Jeigo – Everywhere I Go

Qu’en est-il de la scène anglaise ? Riche de son héritage musical, la terre britannique ne semble pas avoir livré ses derniers secrets électroniques. C’est en tout cas ce que laissent penser les sonorités de Jeigo. Le producteur londonien livre un deuxième EP, Everywhere I Go, singulièrement inclassable mais résolument dansant. Après avoir sorti un EP éclectique sur l’avant-gardiste label Noble People en 2017, Jeigo présente un second univers sur Shadow City Records. Ce dernier rythme les nuits de Birmingham par ses soirées et prône par son label un son house définitivement anglais et groovy. Il faut donc foncer danser sur les sons d’Harry Parsons, mais aussi découvrir Alex Wooley qui fait se perdre la douce voix de Sade sur des percussions lointaines.

Pour autant l’EP de Jeigo semble détoner sur ce label. Sensiblement plus profond et mental que les productions disco et house de Shadow City Records, il ne feint pour autant pas à son objectif : faire danser.

A travers ses trois titres, le londonien trouve un savant équilibre musical. Vouloir déterminer le genre de ces morceaux est réducteur, tant les trois, sont à leurs manières capables de changer le rythme et l’émotion d’une piste de danse en quelques mesures. Le premier titre de cet EP, Everywhere I go établi une ambiance reflétant ce que peut susciter l’émotion de la danse dans un club. A l’aide d’une Groovebox Roland Jeigo créée un titre profond. Lordbuck Jazz présente un univers différent ou les vocaux savamment samplés sont un clin d’oeil, à la fois jazz et funk. On retrouve ici des rythmiques organiques venant percuter une basse puissante et électrisante. Big Miz donne sa version du morceau sur la face B. La base percutante est nuancée par un choix mélodique qui en fait presque un titre tropical. Not Used to love s’inscrit dans la continuité du titre Lordbuck Jazz par ses percussions. Mais on retrouve clairement l’esprit du premier EP de Jeigo. Il y a ici une volonté de créer un univers bien spécifique, l’ambiance étant créée par la systématique présence d’un synthé mélancolique.

Par cette sortie, Jeigo affirme une production musicale très personnelle et identifiable. Il parvient à rendre puissantes et dansantes ses mélodies à la fois mentales et émotionnelles. Sans plus attendre, il faut accorder une oreille attentive à ce jeune producteur. Depuis avril, Jeigo partage aussi les sillons d’un disque avec le français Mryn. Son titre garage trouve sa place au sein de la sélection toujours pointue du label britannique Valby Rotary.

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Tendrement,
Emmanuelle Margry,
Le Beau Bug.

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