L’Interview de A-Broad

Les vestes by A-Broad

Sélectionné pour la prochaine Braderie de l’Art de ArtPointM les 3 & 4 décembre prochain, le collectif A-Broad dont on a eu un coup de cœur pour leur travail, nous a répondu à quelques questions.

1. Peux tu présenter en quelques lignes ?
A-Broad vient d’une volonté de partager, chacun, sa liberté d’expression tant au niveau de la mode, de l’art, que de la photographie. C’est aussi un désir de se rappeler d’où nous venons. Pour la plupart de Roubaix, une terre pleine de richesse, que ce soit du textile, des usines désaffectées, ou encore des habitants. Nombreuses sont les rencontres qui ont pu ouvrir mon esprit, me toucher, ou bien me choquer. Un terrain très diversifiant qui s’ouvre à nous depuis notre enfance, sans parler de notre belle ville, Lille.
La vie en communauté me semble très importante, je m’y sens bien. Les projets s’enchainent librement comme une évidence, une conviction, une passion qui me prend chaque jour par les tripes.
C’est à l’ECV (École de Communication Visuelle), en Design Graphisme, que je décide de me lancer. Après trois ans j’ai voulu continuer mon chemin en direction artistique à Sup de Création, une école de publicité qui enseigne les fondamentaux d’un concept publicitaire. J’aime me confronter à de nouvelles difficultés et me réinventer à chaque projet. J’aime également toucher à tout, du design d’objet au dessin, de la photographie à la vidéo, autant de support qui me poussent à aborder l’art de différentes manières.

Tu es extrêmement polyvalent – design d’objets, dessin, photographie, vidéo… – et as le goût d’explorer l’art sous toutes ces facettes ! Des passions que tu vas réunir dans un premier temps sous forme d’un magazine : «A-Broad Book ».
2. Quelles sont tes sources d’inspirations pour tes créations?  Comment t’es venu cette idée ? 
À vrai dire, j’aime découvrir de nouvelles expériences, ça me permet de me réinventer à chaque projet et de ne jamais m’en lasser ! Mes inspirations sont très variées,
étant donné que j’aime renouveler les expériences par différents procédés. Concernant la photographie de portrait, j’aime beaucoup le travail de Lee Jeffries dont je me suis fortement inspiré pour la série des « Gueules du Nord ». Je trouve que ses photos sont époustouflantes tellement elles regorgent de vie ! Une beauté hors du commun, des visages tracés et marqués par leurs passés, des émotions qui se dévoilent, je ne peux que respecter ce photographe et c’est pourquoi je lui ai rendu hommage en le faisant à ma manière, à Lille mais essentiellement à Roubaix.

Ensuite, il y a le maitre, à mes yeux, Monsieur Helmut Newton, ce photographe de génie. Il a ce don pour prendre les plus beaux clichés de femmes, puissantes, et sensuelles. Puis il y a Richard Avedon, un photographe de mode avant tout qui a su faire du portrait photographique un art véritable. Sans parler des nombreux photographes présents sur les réseaux sociaux dont Instagram, EyeEm, ou encore 5OOpx. Je me dois d’être régulièrement en veille de l’actualité. À l’avenir, j’aimerai pouvoir interagir avec ce qu’il se passe, que se soit pour l’environnement, la politique, le cinéma, ou encore le sport.

Pendant ma licence à l’ECV (École de Communication Visuelle), en Design Graphisme, nombreux sont les projets qui ne voyaient pas le jour dût au rythme intense des créations tout au long de l’année. Puis au bout de 2 ans, j’ai proposé à un pote d’enfance, Mathieu Renard, de réaliser ensemble un magazine, sous forme de Book. Chacun y a trouvé sa tâche, l’idée l’a tout de suite emballé. J’ai continué à lancer de nouveaux projets pour enrichir notre contenu et lui s’est occupé de la rédaction. Trois mois plus tard, notre magazine voit le jour, une certaine satisfaction s’est emparé de nous. En soit, c’est très agréable de pouvoir feuilleté son propre magazine avec l’intégralité de mes projets que me tiennent énormément à cœur.

