Le serpent géant de Huang Yong Ping au Grand Palais

Vue de la nef du Grand Palais, Monumenta 2016

Depuis 2007, des artistes majeurs investissent la nef du Grand Palais avec leurs oeuvres monumentales. Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor, Daniel Buren et Ilya puis Emilia Kabakov y sont passés et c’est aujourd’hui à Huang Yong Ping que revient cet honneur ! D’origine chinoise, il est établi en France depuis une vingtaine d’années. Huang Yong Ping est “un géant, c’est un des très très grands artistes de l’at contemporain d’aujourd’hui”. Connu pour ses animaux monumentaux, vous avez peut être déjà croisé une de ses oeuvres à Nantes, Lyon, Monaco ou encore à Paris. Un serpent en train de muer, un éléphants couché sur le flanc ou encore une pieuvre géante agrippée au plafond peuplent ainsi les grandes villes de France.

Loin d’une simple figuration, Huang Yong Ping instaure une revendication forte dans son travail. Le commissaire de l’exposition Jean de Loisy explique que c’est  “une expérience physique et mentale, un voyage intérieur”. Cette année à Monumenta (au Grand Palais), le squelette d’un serpent de 250 mètres est en train de sillonner entre des centaines de conteneurs. Aussi, l’artiste a placé le bicorne de Napoléon au cœur de l’installation. Symbole du pouvoir bataillé par nos sociétés, il fait face à la gueule ouverte et menaçante du serpent! Huang Yong Ping explique que le choix de cet animal n’a rien à voir avec ses origines asiatiques. Il s’agit plutôt ici d’un animal universel présent dans de multiples cultures, à en croire la tentation d’Adam et Eve décrite dans la Bible par exemple. Sujet à des mues de la peaux, ce reptile évolue et se renouvelle sans cesse au gré des saisons.

Illustration View of the 'Empires' exhibition of Huang Yong Ping as part of Monumenta 2016 to Grand Palais from May 8th till June 18th, 2016 on May 07, 2016 in Paris.

Illustration View of the 'Empires' exhibition of Huang Yong Ping as part of Monumenta 2016 to Grand Palais from May 8th till June 18th, 2016 on May 07, 2016 in Paris.

Baptisées “Empires”, les revendications de Huang Yong Ping installées au Grand Palais sont assez claires. Le commissaire précise qu’il s’agit “d’un paysage symbolique de la puissance économique mondiale d’aujourd’hui : ses ports, du Havre à Shanghai, et le commerce maritime, étendu à toutes les mers du globe.” Marquant une pause propice à la réflexion tandis ce que la globalisation est en marche, cette oeuvre parle également de toutes les formes de pouvoirs passées et à venir. Le bicorne de Napoléon passe de main en main et représente une menace quelle que soit l’époque, quel(s) que soit le(s) pays concerné(s). Cette oeuvre très politique est placée au centre de la capitale et peut vite devenir “une cible”. C’est pourquoi l’artiste précise “que la prudence est importante” et qu’il “doit rester discret”.


La particularité de Huang Yong Ping réside peut être dans son universalité. Touchant la totalité du globe, ses symboles n’ont pas d’âge. Le matériel, lui même, a été conçu à travers la planète. Ici, le corps du serpent a été fabriqué en France et la tête en Chine. L’artiste précise également qu’il n’aurait rien pu faire seul. En définitive, “Empires” est le fruit d’une collaboration humaine forte. Marqué par l’ouverture de la Chine à la France, cet artiste emblématique de l’art contemporain, tire ses influences des quatre coins du monde.

La visite de la nef du Grand Palais est sans pareil. Haute de 45 mètres pour un surface de 13 500 mètres carrés, ses dimensions rappellent la petitesse de l’homme. La verrière ouvre le regard du spectateur aux cieux dans un subtil jeu d’extérieur à l’intérieur. Les ombres des suspensions métalliques se mêlent à celle du serpent. La promenade s’annonce impressionnante! Les déambulations qu’elle offre n’ont pas fini de vous émouvoir. Le serpent vous attend…

Semblable à un constat exhaustif, l’oeuvre de Huang Yong Ping est proche de tous et de tout: du monde d’aujourd’hui et de demain. A voir et à revoir jusqu’au 18 juin 2016.

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug

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