à la fin, c’est très souvent pas du tout le point de départ de la réflexion. Et on trouve ça cool. Et quand on essaie de faire de la pop on y arrive pas, quand on essaie de faire autre chose eh bien on fait de la pop.
Vincent : C’est aussi pour ça que c’est assez long pour nous de faire un morceau, et qui-‘il y en a qui n’aboutissent pas, parce que je pense qu’on est obligés de mettre un peu d’affect dans chaque morceau, et quand les morceaux prennent un peu de sens comme ça comme Isati, je crois que c’est comme ça qu’on choisit les morceaux qu’on garde en fait. 

“Rien qu’un écran total entre le ciel et nous
Qu’on pourrait presque toucher”

Dans Image au Mur, c’est une belle réflexion sur la place du digital dans nos vies que vous mettez à l’honneur. Vous mettez également un point d’honneur à la suppression, à l’oubli, chose qui aujourd’hui semble suranné, pour ne pas dire impossible.
9. Pourquoi tant insister sur cette notion de suppression ? 
Benoît : Je ne sais pas, c’est quelque chose qui m’interpelle. La question de l’image, du mémo, du souvenir, j’ai l’impression qu’on est tellement saturés d’image que tu ne te la poses pas. Tu regardes tellement Netflix que tu ne regardes pas tes albums photos. Tu vois, chez toi tu as des albums photos de quand tu étais gamine, par contre les photos de quand tu avais 15 ans, elles sont sur un Skyblog dont tu n’as même plus les mots de passe, et en fait, c’est nos vies, mais on n’a pas de photos de quand on avait 15 ans, parce qu’on avait des appareils numériques pourris.
Camille : Et puis on ne savait pas surtout, on avait pas cette culture du disque dur. C’était le début !
Benoît : Aujourd’hui ils sont cramés !
Luc : On perdait des choses ! Mais peut-être que la génération qui arrive, tous les jeunes qui ont aujourd’hui, je ne sais pas, 12, 13 ans, ils savent que leurs souvenirs ils sont sur des ordis, des disques durs ou des clouds.
Camille : Non je sais pas…
Benoît : Non, ils font 12 000 selfies par jour, ils sont sur Snapchat…
Camille : Ils font des stories qui durent 24h !
Luc : Non mais peut-être pas de vrais albums avec de vrais appareils photos, il y a une hiérarchie dans leurs souvenirs.
Vincent : Enfin au final il y a quand même une hiérarchisation qui se développe, de l’image sur internet. Entre la story sur Instagram et la photo que tu postes sur Instagram, c’est déjà pas la même chose, ce que tu gardes sur ton disque dur c’est encore autre chose… Il y a quelque chose qui se crée. Et puis on parle de suppression de l’image… c’est complètement humain de réfléchir sur ce qui va rester dans le temps. Que ce soit ta musique, ou des photos de toi, ou de ton oeuvre, ou de toi-même, de ton nom… Enfin tu vois, les peintures rupestres qui sont dans des grottes, elles sont là depuis des millénaires, et j’ai l’impression qu’une des envies profondes de l’humain c’est d’essayer de graver des choses dans le temps. Et aujourd’hui la question se pose encore plus avec des moyens de graver qui sont encore plus éphémères, mais je pense quand même qu’il y a une hiérarchie qui se crée, même dans le numérique.
Camille : Après il y a certaines choses… un jour je me suis fait voler mon disque dur, et dedans il y avait tout, j’avais pas fait de back up. Et… c’était un moment vraiment très étrange. Ça me serait jamais arrivé de me faire brûler tous mes albums photos, toute ma collection de CD, et détruite toute ma collection de vinyle.
Vincent : Enfin ça peut arriver si ta maison brûle.
Camille : Oui, sauf si ta maison brûle. Mais quelqu’un l’a pris parce que c’est tout petit, c’est facile, et puis il l’a sûrement vidé pour le réutiliser, surtout que ça prend deux secondes de restaurer un disque dur. Et ça fout sérieusement le vertige.
Benoît : C’est pour ça que la pochette de notre disque, c’est une photo poussée à un point d’aseptisation, et de numérisation telle que de loin tu peux croire que c’est une peinture ! C’est un peu le même endroit de réflexion, on est sur un espèce de truc où il n’y a plus que de l’image, mais du coup il n’y a pas de vraies images. Parce que l’image, c’est un enjeu. Et quand tu es dans un monde qui est quasiment entièrement fait d’images, ça devient très difficile de lui accorder une valeur, de la situer par rapport au réel… Après j’ai un compte Instagram, hein, je ne vis pas dans une ferme sans téléphone, et je ne suis pas du tout ultra énervé contre le monde moderne, mais un compte Instagram, pour beaucoup de gens dont les musiciens, tous les gens qui travaillent dans le culturel à Paris, c’est une extension de leur vie, c’est une partie de leur vie sociale ! Je pense que dans les collèges et les lycées ça doit être pareil. Est-ce que c’est de l’image ? ou est-ce que c’est toi, socialement ? Qu’est-ce que c’est, en fait ? Il n’y a pas de réponse, et ce morceau là, il pose cette question.

