Grems – Sans Titre #7

Mickael Eveno, plus connu sous le pseudonyme de Grems, ne pouvait pas mieux commencer l’année 2018. Avec la sortie de son album Sans titre #7 le 19 janvier 2018, le graphiste et rappeur nous surprend une fois de plus. Alors qu’il avait annoncé ne plus vouloir produire d’album, telle ne fut pas la surprise de ses plus grands fans lorsqu’il publia le 8 janvier un teasing des plus alléchant qui rendit les onze jours suivants interminables.

Avec cet album, Grems marque un véritable tournant dans sa carrière. Après deux ans de travail, on se retrouve face à des textes plus travaillés et surtout plus personnels. C’est ainsi que Sans titre #7 apparaît comme une invitation à voyager autour de la vie du rappeur.

“Pour mon A majuscule et mon petit a”

Véritable hommage à sa fille, Apple pomme est une lettre ouverte d’un père à sa fille dans laquelle il y décrit le combat qu’il a mené pendant dix années pour obtenir sa garde. Par un rythme entrecoupé, ses mots s’ancrent et raisonnent encore dans nos esprits après plusieurs écoutes. Les références à sa famille ne se limitent cependant pas qu’à un seul titre. L’artiste fera de nombreuses allusions aux doux prénoms de ses filles, Apple et Alabama, tout au long de l’album.

Nos oreilles ne peuvent que se réjouir des airs de UK Garage de Michael et de Skit – Uk qui nous font prendre un vol direct vers Londres, terre d’exil de l’artiste lors de la préparation de son quatrième album, Broka Billy, ainsi que du projet Klub Sandwich avec Disiz. Le rappeur adapte parfaitement son flow à un tempo rapide. Des rimes toujours plus improbables posées sur des sonorités variées, ingrédients clés du made in Grems, ne peuvent que contenter ses plus fidèles adeptes.

Direction aussi les États-Unis avec Sans titre #7. Inventeur de la deepkho, Grems reste fidèle à son style en posant son flow sur de la deep house de Chicago et de la techno de Détroit. Impossible alors de ne pas remuer de la tête en écoutant Tokup et Chicago.

Maître du crime et maître de la rime se côtoient dans le clip de Fantomas. Aux côtés de son alter-ego masqué, Grems, paradoxalement, n’y cache pas son vrai visage. Longtemps considéré par ceux de son milieu comme un fou, il s’y assume en tant qu’artiste nomade et en profite pour livrer une critique du rap mainstream.

“Underground à la base ; bif’ : je m’en bats la race”

Grems est la quintessence du rap indépendant en France. Sa technique hors paire lui permet de flirter aussi bien avec les 70 BPM de la trap qu’avec les 90 BPM du boom bap. Sans titre #7 est alors à l’image de sa pochette, un bordel maîtrisé. Grems n’obéit qu’aux règles des rythmes et des rimes avec pour seul leitmotiv, le son avant le sens.

Ne dépendant pas financièrement du rap, l’artiste peut se permettre de faire tout ce qu’il veut et nous livre alors un album à son image. Il mélange tout ce qu’il aime en n’essayant pas d’en faire un style particulier. Véritable précurseur, Grems est un artiste éclectique que l’on a hâte de retrouver pour la première date de sa tournée le 6 avril à Sannois.

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Tendrement,
Chloé Quelennec
Le Beau Bug.

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