Le choc des cultures de Tony Allen : There Is No End

Crédits : Bernard Benant et Navire Argo

L’incroyable Tony Allen, pionnier de l’afrobeat et batteur d’exception est rejoint par des jeunes rappeurs sur There Is No End. Cet album posthume résulte de la volonté de l’artiste d’ouvrir ce projet à la jeune génération. Cette association, aussi étonnante qu’elle puisse paraître, donne un résultat extrêmement juste. There Is No End, c’est une belle manière de continuer à faire vivre cet artiste que nous aimons tant.

Également disponible sur Deezer.

L’album débute avec Stumbling Down, un featuring avec Sampa The Great. C’est sur une instrumentale rythmée et une batterie accompagnée de notes spatiales que l’on retrouve le flow singulier de la rappeuse. Un refrain à l’ancienne, façon Black Eyed Peas, ajouté à la vibe de Tony Allen en arrière-plan, c’est un grand oui. Le titre suivant, Crushed Grapes s’enchaîne à la perfection, en reprenant les tonalités du morceau précédent.

“Wisdom as deep as his grooves”

There Is No End est un mélange de cultures, c’est le partage et la fusion de différents genres musicaux. Toujours en gardant sa patte bien visible, Tony Allen réussit à donner du cachet à ses morceaux grâce à l’univers des artistes qu’il invite. Le titre Mau Mau, en featuring avec Nah Eeto est le plus parlant pour l’illustrer. Ce morceau a une véritable âme qui se ressent dès les premières notes du titre. Cependant, on retrouve également l’influence TA qui est toujours bien présente. Un mélange explosif qui nous envoute totalement.

Avec Rich Black, en collaboration avec Koreatown Oddity, Tony continue de nous surprendre. Il nous embarque au rythme d’une instrumentale mi-électro, mi-soul avec un refrain séduisant. Les notes de flutes nous rappellent le côté spirituel de l’artiste, en nous faisant voyager dans un autre monde. Ce morceau est un réel enchantement, un expérience unique. C’est Lava La Rue qui prend la suite, avec One Inna Million. C’est sur une instru incroyable, aux milles instruments que la rappeuse nous régale avec son flow délicat et percutant.

“The music of the bones”

Cosmosis, en featuring avec Ben Okri et Skepta est une véritable claque musicale. Tony Allen nous propose une instrumentale  sensationnelle, qui nous submerge d’émotions. En alternant entre paroles parlées et paroles rappées, ce morceau révèle un côté à la fois dénonciateur et un autre côté musicalement impressionnant. On se croirait quasiment dans un décor de film, lors d’une manifestation.

Crédits photo : Barnard Benant et Navire Argo

En bref, Tony Allen nous dit adieu de la meilleure manière qu’il soit : en laissant derrière lui un chef d’oeuvre. L’artiste redonne à la musique son importance en la rendant accessible à différentes générations. La combinaison de sa musique avec celle des rappeurs, plus jeunes, est une franche réussite. Ce projet est un voyage entre les genres, qui nous fait ressentir toutes sortes d’émotions. Alors entre sentiment de bien-être, de colère ou encore d’amour, celui qui primera ici sera la tristesse que l’on éprouve à l’idée de cet adieu.

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Tendrement,
Valentine de Cormis
Le Beau Bug 

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