A-Broad Book est le fruit de deux ans de travail, de photographies, de voyages, de créations et d’ inspirations. L’histoire de deux individus, A et B, amis depuis 10 ans partis ABROAD pour grandir chacun de leur côté. L’un émigre en Australie l’autre au Pérou. Ils reviennent grandis. Le destin s’en mêle, ils intègrent deux écoles voisines. L’ECV pour A, l’ISCOM pour B. Ils se revoient et nourrissent l’idée de créer, ensemble. A et B deviennent A-B, l’entente d’un DA (Directeur Artistique) et d’un CR (Concepteur Rédacteur). Ensemble, ils fondent un A-BROAD BOOK, un BOOK, aux allures de magazine, un magazine aux allures de ROADBOOK. Moins que la destination, c’est le voyage qui compte.

A-Broad Book

3. Pourquoi avoir choisit A-Broad Studio comme blaze ? En quoi consiste ce collectif ?
Passion. C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on évoque le collectif A-Broad Studio. Un qualificatif qui tient sans doute à la soif de créativité de ce jeune clan.

 Quentin Honoré, étudiant à Sup de Création, et Thomas Renard, étudiant en stylisme-modélisme à l’ESMOD, lancent A-broad Studio en 2015. Rapidement rejoint par Eléonore Terzian, freelance en Communication digitale et blogueuse, le duo devenu trio fonctionne comme une sorte de démocratie créative, chacun tâchant de convaincre les deux autres de la valeur de son idée. Une démarche de partage, bien loin du stéréotype du créateur isolé. 

La force de A-broad Studio est de réunir plusieurs compétences complémentaires, laissant la possibilité à chacun d’apporter son expertise. Quentin, en charge de la partie audiovisuelle, réalise les shootings photos et les vidéos, Thomas apporte sa vision artistique avec une solide expérience dans la mode et Eléonore se charge de la communication sur les réseaux sociaux et de la recherche de tendances pour nourrir les projets.

 Porteurs de messages de la youth culture, ces digital natives et zappeurs visuels mêlent les références et revendiquent leur côté pluriel. A-broad Studio est une unité, un laboratoire de pensée, une association qui joue avec les repères et laisse une trace esthétisée dans les esprits.

 Deux garçons, une fille, un objectif : bousculer les codes.

En mars dernier tu as publié « YOU », une vidéo narrative sur les motivations d’un jeune créateur – Thomas Renard – mettant l’accent cette fois, sur la mode.
4. Ce travail vidéo a pour but de promouvoir le styliste, as tu dans l’idée de réaliser pour mettre l’accent sur des talents ? Est-ce une façon de lancer le collectif dans une nouvelle thématique qu’est le stylisme ?

À l’avenir, nous aimerions réaliser une vidéo authentique à chacun des membres du collectif, une manière de se présenter sous toutes nos facettes. À travers ce collectif, nous aimerions collaborer avec les jeunes talents de demain, et pouvoir profiter de cette convivialité pour s’exprimer librement, se soutenir, et s’entraider. La mode fait partie de nos centres d’intérêts majeurs, ainsi que le cinéma, les artistes et designer de demain.

Tu t’es également lancé dans la customisation de Stan Smith à la suite d’une demande de tes amies.
5. Se réapproprier un objet « banal » pour en faire un objet unique, penses-tu faire d’autres projets mêlant ta créativité en fonction d’une demande extérieure ?

Il me reste encore énormément de choses à découvrir donc je reste ouvert à toutes nouvelles propositions artistiques. Je suis actuellement en collaboration avec mon frère, Baptiste Honoré, qui étudie en customisation d’objet à Saint Luc. Nous aimerions développer une série d’extincteurs sous différents aspects et pour une cause environnemental. Mon bro travaille beaucoup le bois, et nous aimerions exploiter ce support. Je vais également travailler avec Arthur Languin, un très bon pote, designer et travaille en free-lance.

Stan Smith x A-Broad

Dans ta série de photos « Gueule du Nord » tu mets en lumières des visages inconnus.
6. Quelle a été ta démarche pour ce projet ? As-tu choisis ces personnes aux hasards ? Pourquoi avoir fait le choix de les mettre en noir et blanc ?

