Jazzboy – Jesus Jazz

Jazzboy. Retenez bien son nom. Car, à la fois mélancolique et pop, langoureux et syncopé par moments, son premier EP, intitulé Jesus Jazz, a déjà tout d’un grand. Construit en mettant au coeur de sa dynamique de composition l’idée d’un art total et la volonté de créer son propre jazz, Jazzboy et son EP fascinent ; l’usage des instruments ainsi que la manière de produire rendent les titres envoûtants comme solaires. Plongée au coeur d’un univers sonore pas comme les autres.

“J’ai été le témoin d’une scène de mort douce et magnifique
La lente agonie de Jazzboy”

Après une introduction pour le moins dérangeante dans ses paroles mais relaxante dans son instrumental, nous avons le plaisir de rentrer dans le vif du sujet, ou plutôt dans le vif de la virtuosité du producteur, avec Jesus Jazz. En proférant des morceaux de phrases sans cohérence réelle mais aux rimes recherchées, Jazzboy nous embarque dans un monde aux couleurs et sonorités nouvelles, redéfinissant par la même occasion les codes de la pop 2.0 qui se dessine depuis quelques années. Romeo, son successeur, se joue également des codes en entremêlant les synthés en introduction, en superposant les pistes à la manière de filtres de couleurs sur une photographie : Jazzboy déforme et déconstruit pour reconstruire.

On atteint un nouveau stade sur le diptyque qui s’ensuit, formé de Just Like We Did It (Dr1gs) et de Goodbye (Dr2gs). Un brin plus expérimental que les autres, il est à apprécier différemment du reste des titres de l’EP ; voyez ces deux titres comme un tableau, comme deux actes d’une pièce de théâtre, voire comme le recto et le verso d’une feuille. Indissociables, Just Like We Did It semble être la partie émergée de Goodbye, l’un étant pop l’autre réellement protéiforme, expérimental ; l’un est ce que l’on révèle au grand public et l’autre ce que l’on garde pour soi — ou presque.

Et on termine par un véritable bijou sonore, 4ever. Mélancolique à souhait, les influences jazz soutiennent le rythme faussement langoureux et le chant quasi désespéré de Jazzboy. On ne vous en dit pas plus, car il n’arrive que trop souvent que les mots ne suffisent pas à décrire l’expérience sonore.

Et si vous vous demandiez à quoi ressemble son univers visuel, on vous laisse l’apprécier ici-même. Qualifié de téléfilm par l’artiste (qui a par ailleurs co-dirigé ce dernier), il est d’une esthétique vintage sans pareille, en parfaite corrélation avec l’univers sonore de ce titre.

Jazzboy est un artiste obsédé par la création d’un nouveau jazz ainsi que par l’idée d’un art total. N’ayant fait apparition qu’en 2017, c’est très rapidement qu’il a su se faire repérer. Univers fort et affirmé lui ayant valu de nombreux allers-retours entre la France et les Etats-Unis pour se produire en live, aujourd’hui le producteur ne s’arrête plus. Entre la réalisation de clips tournés aux quatre coins du monde et ses soirées “Jazzodrome” parisiennes, l’enfant prodige a du pain sur la planche ! Et nous, on va se contenter de scruter le moindre de ses mouvements.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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