L’interview de Big Wool

À l’occasion de la sortie de leur premier album le 2 juin dernier, intitulé Big Wool, nous avons eu la chance de discuter un peu avec Maxime Dobosz, le chanteur du groupe Big Wool. Cet album c’est l’hiver de l’Île d’Amour, la quête perpétuelle de nouveautés, “le désir brûlant d’avancer”, tout ça raconté avec passion et détermination.

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Nous sommes 5 musiciens angevins issus d’horizons différents. Nous avons commencé à écrire de la musique il y a environ 2 ans, à essayer de se construire un univers qui nous est propre. Nous nous sommes échangés beaucoup de disques et avons partagé beaucoup de bouteilles de vin.

Votre premier album, simplement intitulé Big Wool, sortira le 2 juin prochain chez Kütu Records.
2. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet album ?
Nous avions simplement besoin d’enregistrer nos chansons. Il n’y avait d’autre but que de pouvoir conserver ces chansons composées avec le cœur et de pouvoir vieillir avec. A l’époque, nous nous étions à peine exprimé l’idée de les sortir.
L’album a été enregistré au studio de l’Île d’Amour près d’Angers, dont quelques amis s’occupent. Là-bas, on a trouvé un cadre hivernal et froid idéal pour interpréter au mieux nos chansons. J’ai le sentiment que le lieu où ces titres ont été mis sur bande se ressent beaucoup.

L’album commence avec Home, une chanson au rythme très rock mais qui dégage une ambiance très solitaire et désenchantée. Une chanson qui semble annoncer la couleur sombre et fragile de cet album.
3. Voyons-nous juste ?
En effet, c’est le morceau nous semblait illustrer au mieux cet album. C’est un des premiers titres également que nous ayons écrit ensemble. Il a probablement été inconsciemment le modèle qui nous a servit à composer nos autres titres, même si notre musique n’a cessée évoluer depuis.

Vous poursuivez avec Always Goes Wrong, un titre qui continue le champ lexical de la mélancolie et de la tristesse. Vous avez sorti son clip le 11 mai dernier où l’on peut y voir un garçon skatant dans ses pensées au bord de l’eau.
4. Qu’est-ce que ce clip et cette musique représentent dans votre aventure musicale ?
Ce clip était l’occasion de passer un moment avec des amis, proche de la mer. Nous cherchions à illustrer les paroles d’Always Goes Wrong sans être frontal ou trop nébuleux. Cette vidéo que nous avons réalisée avec un bête iPhone raconte l’histoire d’un homme qui déambule à la recherche des réponses à ses problèmes, qui, petit à petit, se substitue à ceux-ci. Comme si ce jeune homme était submergé par ses émotions et avait simplement décidé de laisser faire.
Nous avons réalisé nous même cette vidéo avec pour seul budget celui de nous nourrir le jour du tournage. Nous essayons de faire des choses malgré nos limites, toujours avec le cœur d’être honnêtes et d’offrir des choses qui nous semblent belles et fragiles.
Le visuel prend une part importante dans Big Wool, nous allons réaliser d’autres vidéos toujours dans cette logique autonome. Nous n’avons pas pour but de chercher à révolutionner ou faire du neuf avec quoi que ce soit, seulement proposer de belles choses qui parlent, je l’espère.

Le quatrième morceau de votre album, The Fall, dure plus de 7 minutes. 7 minutes où les instruments plantent le décor d’une histoire qui pourrait se passer dans les immenses paysages d’Ecosse ou les plages infinies de Grèce. La guitare et les violons attristent cette chanson avant qu’une bouffée d’énergie surgisse des percussions, des guitares électriques et du saxophone. L’atmosphère est toujours triste et on y ressentirait presque une sorte de haine et de rancœur.
5. Qu’avez-vous voulu faire passer à travers ce morceau ?
The Fall
raconte la chute, l’échec, et l’obsession que cela peut provoquer. Je ne parlerais ni de haine, ni de rancoeur car je ne crois pas que le morceau s’est construit autours de ces sentiments. Je dirais qu’il cherche à montrer les étapes que traverse l’obsession et la peur d’échouer dans mon cas personnel.
Dans un premier temps la dépression, la paralysie de la pensée. Puis le calme que provoque l’aveu de la défaite, où le corps reprend possession calmement de ses sens. Enfin, la prise de conscience, l’explosion, le désir brûlant d’avancer malgré être tombé.
Cette chanson tourne autour de peu de mots, mais qui font sens avec sa musique.

