La Fille du 14 Juillet d’Antonin Peretjatko

Après avoir visité quelques chefs d’œuvres du cinéma des années 60 jusqu’en 90, il était temps pour l’équipe du Beau Bug de s’intéresser à notre décennie, histoire de prouver au cas ou certains en douteraient encore, qu’il y a, à l’heure où on vous parle, un cinéma qui s’efforce encore d’innover et pas qu’un peu! C’est le cas de La Fille du 14 Juillet d’Antonin Peretjatko sorti en 2013 et présent à la quinzaine des réalisateur de Cannes la même année.

La Fille du 14 Juillet c’est quoi? c’est qui? et bien c’est l’histoire de Truquette (Vimala Pons) qui vend La Commune sous l’Arc de Triomphe le 14 juillet, elle rencontre peu de temps après Hector, gardien au Louvre qui tombe fou amoureux d’elle, celui ci s’empresse d’en parler à son ami Pator, en cavale après avoir exercé illégalement  en tant que médecin. Quelques chamboules tout plus tard la bande décide de partir en vacance plus ou moins forcée. Ah! Et Charlotte se joint à eux pour la bonne humeur.

Oui on sait, vous vous demandez  si tout ça va vous menez quelques part, ou si vous n’allez pas être perdus dès les 5 premières minutes, et bien contre toutes attentes, non! Antonin Peretjatko véritable touche à tout, ingénieur du son, monteur et réalisateur de courts métrages remarqués, signe ici sont premier long. Si vous avez déjà entendu son nom ont associe son cinéma à un style “loufoque”, “foutraque”,”bordélique” et c’est bien vrai! Pourtant au fil des séquences on voit apparaître une véritable histoire, très construite, lorsqu’on gratte un peu la pellicule ( le film à été tourné en 16mm), on aperçoit que chaque détails tous plus surréalistes les uns que les autres s’emboîtent parfaitement et posent une ambiance joyeusement débraillée. Cependant bien que le réalisateur acquiesce sur ces choix esthétiques, toujours en quête du faux raccord et d’une touche d’imperfection par peur d’une image trop lisse ( ce qui explique cette influence Nouvelle Vague qu’on lui prête). Pour autant il n’est pas question d’improvisation:

C’est écrit à la virgule près. Comme le plan de travail est très lourd, je ne pars jamais en tournage sans un découpage précis, avec un repérage des décors, un plan au sol pour la position de la caméra, parce que sinon je sais que je vais perdre énormément de temps”

Outre son aspect technique, La Fille du 14 Juillet est un véritable bijou d’originalité, ne serait ce que par les thèmes abordés: du film de Vacance à la quête de l’amour jusqu’à un questionnement politique ( le titre oblige). Mais ce film est avant tout un monstre d’absurdité dans le meilleur sens du terme. Antonin Peretjatko fait rêver en donnant à tout cinéaste en devenir l’assurance qu’on peut faire un film déjanté et fou avec peu de moyen, regardez ses court métrages French Kiss et Paris monopole, une sensation de fraîcheur vous envahira. D’ailleurs encore une fois la production n’a pas été tendre avec le réalisateur, le projet est resté en suspens plusieurs années avant d’être ressuscité par Ecce films qui a produit ce qu’on pourrait appeler un certain “renouveau” du cinéma français avec La Bataille de Solférino de Justine Triet ou encore, 2 
Automnes
 3 
Hivers
 de
 Sébastien
Betbeder

On ne pouvait pas passer à coté de Vincent Macaigne, omniprésent dans ce nouveau paysage culturel, si vous ne le connaissez pas c’est une raison suffisante de courir voir le film, avec son physique bien loin du jeune premier, Macaigne possède cette aura drôle, attachante et pathétique qui berce tous ses films. En parlant d’aura en voilà une révélation! Vimala Pons séduit avec son pseudonyme de Truquette, sa coupe à Frange et ses talents de circassienne, également au casting du dernier Bruno Podalydes, Comme un avion et du premier film de Thomas Salvador, Vincent n’a pas d’Écailles, quelque chose nous dit qu’on va encore entendre parler d’elle un bon moment et c’est tant mieux!

Voila c’est à peu prêt tout, alors oui les vacances c’est finit, juillet vous parait loin, vous n’êtes pas un patriote dans l’âme tout ça tout ça, mais bon, ça fait du bien de voir une comédie intelligente et novatrice bercée par un humour loufoque et menée par des acteurs talentueux, schéma qui se fait rare quand les productions en matière de comédie tournent en rond depuis un bon moment. Et en bonus ne loupez pas l’apparition de David Boring ( chanteur des Naïve new beaters)Antonin Peretjatko signe ici un film dont la recette fait mouche et si vous avez aimé sachez qu’il remet le couvert avec La Loi de la Jungle où on retrouvera nos deux acteurs préférés accompagnés par André Dussolier et l’unique Mathieu Amalric!

A voir par curiosité, à revoir par amour.

Tendrement, Le Beau Bug