L’interview de Dycide

Ceux qui diggent dans le milieu techno connaissent certainement le label Solid Shape. Cependant, ce label prenait une nouvelle direction il y a quelques semaines, intégrant dans son catalogue un producteur allemand, nommé Dycide. Ce dernier révélait au grand public dans un premier EP, dénommé Stream Entry, l’art et la manière de produire de l’ambiant techno. Nous lui avons posé quelques questions à l’occasion de cette sortie.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle David, je suis originaire de Munich, en Allemagne. Je travaille en tant qu’interactive sound designer en plus de produire de la musique atmosphérique et minimale 🙂

2. Pourquoi Dycide ?
Je cherchais juste un nouveau pseudonyme, parce que j’ai souvent changé de style musical et je voulais lui donner une nouvelle appellation. L’histoire qui se cache derrière ce nom est assez ennuyante 😀 Ça a commencé avec le verbe anglais « to decide », et j’ai commencé à vraiment apprécier l’esthétique visuelle du mot lorsque j’ai changé le « e » pour un « y ». Après avoir commencé à utiliser ce nom, j’ai remarqué que le verbe « to dye » se cachait dans mon pseudo, et j’ai vraiment apprécié.

3. Est-ce que tu peux nous parler de tes débuts en tant que producteur ?
J’ai en réalité commencé quand j’avais 13 ans avec de l’ambient et du pseudo-IDM. Peu après j’ai été très impressionné par tous les types de musique drum&bass, ce qui m’a de plus en plus conduit vers de l’expérimental et deep drum&bass. J’ai vraiment apprécié l’idée d’utiliser une structure évoluant autour d’un beat minimal avec des sons atmosphériques denses et un paysage sonore ambient. J’ai produit quelques titres et je me suis mis à sortir mon premier EP.

Avant de sortir ce premier EP sur Solid Shape Records, on a eu l’occasion de découvrir un mix lumineux et reposant, rempli de titres ambient et ambient techno.
4. Cela en dit long sur ton univers et tes influences, mais comment est-ce que tu as entendu parler de ce genre de musique ?
Il y avait beaucoup d’artistes au sein de la deep drum & bass qui poussaient leurs productions assez proche de la techno et qui commençaient à fusionner ces deux genres. J’ai lu une interview de Presha, le patron de Samurai Music qui était mon label préféré à l’époque. Il mentionnait Abdulla Rashim et Svreca. J’ai commencé à les écouter et les apprécier beaucoup, ce qui m’a amené à changer de direction de nouveau et de partir vers de la techno deep et hypnotique.

Concernant ta dernière sortie : tu as décidé de l’appeler Stream Entry, titre qui est également le nom d’un des morceaux de l’EP, et ce titre comporte nombre de caractéristiques sonores que l’on retrouve très souvent dans le genre musical acid.
5. Est-ce que ce titre est représentatif de l’idée que l’EP véhicule ? Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la manière dont a été créé ce titre ?
J’ai nomme ce titre d’après le concept bouddhiste de « stream entry », qui décrit le niveau de conscience que l’on atteint grâce à la méditation. J’ai senti que chaque titre que j’avais vraiment envie de finir avait était fait sous ce stade de conscience, donc j’ai souhaité appeler l’EP entier Stream Entry. Le titre en lui-même n’a été que le déclencheur de cette envie.

Si l’on se concentre sur le début de la tracklist, Stream Entry s’ouvre sur Cold, un morceau très progressif dans lequel on entend un rythme doux mais puissant qui évolue sur un arrière-plan plutôt ambient. Et pourtant, on ne peut pas pour autant qualifier ce titre comme étant un titre ambient techno.
6. Est-ce que tu as été influencé par un genre particulier pour ce titre, ou est-ce que l’influence principale de ce dernier n’est pas liée à la musique ?
Je ne pense pas avoir été inspiré par quelque chose de précis. J’ai toujours essayé de commencer sans inspiration spécifique afin de m’engouffrer dans une brèche grâce aux éléments avec lesquels j’avais commencé.

Allons creuser maintenant du côté des basses fréquences de Licht, “lumière” en français. C’est très intéressant, parce qu’en écoutant le titre plusieurs fois sans avoir pris connaissance de sa signification, je trouve (encore maintenant) que c’est un morceau plutôt sombre !
7. Etait-ce volontaire de choisir un nom à l’opposé de l’atmosphère travaillée dans ce titre ?
J’ai eu l’idée du titre lorsque je pensais l’atmosphère sonore du titre. J’ai imaginé une sorte de lumière qui remplirait une atmosphère sombre.

