The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

Wes Anderson signe un nouveau chef-d’oeuvre avec The Grand Budapest Hotel, huitième long-métrage du réalisateur qui poursuit son parcours sans fautes.

The Grand Budapest Hotel conte l’histoire d’un concierge légendaire d’un célèbre hôtel européen, et ce durant l’entre deux guerres, mais aussi de son amitié avec un jeune employé qui devient son protégé. L’histoire implique également le vol d’une peinture de la Renaissance, la bataille pour une énorme fortune familiale et le lent puis soudain bouleversement qui transforme l’Europe durant la première moitié du 20ème siècle.

Comment ne pas commencer par le casting 5 étoiles de The Grand Budapest Hotel. Outre les figures emblématiques du cinéma d’Anderson comme Jeff Goldblum, Owen Wilson, Bill Murray, Adrian Brody ou même Edward Norton, tous aussi fabuleux les uns que les autres par ailleurs, d’autres têtes d’affiche viennent s’y ajouter le plus naturellement du monde comme Harvey Keitel, Jude Law, ou encore nos français Mathieu Amalric et Léa Seydoux.

Les personnages principaux, Monsieur Gustave et Zero, respectivement incarnés par Ralph Fiennes et Tony Revolori, nous entrainent dans une aventure qu’on prend un plaisir immense à suivre à leur côté tant leur jeu colle parfaitement à l’univers si particulier d’Anderson. Tantôt cyniques, tantôt dramatiques, ils n’en restent pas moins attachants et arrivent à voler la vedette aux autres stars du film. A toutes, sauf une. Le meilleur rôle du film revient à Willem Dafoe qui offre ici la meilleure performance de sa carrière dans le rôle de Jopling, le serial killer aux dents taillées. C’est comme s’il était né juste pour ce personnage. Une distribution aux petits oignons pour une oeuvre qui frise la perfection.

The Grand Budapest Hotel est un film de récits, volontiers nostalgiques. Chez Anderson, plaisir esthétique et plaisir narratif vont toujours de pair.

Tout au long de sa trajectoire, Wes Anderson a défini son propre type de comédie. Au delà de ses caractéristiques les plus évidentes, à savoir, la multitude des personnages, les sentiments enfantins ou le formalisme pop et esthétisant, ce qui le rend unique, c’est qu’il est le seul réalisateur à faire des comédies à “gadgets”.

Le scénario ici prend moins de place que dans ses précédents longs métrages et certaines mauvaises langues pourraient même aller jusqu’à dire qu’il ne fait que justifier le défilé de vedettes à l’écran. Cependant, ce procédé de « happenings-personnages » est ancré dans l’ADN des films d’Anderson en tant que ressort émotionnel.

Il fait en sorte que le spectateur s’y attache rapidement pour aussitôt lui retirer, permettant ainsi de ne laisser personne indifférent. De plus, cela viendrait porter réellement préjudice au film si les personnages principaux n’avaient pas la capacité de rester les personnages principaux. Or dans The Grand Budapest Hotel, Anderson dirige son personnel d’une main de fer, ce qui fait que chacun trouve sa place.

Pour l’anecdote, le palace rose bonbon qui sert à l’intrigue de The Grand Budapest Hotel n’est pas un décor monté de toutes pièces. Le lieu existe réellement et c’est le Görlitzer Warenhaus, un ancien grand magasin historique d’un centre commercial construit en 1912 à la frontière de l’Allemagne, la Pologne et la République Tchèque.

The Grand Budapest Hotel est donc bien un bijou du 7ème art, tenu par un style visuel toujours aussi affirmé et d’une inventivité constante, une oeuvre à savourer sans modération tant son traitement touche à la perfection.
Wes Anderson nous offre ici son travail le plus abouti, une épopée du style et de l’élégance et saura autant parler à ses fans qu’au grand public. A ne rater sous aucun prétexte.


Tendrement, Le Beau Bug

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