10. Aussi, pourquoi avoir choisi ce titre comme intitulé pour votre album ?
Luc : On a pas choisi Image au Mur parce qu’on avait un morceau qui s’appelait Image au Mur. D’ailleurs on a hésité longtemps entre image au mur au pluriel, sur le mur, les images… Mais c’est un titre qui nous parlait directement, qui a sa place dans toutes les chansons.
Camille : C’est assez dur, tu sais, cet album c’est beaucoup de réflexions sur plein de choses, beaucoup de paroles, beaucoup de musiques, et encore, ce n’est que la surface apparente de l’iceberg ! On a beaucoup lagué sur le titre pour être honnête, on se disait mais comment trouver une phrase, un mot pour résumer toutes les chansons ! J’avais des tas d’idées dans mes carnets, et puis il n’y avait rien qui allait, et quand on a trouvé image au mur… au début il était au pluriel, il y avait vraiment cette idée que l’album peut devenir une série d’instantanés. Les images que tu colles au mur de ta chambre, c’est les images auxquelles tu tiens le plus. C’est un album qui se passe vraiment à l’intérieur, ce deuxième album. C’est un peu dur d’expliquer exactement pourquoi on l’a appelé image au mur mais c’est un peu comme tout, ça prend déjà du sens en en parlant là maintenant, et quand on en a parlé avec d’autres gens depuis qu’il est sorti. Et je pense que dans un an ça en aura encore davantage. Un peu comme Grand Blanc ! 

“Telles étaient les visions
À la télévision
Et c’était simple comme bonjour
Et bienvenue dans votre émission”