Autre morceau très progressif : Incinerate. Le nom fait aussi peur que le titre. Il est très cinématique : on peut vraiment voir, dans notre tête, un schéma, voire un endroit spécifique se dessiner dans notre tête rien qu’en l’écoutant.
8. Quel genre d’image tu avais en tête en créant Incinerate ?
Je ne me souviens pas des images que j’avais à l’esprit quand je travaillais sur Incinerate. Mais j’imagine que j’avais simplement envie de produire un titre qui aurait un thème profondément sombre.

Enfin, l’EP se termine sur 00. Si jusque là les noms des morceaux étaient assez explicites, celui-ci est beaucoup plus abstrait.
9. Est-ce que tu peux nous en dire plus dans un premier temps sur sa signification ?
Je travaillais sur un autre titre au même moment, qui s’appelait 01. J’ai pensé qu’ils finiraient sur un même EP, donc je l’ai nommé de la même manière. C’est également inspiré du binaire que je trouve très beau esthétiquement parlant.

Ajoutons à cela que 00 est très certainement le titre le plus conceptuel qu’il nous est été donné d’entendre de ta part jusque là. Il a certes un rythme, mais les sons très aigus que l’on entend à l’arrière-plan viennent comme le masquer !
10. Aurais-tu par hasard été influencé par des producteurs de musique expérimentale pour ce titre ?
Ce qui est drôle avec ce titre c’est que d’un côté je trouve toujours qu’il s’agit de mon meilleur track, mais d’un autre côté je l’ai uniquement produit en tant que petite démo pour un logiciel de visualisation que j’avais programmé ce jour là. Donc je ne pense pas avoir eu besoin de plus de deux heures pour produire le titre. C’est aussi le titre le plus vieux de mon EP. Donc encore une fois il n’y avait aucune inspiration derrière l’écriture de ce titre.

On se demande tu travailles en ce moment à l’illustration visuelle de cet EP pour le présenter à ton auditoire.
11. Est-ce que tu peux nous dire si l’EP se verra accompagné d’images, ou de vidéos ?
J’aimerai vraiment construire un vrai live set pour tous mes titres. Mais avant de présenter quelque chose à un public il faut qu’on me booke :D. Et je fais beaucoup d’art généré par du code en parallèle de ma musique, et j’adore les visuels live qui réagissent en fonction de la musique. Donc j’essaierais de créer quelques concepts visuels en vue d’un live set.

12. Si tu avais à choisir entre…
– ambient et techno ?
Ambient, mais je ne suis pas sûr.

– live et DJ set ?
Live.

– jour ou nuit ?
Nuit.

– rêves ou réalité ?
Rêves.

13. Une anecdote à nous faire partager ?
Un peu d’ambient 🙂

14. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. Qu’est-ce que c’est pour toi, un beau bug ?
Pour être honnête je ne m’y connais pas beaucoup en insectes, mais après quelques recherches j’ai trouvé que le scarabée tricolore était assez beau 🙂

15. Enfin, quels sont quelques uns des titres dont tu ne peux pas te passer ?
Luigi Tozzi – Binary Sunset
Seraphim Rytm – Sumaritma (Edit Select Remix)
Alva Noto & Ryuichi Sakamoto – Grains
Acronym – Phonecalls
Jonsson/Alter – Acapellan (Donato Dozzy Remix)

1. Can you introduce yourself in a few words ?
My name is David, I come from Munich, Germany. I am working as a interactive sound designer and besides that I like to produce atmospheric and minimal music 🙂 

2. Why did you choose Dycide as a pseudonym ?
I was just searching for a new pseudonym, because I changed quite a lot of my sound and wanted to give it a new label. The story behind the word is quite boring 😀 It started with the english verb ‘to decide’ and I really started to like the visual aesthetics of the word, as I was changing the first ‘e’ to a ‘y’. After I started using the name, I recognised, that the verb ‘to dye’ was also hiding in it, which I also really liked.

3. Can you tell us about your debuts as a music producer ?
I actually started when I was 13 with ambient techno and IDM-ish sounds. Soon after I got totally amazed by all kinds of drum and bass, which led me more and more towards experimental/deep Drum and Bass. I already liked the idea to use a minimal beat structure with dense atmospheric ambient soundscapes. I produced a few tunes and started to release my first EPs.

