Francois 1er – Nyrmal – La Nouvelle French Touch

Lorsqu’on on parle de la techno ou la house, on pense tout de suite à Detroit, Chicago, Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson, etc…Ces légendes qui installent l’Outre-Atlantique comme des maîtres en la matière. Mais si les américains prédominent souvent dans l’inconscient collectif, certains oublient parfois que l’on sait y faire en France ; dixit les nouveaux arrivants de la French Touch.  Révélé sur Champ’Caine Records en 2013, avec un premier ep intitulé 1515, François Giesberger a.k.a François 1er, balança l’année suivante un second ep sur Boxon Records, baptisé Neptune. Il nous faisait alors pénétrer dans une deep-house planante couplée à une électronica sombre. Un univers qui mêlait les éléments mélodiques et rythmiques de la techno orientée dance-floor à l’ambiant et la musique expérimentale . Le voilà qui revient avec un nouveau projet musical, l’ep Nyrmal, à nouveau sur Boxon Records.

Ce jeune DJ toulousain délaisse l’électro froide et progressive de Neptune pour s’embarquer vers des sonorités plus cosmiques, croisées à quelques beats évanescent. Sur cet ep, François 1er produit des compositions maîtrisées, toujours très visuelles, des tracks éthérées imbibées par un style childwave. Sur Defective Magnet, il s’attache à créer des nappes sonores qui propulsent en apesanteur, grâce à des lignes mélodiques simples, soulignant l’influence revendiquée de Rone. Il déverse pendant plus de 7 minutes une électronica teintée d’ambiant plutôt deep sur Something is rotten. Ce musicien prouve qu’il a une parfaite maîtrise de ses capacités techniques et artistiques. Red Light Distric prolonge l’écoute, avec de la house alternant un rythme à la fois mélancolique, inquiétant et lumineux, sur des nappes de synthés tourmentées.

Sur la track éponyme, le musicien délivre une deep-house dans la plus pure tradition de ce qui se fait de meilleur, rappelant que sa musique peut s’écouter autant dans un environnement intimiste que dans un club. François 1er nous immerge dans une électronica sensible, où il lâche quelques samples envoûtants de par leur légèreté, comme le souvenir de quelques mélodies des Pink Floyd. La finesse de ces textures sonores nous envoie dans les recoins les plus lancinants du dance-floor.

Déchargeant ces influences personnelles sur une structure électronique répétitive, le dj invite à s’égarer dans une ambiant-house captivante. À la fois synthétique, mélodique, obscur, Nyrmal conçoit une bande-original de son écosystème acoustique.

François 1er propose, en 4 tracks, une electronic listening music qui délaisse l’exuvie aquatique un peu étouffante de Neptune, place à des compositions atmosphériques qui éclairent d’un feu obscur. Les sonorités se croisent sans se télescoper, fabriquant un mélange aérien qui laisse rêveur. Nyrmal confirme François 1er comme un artiste à suivre sur la scène électro française.