Enfin, je m’attarde sur le dernier titre de l’album, Télévision, qui à mon sens répond aux premières interrogations posées dans Image au Mur. Objet devenu quasi obsolète à l’ère de l’information en continu et de l’amas d’articles en ligne postés sur les réseaux sociaux, vous en dépeignez un portrait vintage, ode d’une ère presque révolue.
11. Elle a eu quel impact sur vous, la télévision ? Est-ce réellement judicieux de parler d’elle au passé ?Benoît : Par rapport à la télévision, nous, on est la dernière génération…
Camille :
Moi je connais pas beaucoup de potes qui ont des télés. En fait c’est juste que maintenant on regarde tous Netflix, et ça me paraît… enfin tu vois cette télé catonique, là (rires), j’en ai cette image là. Je sais qu’elle existe encore, mais…
Vincnt : Après, les années 90, enfin l’époque dans laquelle on a grandi, c’était l’âge d’or de la télévision. C’était les grands présentateurs, les grandes émissions, là où il y avait MTV…
Camille : Il y avait Canal J !
Benoît : C’est aussi un peu un épilogue à l’album parce que, tu vois, il y a beaucoup de questions, de questions un peu angoissées sur le monde moderne et tout ça mais quand on regardait la télévision, eh bien, nos parents nous mettaient des tartes et nous disaient « ah mais aujourd’hui, les jeunes ils regardent la télé, ils sont devenus trop bêtes », et puis en fait, eh bien c’est cool, nous on peut déjà en parler au passé ! C’est aussi une manière de distancer des choses comme Image au Mur, parce qu’on a la chance de se poser des questions, parce qu’on est musiciens, et qu’on préfère les questions aux réponses. Il y a des gens qui l’utilisent pour faire des assertions, nous on aime plutôt réfléchir, nuancer… Mais voilà, Télévision c’est un morceau qui a une petite confiance, quoi !
Vincent : Ouais, j’ai l’impression que la télé c’est les images qui nous ont construits. C’était un peu nos images au mur dans les années 90 !
Camille : Et il y a aussi ce truc où, t’es en 2001, enfin c’est un peu central dans la chanson, t’es en train de regarder Les Jumelles S’en Mêlent et puis ensuite il y a les Tours jumelles qui tombent, parce qu’il y a un flash info…
Vincent : Bah concrètement, les Tours jumelles c’est une image qui est gravée dans la mémoire collective. C’est l’une des images qui, un peu comme l’assassinat de Kennedy il y a 50 ans, le 11 septembre c’est à peu près la même chose. Où est-ce que tu étais ? À peu près tout le monde était devant sa télé en train de regarder les infos. C’est un souvenir collectif, et Loft Story la même année, tout le monde se souvient d’avoir vu Loana et Jean-Edouard dans la piscine, ou la coupe du monde 98, tout ça ça s’est passé à la télé !

Et de manière générale, si on parle du paysage de la chanson française, on assiste à un retour de la chanson à texte, mais sous un genre nouveau, notamment quand on pense à Thérapie Taxi, à Bagarre ou à Flavien Berger… on peut aisément dire qu’une nouvelle forme de chanson à texte est en train de naître.
12. Selon vous, est-ce qu’on doit dire que la chanson à texte fait-elle son grand retour ou sa grande révolution ?
Benoît : Elle a toujours existé, et elle existera toujours. C’est le lot commun des artistes de modifier leur forme pour correspondre aux formes actuelles. Et pour nous, l’essentiel, c’est qu’il y a beaucoup de projets qu’on aime dans cette chose un peu nébuleuse qu’est ce retour ou cette continuité. Tout ce qu’on sait c’est qu’on est contents, on croit suffisamment à notre manière de mettre le français en musique.
Camille : Je suis d’accord avec Ben, il y a eu plein de moments en France où il y a eu, par exemple, avec Dashiell Hedayat et Long Song For Zelda, on est dans les années 70, c’est une chanson hyper longue qui parle vraiment de défonce, donc de quelqu’un qui prend du LSD ou des champignons, et c’est très très français pour l’époque, c’est très Polnareff ou Gainsbourg, et très américain dans la musique parce que c’est très psyché, mais il y a ce mélange des deux qui est inouï. Je pense que dans n’importe quel pays et partout dans le monde, chacun a toujours essayé de s’exprimer avec sa langue comme il l’entendait.