Le sixième morceau, Underwater, a attiré notre attention. Long d’une petite minute 33, sans texte, seuls les instruments racontent quelque chose.
6. Mais que racontent-ils ?
Underwater
résulte d’essais de notre guitariste Nicolas. Nous souhaitions avoir une pause étrange dans ce disque, en apnée. Ironiquement, nous avons finalement utilisé ce morceau comme une respiration.

Vous finissez l’album avec Supertrigger et on se laisse bercer par cette voix douce et mélodieuse. Comme disait Baudelaire, « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »
7. Que pensez-vous de cette comparaison ?
Je pense que cette citation de Baudelaire est en effet une comparaison astucieuse. Supertrigger est une fin sans pour autant être une conclusion. C’est l’appel au souvenir, l’appel au désir de revenir à ces chansons qui l’ont précédé, un jour.

“Partager notre amour pour ces quelques chansons qui ont pu représenter quelque chose pour nous à un moment donné.”

8. Comment décririez-vous votre musique ? Votre style ? Vos inspirations ?
C’est assez difficile de répondre à cette question. Notre musique oscille entre folk, post-rock et parfois shoegaze sans pour autant s’ancrer réellement dans l’un de ces styles. Au fond, définir ceci n’est pas bien important.
C’est le résultat de beaucoup de l’albums que nous nous sommes fait écouter et qui nous ont probablement affecté dans notre manière d’aborder l’écriture. On a passé quelques soirées autours de bonnes bouteilles à écouter Songs : Ohia, Yo La Tengo ou encore Slowdive, à partager notre amour pour ces quelques chansons qui ont pu représenter quelque chose pour nous à un moment donné. Nous nous sommes beaucoup parlé au final pour construire Big Wool, nous n’avons pas défini à l’avance ce que nous ferions, cela s’est fait naturellement grâce à ces instants ensemble.

9. Maintenant que votre premier album est sorti, quels sont vos projets ? Une tournée ? Un futur album en préparation ?
Nous allons défendre du mieux que nous pouvons cet album sur scène, faire des concerts avec un nouveau groupe sorti de nul part est quelque chose d’à la fois terrifiant et galvanisant, nous avons hâte et espérons être invité de plus en plus à nous exprimer.
Nous avons pratiquement terminé notre prochain album, nous allons l’enregistrer tranquillement, probablement par nous-même grâce à quelques vieilles machines que notre bassiste Guillaume a déniché. Nous jouons certaines de ces prochaines chansons sur scène.

10. Plutôt :
Rock ou Folk ?
Définitivement, folk. Nous écoutons énormément de choses mais nous parvenons mieux à trouver les mots à travers un songwritting pas si étranger de la folk et de l’americana.

Automne ou Hiver ?
Notre album est un pur fruit de l’hiver angevin.

Amour un jour ou amour toujours ?
Tout dépend à qui tu t’adresses.

Spleen ou Idéal ?
Le spleen inspire, l’idéal déçoit.

Cognac ou Armagnac ?
Chenin.

11. Une petite anecdote marrante pour le Claque Son ?
Une certaine violoniste doit déposer son téléphone dans une boîte en début de répétition. Aussi, ne la fixez jamais du regard, vous y perdriez des plumes.

12. Notre magazine s’intitule Le Beau Bug, qu’est-ce qu’un « beau bug » pour vous ?
Pour un musicien, un beau bug est une sublime erreur dont on ne peut se passer, celle qui fait tout le charme d’une chanson : Notre titre The Fall en contient une jolie. En effet, durant l’enregistrement de la guitare acoustique et de la voix, un train passant près du studio a été immortalisé en plein milieu du morceau, démarrant et s’arrêtant pile au bon moment.

13. Quels sont les indispensables à avoir dans son iPod ?
Il y en a tellement, voici une liste non exhaustive et absolument personnelle de quelques indispensables.

Slowdive, Soulvaki

Songs:Ohia, Magnolia Electric Co

Elliott Smith, Either/Or

Lift To Experience, The Texas Jerusalem Crossroads

Father John Misty, Pure Comedy

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Tendrement,
Louise Dornier
Le Beau Bug

 

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