L’interview de Alb

Daisy

Goldain Chains ? Whispers Under The Moonlight ? Ces morceaux ne vous disent rien ? Détrompez-vous, vous les avez forcément déjà entendus à la télé dans la pub peugeot, mais aussi à la radio et ça faisait toujours du bien. Clavier, guitare, basse, drum kit mais aussi vocal, Alb est un artiste polyvalent et a encore beaucoup fait parler de lui récemment avec son dernier clip pour Endless Together en featuring non pas avec The Shoes cette fois-ci, mais avec Daisy. Alors en attendant avec impatience la sortie de son troisième album on a voulu en savoir plus sur cet artiste que l’on suit et apprécie depuis quelques années maintenant.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Clément Daquin, et je suis désormais la moitié du groupe Alb puisque Raphaël, venu me rejoindre à l’origine pour la scène lors de la dernière tournée, fait désormais partie intégrante du projet. On va pouvoir arrêter de me dire «hey salut Alb !» et c’est super.

2. Pourquoi Alb?
Parce que Sopalin, frigidaire, ou Mobylette. L’origine a peu d’importance, c’est loin maintenant. L’important c’est qu’on s’en souvienne !

3. Comment décrirais-tu ta musique ? Ton style ? Tes inspirations ?
J’ai toujours eu du mal à répondre à cette question, encore maintenant. Globalement, je pense faire de la pop car j’essaie de rendre ma musique la plus accessible possible, je n’ai aucune prétention élitiste. En revanche, à l’intérieur de cette case, ça part dans tous les sens. Je ne sais pas faire deux fois la même chanson, j’habille mes chansons en fonction de ce qu’elles racontent, le point commun entre tout ça étant ma voix et le petit studio dans lequel on enregistre tout, avec plus ou moins les mêmes instruments.

4. Toi qui es français, pourquoi faire le choix de chanter en anglais ?
L’anglais, en plus d’être une langue musicale, a cette faculté d’évoquer facilement des images, d’être une langue bien plus photographique que le français. On est sur le ressenti plus que le concret et pour peu que la musique soit en corrélation, on a toutes les chances de s’approprier le morceau et d’y coller ses propres images.

La plupart des textes ont un caractère plutôt intime, mais l’anglais me permet de conserver une pudeur et une distance, et de ne pas avoir l’impression de raconter ma vie dont a priori tout le monde se fout.

I’m still waiting, I’m still waiting

Après ton premier album Mange-disque (2007) et ton second Come Out It’s Beautiful (2014) qui a été une énorme confirmation, on attend avec impatience ton troisième.
5. Sans trop en dire, peux-tu nous donner quelques informations sur ce que tu prépares ?

La majeure différence entre le précédent album et celui qui arrive, c’est le recul. La composition/production du précédent s’est étalée sur 5 ans, pour celui-ci, un an sépare la fin de la précédente tournée de sa sortie. Lorsque je l’ai fait écouter à notre label a la fin du mixage il y a quelques jours , je me suis rendu compte que je l’écoutais moi aussi pour la première fois, c’était une drôle de sensation.

Alors ça a forcément eu un impact sur sa composition, que je ne mesure pas encore, le manque de recul implique de fait une certaine fraicheur, une actualité plus présente, ce qui n’est pas forcément un défaut.

C’est aussi l’album de la délégation. En plus d’avoir consulté Raphaël dès l’embryon de que j’écrivais, j’ai également travaillé avec Mike Giffts (chanteur de Tristesse Contemporaine & producteur de Camp Claude) sur l’ensemble des paroles de l’album, alors qu’il n’était intervenu que pour la correction lors du précédent. J’ai confié certains arrangements à Romain Bly, un talentueux musicien qui fait partie de l’orchestre Stargaze et avec qui nous avons eu la chance d’enregistrer à Utrecht les cordes et cuivres. Christophe Chassol est venu enregistrer un piano sur un morceau, Enfin, Stephane Briat, qui avait déjà mixé le précédent album, est passé me voir régulièrement dans mon studio au cours de l’élaboration des titres pour distiller quelques conseils, pas toujours faciles a entendre, mais toujours profitables.

On a récemment découvert et apprecié Endless Together en featuring avec Daisy, un morceau qui on suppose tease ton prochain album. On a pu lire des choses assez étrange ou plutôt impressionnante sur cette Daisy.
6. Peux tu nous en dire plus ? Sur Daisy, mais aussi sur le morceau.

Pour Endless Together, j’ai imaginé une chanson de rupture – ou plutôt de tentative de récupération – entre un homme et une machine, dans mon cas ma boite à rythme TR-808 que j’affectionne particulièrement.
J’ai choisi de faire ce duo  avec une machine incarnée par Daisy, nom donné à l’algorithme de voix de synthèse par « alter ego », récent logiciel de synthèse vocale lancé par Plogue audio. La voix est entièrement générée par le logiciel, programmé par mes soins, ce n’est ni une voix transformée, ni un vocodeur ou ni un auto tune, c’est l’ordinateur qui chante.
Je suis sorti assez vite du champ lexical – très personnel – de la boite à rythmes pour rendre le thème plus universel, notamment après avoir vu le film Her, dont ma chanson s’inscrit dans la continuité, à la différence que dans la chanson, c’est moi qui finis par passer dans la matrice pour rejoindre Daisy
Ma voix devient de moins en moins naturelle au fur et à mesure de la chanson pour me rapprocher tout doucement de la machine.
Dans le petit dialogue de fin je fais référence a Electric Dreams », (film kitsch des années 80 qui traitait déjà de la relation homme/ machine dont Moroder a fait la BO), dont je me sers pour lui faire une déclaration d’amour, ce à quoi Daisy me répond :

hummm… i love you but… are you really quoting electric dreams ?

Tu as deux morceaux qui résonnent dans les têtes françaises Golden Chains en featuring avec The Shoes et Whispers Under the Moonlight, car elles passent régulièrement à la télé pour des pubs Peugeot.
7. Comment est-ce arrivé ? Le regrettes-tu ?

Attends attends, je ne comprends pas bien. Est-ce que tu me demandes si je regrette, en plus de vivre convenablement de ma musique en 2016, d’avoir eu mon morceau bastonné à la TV à tel point que les radios ont fini par le rentrer en rotation, argument qui a aidé notre bookeuse à nous planifier une tournée de 50 dates, permettant la sélection des victoires de la musique dans la catégorie “révélation live”, relançant ainsi la tournée pour 50 dates supplémentaires ainsi qu’une invitation chez Laurent Ruquier qui relance les ventes de l’album un an après sa sortie ? Est-ce la question ?

8. Une petite anecdote marrante du groupe pour le Claque Son ?
Raphaël
est célibataire, alors que c’est l’homme idéal. Il est attentionné, cuisine divinement bien, il est jeune, beau-gosse… c’est marrant comme anecdote non ? (mesdemoiselles: facebook > Raphaël Jeanne Vrielynck)

9. Qu’est-ce qu’un « beau bug » pour toi ?
Une rencontre improbable dans un endroit improbable.

10. Quels sont les indispensables à toujours avoir dans ton iPod ?
David Bowie
Hunky Dory
Neil YoungHarvest
StereolabSound Dust
Ryuichi SakamotoThousand Knives
Christophe ChassolIndiamore

I’ll do anything for you

ALB ft. Daisy - Endless Together / Tournage

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Tendrement,
Le Beau Bug

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