Benoît : En fait toi, ta question elle porte précisément sur le fait que le texte serait moins structuré narrativement, et que ce serait plus des associations libres.
Vincent : Pour ça je pense que ça dépend, il y a eu une période dans les années 80 où même avant dans les années 70, quand t’écoutes certains textes, c’est pas forcément narratif, c’est peut-être la génération de chanteurs français juste avant nous, pour lesquels la chanson française était devenu un style en soi, et fallait être avec une guitare acoustique et raconter une histoire, et ça a commencé un peu à tourner en rond. Je crois que c’est ce qui est intéressant avec notre génération c’est que chacun a trouvé une manière de s’approprier ce truc la sans tomber dans ce style.
Camille : Mais c’est vrai aussi que peut-être qu’avant notre génération il y avait comme disait Vincent des artistes qui faisaient des trucs hyper franco-français, avec une guitare et une voix, quelque chose très hérité de George Brassens, où les textes étaient narratifs et parfois il y avait une chute à la fin, ou sinon plus rock variété, comme Zazie… Soit il y avait des jeunes qui tournaient complètement le dos à tout ça et leur solution c’était de chanter en anglais.
Benoît : Et puis en complément de ça il y a aussi le monde qui change, nous c’est notre vision du monde, Télévision c’est un peu comment on a appris à voir le monde, et on est une génération qui veut connaître la paix perpétuelle… Je me souviens que dans mon livre d’histoire de troisième, il faisait une référence à une théorie très intéressante qui s’appelle La fin de l’Histoire, de Francis Fukuyama, qui expliquait à la fin de la Guerre froide que ça s’était stabilisé, que c’était fini, que ça devait être la paix pour toujours, et les idéologies politiques, ou les grands courants politiques ont quand même pris un sacré coup. On est une génération qui a grandi dans les nineties, tout le monde était pété à la coke, il y avait des chanteurs de variété qui étaient complètement rincés sur les plateaux de télé, ensuite il y a eu la guerre du Golfe où tu filmais des points verts, ensuite il y avait les Tours jumelles…
Camille : Là il est parti là ! (rires)
Benoît : C’est difficile en fait aujourd’hui de croire en quelque chose, de croire en un discours, parce que ce que tu dis ça s’apparente… enfin t’as plusieurs modalités dans la langue et il y en a une qui est le discours, une fonction de la langue qui essaie s’instituer des valeurs, de fixer les choses, d’aller chercher l’assentiment, et c’est difficile en fait aujourd’hui de se pointer et de dire « j’ai un truc à dire », j’y crois, suivez moi ! Donc en fait tout ce que tu essaies de faire c’est de trouver une raison d’être touché collectivement… On est peut-être une génération de gens plus émotifs, et ce qui nous reste à croire c’est qu’on peut encore être touchés, être émerveillés, ressentir, en commun. Croire ça devient difficile.

13. Si vous aviez à choisir entre…
– Electronique ou acoustique ?
Camille :
Bah, le choix on l’a jamais fait ! Et puis Grand Blanc c’est typiquement des instruments et des ordinateurs ensemble…
Luc : Mais il y a toujours le cadre de l’île déserte dans ta question ?
Vincent :
Moi je dirais électronique, parce que dans l’électronique t’as toujours des guitares !
Camille :
Je peux pas choisir, je suis désolée.
Benoît :
En vrai, on met toute notre énergie à pas faire le choix… donc on a pas compris la question !

– Direct ou différé ?
Camille : D’instinct, je choisirai différé.
Vincent & Benoît :
Ouais.
Vincent :
Ouais, parce que sinon on peut pas contrôler ce qu’il se passe.
Camille :
Nan mais il y a une raison, on se dit que c’est bien si on écoute plusieurs fois nos morceaux, qu’on peut les réécouter en comprenant d’autres choses, alors voilà.
Luc :
Puis tu vois, en studio, c’est beau le direct, mais c’est très rare, et nous on fait beaucoup de travail de production sur des voix, sur des instruments, il n’y a jamais de prise directe. C’est pas Houston en cabine qui te fait une prise directe.
Camille :
Mais il y a surtout plein de prises de maquettes…
Luc :
Donc c’est pas du direct du coup !
Camille :
Bah si, ce sont tes premières intentions !
Benoît :
Bon allez on fait le choix du différé, allez.

– Vivre en 1980 ou en 2100 ?
Vincent :
On ne vivra plus en 2100…
Luc :
Bah ouais, 1980 !
Benoît :
Moi 2100, j’aime bien les choses que je ne connais pas.
Luc :
Si la planète est pas foutue…! Pour voir si on a réussi à faire quelque chose, c’est surtout ça le problème !
Camille :
Moi je serai curieuse aussi de voir 2100.