Ce projet est né d’un désir de me surprendre, de défier l’inconnu et de mettre en lumière l’invisible. Cette série raconte l’histoire de ces visages, loin des lumières, qui, le temps d’un flash, deviennent étincelants. J’aime exploiter les traits d’un visage marqué par la vie, la spontanéité d’un enfant, la singularité d’une silhouette, l’expression d’un regard pour exprimer la beauté du quelconque et sublimer le réel. Rassemblés, les portraits représente une œuvre qui invite le spectateur à imager la richesse de la mixité sociale. Chaque visage exprime la spontanéité d’un instant loin des codes et des classes. Certains de ces visages expriment aussi le labeur d’une vie éprouvante tellement empreint de sincérité qu’il permet au spectateur la plus belle des empathie. J’ai voulu travailler en noir et blancs ces portraits pour marquer un arrêt dans le temps, comme une impression figé. Ces rencontres furent très intenses, j’avais comme l’impression d’être privilégié par leur parole, le temps d’un instant. Une certaine confiance se mettais naturellement en place. Ils se confiaient volonté et me partager ce qu’ils désiraient.

France Denis

Gueule du Nord

Gueule du Nord

Gueule du Nord

Adepte de l’Urbex (« urban exploration » : qui consiste à visiter les lieux abandonnés par l’Homme), tu en as profité pour créer une série d’extincteurs inspiré et revisité, pour plus tard les recycler à l’effigie des marques d’entreprises.
7. Dans tes créations, donnes-tu de l’importance au recyclage des matériaux ? Comptes-tu réitérer l’expérience pour un nouveau projet ? En tant qu’artiste, qu’est-ce que t’inspire le fait de donner une nouvelle vie aux matériaux usagé ?

Oui, au-delà du fait que je trouvais intéressant de traiter l’extincteur comme un support d’expression, l’idée de lui donner une seconde vie m’a semblé tout de suite évident. Ce sont des objets, qui à part entière, ne sont pas. Il est important de se sensibiliser à l’environnement, car sans ça, nous ne serions plus là. Je n’ai pas encore réfléchi à un autre support qui puisse être lui aussi recyclé, mais je compte bien me prêter au jeu !

Urbe X by A-Broad

Urbe X by A-Broad

8. Auteurs d’une collection d’extincteurs réinventés, customisation de Stan Smith, confection d’un magazine, photo-shoots, et bientôt marque de vêtements ? À 25 ans tu as déjà derrière toi de nombreux projets, malgré le fait que tu es un inconditionnel du renouvellement, penses-tu dans un futur te recentrer sur une passion en particulier ?
Je ne pense pas, il y a beaucoup trop de choses que j’aime, qui m’inspirent, qui me choquent. Je ne me vois pas m’enfermer dans une passion en particulier. Savoir être polyvalent est une chose de plus en plus recommandée, et quand on monte un collectif, mieux vaut savoir toucher à tout ; photographie, vidéo, art, design, graphisme pour ma part… J’essaie d’adapter chacune de mes créations avec un support qui lui est propre en fonction du thème choisi et de ce que je veux exprimer. On verra par la suite, je préfère ne pas savoir ce qui m’attend demain, je trouve ça plus excitant.

Extincteur by A-Borad

Extincteur by A-Borad

9. Qu’est qu’un Beau Bug pour toi ?
Un Beau Bug ? Et bien, un beau bug c’est quand il se passe quelque chose d’inattendu dont on ressort plus épanoui. Un Beau Bug c’est comme le crash de son ordinateur au milieu d’un travail acharné sur un logiciel. Il amène de l’étonnement, celui que les choses ne se passent pas comme prévu. Ensuite, il y a l’angoisse, la peur d’avoir perdu son temps et son énergie, d’être forcé de recommencer, découragé. Mais quand l’ordinateur redémarre, par un quelconque deux ex machina, et que l’on retrouve ce que l’on pensait perdu, ce pour quoi on avait transpiré, on est empli d’un bonheur nouveau. Un bonheur que la tâche exécutée sans entraves, sans que l’ordinateur ne crash avant de redémarrer, ne procure. On se sens soumis à des forces, des chances, des opportunités. Un Beau Bug c’est cela, c’est échouer, c’est se voir entraver le chemin vers la chose à laquelle on aspire, avant que les choses ne tournent agréablement en notre faveur.

10. S’il y avait une photographie, objet design ou autre que tu pouvais te procurer, laquelle serait-elle ?
S’il ne devait y en avoir qu’un je dirais l’autoportrait de Basquiat. Son travail est aujourd’hui inaccessible hors c’est le genre d’art qui me fascine. C’est personnel, marginal, coloré, unique. C’est beau et violent à la fois, c’est fort de sens et fort techniquement, bref c’est pour moi ce qui fait que l’art laisse une trace indélébile de notre humanité.

A-Broad studio sur les internets :
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Sur EyeEm

Tendrement,
Laurène,
Le Beau Bug

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