Before releasing your debut EP on Solid Shape Records, you unveiled a light and soothing mix full of ambient and ambient techno tracks.
4. This tells us a lot about your universe and influences, but how did you get to know this kind of music ?
There were a lot of artists within deep drum and bass, who were pushing their sounds a lot towards techno and started fusing these two genres. I red an interview with Presha the label boss of samurai music which was my favourite label so far. He mentioned Abdulla Rashim and Svreca. I started to listen and love them a lot which led me to change my sound again and shifted to hypnotic/deep techno.

Regarding your recent release : you decided to call it Stream Entry, which is the name of one specific track of the EP, and it channels a lot of sounds the acid genre generally features.
5. Does this track reveals what this EP is all about ? Can you tell us more about how this track has been made ?
I named the track after the buddhist concept ‘Stream Entry’, which describes the state of consciousness you achieve by meditating. I feel that every track which I really wanted to finish was made through that consciousness, so I wanted to call the whole EP Stream Entry. The track itself only was the trigger for that cause.

If we focus on the beginning of the tracklist, Stream Entry starts with Cold, a very progressive track in which we hear a smooth but strong rhythm that develops on an ambient background. However, we cannot classify it in the ambient techno genre.
6. Have you been influenced by a specific kind of music, or is its main influence not even related to music ?
I don’t think that I was inspired by something specific. I always try to start with no specific inspiration and try to catch a vibe with the elements I start with.

Let’s now go and dig deep the bass frequencies of Licht, german word for « light ». And this is very interesting, because I’ve listened to it several times without knowing the meaning of the word « licht », and I (still) found the atmosphere of the track pretty dark !
7. Was it voluntary to chose a name that is the opposite of the atmosphere we get to hear ?
I had the idea for this title, as I was designing the atmospheric sound of the track. I imagined some kind of light which is pouring into a dark atmosphere.

Another very progressive track : Incinerate. The name looks scary, and so is the track. It is a very cinematic one : we can actually « see » a pattern, even a specific place in our head just listening to the track.
8. What kind of images did you have in your head while creating and designing Incinerate ?
I don’t really remember the images I had in mind while working on Incinerate. But I believe I just wanted to produce a track with a dark core theme.

Finally, the EP ends on 00. If the other names were pretty explicit, this one is way more abstract.
9. Can you first tell us about the meaning of the name of the track ?
I was working on another tune at that time which was called 01. I thought they would fit on one EP, so I named it similar. Also it is inspired by binary, which I think is very beautiful aesthetically.

Let’s add to this that this one might be the most conceptual track, the most abstract one we had to hear from you. It does have a rhythm but it is so light that the high sounds in the background seem to cover it !
10. Have you perhaps been influenced by experimental producers for this one ?
The funny thing behind this track is, that on the one hand I always see it as my best track, but on the other hand I only made it as a quick demo track for a visualiser-software I programmed at that day. So I don’t think I needed longer then two hours for the track as a whole. Also it is the oldest track of my EP. So again there was no specific inspiration for writing that tune.

We wonder if you’re working on a live show to present this new release to your audience.
11. Can you tell us whether or not it is going to be illustrated with images, or videos ?
I certainly would love to build a live set for all my material. But before I can present something to my audience I have to get booked :D. And I do a lot of generative/code art besides my music, and I love music reactive live visuals. So I would definitely try to work on some visual concept for a live set.

12. If you had to choose between…
– ambient or techno ?
Ambient, but I’m not sure

– live or dj set ?
Live

– day or night ?
Night

– dreams or reality ?
Dreams

13. Any funny thing to share with us ?
Some hypnotic ambient yodelling 😉

14. Our webzine is called The Beautiful Bug. What’s a beautiful bug, according to you ?
To be honest I don’t really know bugs, but after a bit of research i found the ‘Tricoloured Jewel Beetle’ to be quite beautiful 🙂

15. Finally, what are some of the tracks you cannot live without ?
Luigi Tozzi – Binary Sunset
Seraphim Rytm – Sumaritma (Edit Select Remix)
Alva Noto & Ryuichi Sakamoto – Grains
Acronym – Phonecalls
Jonsson/Alter – Acapellan (Donato Dozzy Remix)

Retrouvez Dycide sur les internets :
Facebook
Soundcloud

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 × 5 =