– Faire revivre le vinyle ou la cassette ?
Camille :
Le vinyle.
Vincent :
Le vinyle il revit déjà non ?
Le Beau Bug :
Oui mais ça ne touche encore qu’une petite communauté.
Luc :
Moi je dirais la cassette ! C’était hyper beau la cassette, tu faisais des petites compiles pour tes potes, ton amoureuse, et tu pouvais échanger plein de trucs ! Tu faisais des mixtapes.
Camille :
Moi j’aime bien le vinyle parce que la pochette elle est grande ! J’adore.

14. Une anecdote à nous faire partager ?
Benoît :
La banane !
Camille :
Le feu d’artifices !
Luc :
C’est quoi le feu d’artifices ?
Camille :
Bah le feu d’artifices dans la chambre… Je ne cite aucun nom, ni de lieu ni de personnes présentes.
Benoît :
Un jour, un groupe de musique jouait à un festival.
Camille :
C’était l’un des derniers concerts de la tournée de l’EP. On se disait « faut faire un truc ». Donc on a été acheter des feux d’artifices, des fusées, des machins… On arrive là-bas, le jour de notre concert il pleut, et on était tristes parce qu’on pouvait pas lancer notre feu d’artifices ! Et on a fini dans la chambre d’hôtel, et on tirait les feu d’artifices depuis la fenêtre de la chambre. Et en fait, le truc, c’est qu’on était pas tout seuls, il y avait vraiment plein de gens qui nous disaient pas « c’est mal ». Et c’était des gens…
Benoît :
Des gens de notre entourage (rires)
Luc :
Et il y avait aussi des sportifs, dans les chambres autour.
Camille :
Mais c’était vraiment marrant ce truc ! On a fait une giga teuf dans une chambre, et le lendemain on était trop honteux (rires), on avait la honte sur le festival, on s’est fait un peu disputer…! Mais je crois que ça les a fait rire sur le coup.
Benoît :
Et il y a notre manager qui nous a défendus, il est allé voir le gars de la réception, il a eu un mot historique : il lui a dit « c’est bon, on a pas cassé des télé non plus ! ».

15. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, c’est quoi pour vous, un beau bug ?
Benoît : Euh… c’est un incident numérique planétaire qui nous fera prendre conscience de l’importance de construire un internet humain et durable dans le temps.
Camille : Ok ! On garde cette réponse, c’est super. … J’ai pas compris exactement ce que ça voulait dire ?
Benoît : Si c’est un bug qui détruira pas tout ! On se dira « wah, on est passés tellement près de la fin des datas et tout, pourquoi on cherche à s’enrichir avec tout ça ? »
Camille : Aaaah ok ça y est j’ai compris.
Benoît : En fait on se dira qu’il faut que tout soit gratos, qu’on soit tous sur Linux, on va se faire du bien, on va arrêter d’investir dans le pétrole et tout, enfin voilà. C’est ça le « beau bug ». 

16. Enfin, quels sont les indispensables à avoir dans sa bibliothèque musicale ?
Vincent : 2001 de Dr Dre !
Benoît : Euh… Songs For A Room de Leonard Cohen.
Luc : Pink Moon de Nick Drake.
Camille : Moi j’aime bien… bon c’est pas mon vinyle c’est le vinyle de mon copain, il est à la maison et j’adore l’avoir, c’est Scott 4 de Scott Walker. Je l’écoute assez souvent et toujours sur vinyle.
Benoît : Un petit best of de Bob Marley… et puis Unknown Pleasure de Joy Division, quand même.
Luc : Un Nirvana, In Utero ? Ou le Unplugged.
Vincent : Le Unplugged.
Luc : Plus le Unplugged. Et un petit Radiohead aussi, Ok Computer.
Benoît : Et un petit Image au mur, bien packé, double vinyle, moins cher que gratuit, ultra bien pressé ! (rires)

 

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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